Le rôle essentiel de l’activité physique et du sport—Interpellation

Par: L’hon. Kristopher Wells

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Whale tail breaching water, Newfoundland

L’honorable Kristopher Wells : Honorables sénateurs, c’est avec fierté et gratitude que je prends la parole aujourd’hui, alors que nous continuons à célébrer les exploits remarquables d’Équipe Canada sur la scène internationale. Nos athlètes canadiens ont une fois de plus montré au monde entier le sens véritable du dévouement, de la persévérance et du travail d’équipe. Que ce soit sur la glace ou sur les pistes, ils ont représenté le Canada avec beaucoup d’humilité, d’excellence et d’intégrité.

Je tiens à adresser mes sincères félicitations à chacun des membres d’Équipe Canada. Vous avez inspiré tout un pays et fait la fierté du Canada.

Les Jeux olympiques nous rappellent une vérité fondamentale : le sport, à son meilleur, rassemble l’humanité. L’esprit olympique repose sur l’amitié, le respect et l’excellence. Il transcende les clivages linguistiques, politiques et identitaires tout autant que les frontières. Au cours de ces quelques semaines inoubliables qui sont déjà derrière nous, le monde s’est réuni non pas autour de divisions, mais pour célébrer le potentiel humain. Nous avons applaudi non seulement le triomphe, mais aussi le courage, la détermination et la résilience.

Cet amour du sport et cette conviction profonde que le sport est une force unificatrice sont profondément ancrés dans l’identité canadienne. Dans les villes et les villages du pays, les patinoires de hockey, les terrains de football, les piscines, les terrains de basket-ball, les terrains de crosse et les gymnases communautaires sont plus que des lieux de compétition. Ce sont des endroits où les jeunes apprennent le travail d’équipe, la discipline et le sentiment d’appartenance. Ce sont des espaces où des amitiés naissent et où la confiance se bâtit. Le sport nous apprend à gagner avec humilité et à perdre avec dignité. Il nous apprend à nous entraider et à persévérer même quand les chances de l’emporter semblent bien minces.

Bien des Canadiens découvrent leurs forces grâce au sport. C’est là qu’on ressent la fierté de porter le chandail de son équipe, la responsabilité de soutenir ses coéquipiers et la joie d’aller au-delà des limites qu’on croyait inatteignables. C’est là que nous créons des souvenirs impérissables et que nous découvrons des traits de notre personnalité. En façonnant les gens, le sport façonne aussi notre pays. On n’a qu’à penser à notre premier ministre.

Nous savons également que la compétition et la rivalité font partie de ce qui rend le sport si attrayant. On n’a qu’à penser aux formidables romans canadiens qui ont inspiré l’émission de télévision Rivalité passionnée. Cette fiction qui se déroule dans l’univers du hockey professionnel raconte l’histoire d’une rivalité intense sur la patinoire qui se transforme en quelque chose de beaucoup plus intime et qui montre la complexité, la pression et la passion qui caractérisent les sports de compétition.

Ce qui confère à Rivalité passionnée une telle importance culturelle, ce n’est pas seulement qu’elle illustre la compétition de haut niveau, mais aussi qu’elle traite de la question de l’identité, y compris l’identité sexuelle, et de sa place dans l’univers de la haute performance. En tant qu’œuvre emblématique du Canada, elle remet en question les discours traditionnels sur l’archétype du joueur de hockey et elle nous rappelle que, même au cœur des rivalités les plus acharnées, les athlètes sont des êtres humains qui ont droit au respect, à la dignité et l’authenticité.

Si le sport nous rassemble, il peut aussi mettre en évidence les domaines dans lesquels nous avons encore du chemin à parcourir.

Le sport n’a pas toujours été ouvert à tous. Pour trop de Canadiens, en particulier les athlètes 2ELGBTQI+, et surtout les athlètes transgenres et non binaires, le sport a trop souvent été un lieu d’exclusion plutôt que d’appartenance. Pour certains, entrer dans un vestiaire est un acte de courage. Pour d’autres, se joindre à une équipe signifie se préparer à être rejeté plutôt que de se voir offrir une belle occasion.

Quand un jeune se présente sur le terrain ou sur la patinoire, il doit être porté par son enthousiasme pour le jeu, au lieu de craindre de ne pas être accepté. Il doit penser à la prochaine stratégie, au prochain but et au prochain tour de piste, au lieu de se demander s’il est en sécurité ou si on le remarque.

La question n’est pas abstraite pour moi. Bien avant d’avoir l’honneur de siéger au Sénat, je travaillais dans des milieux scolaires et communautaires pour promouvoir des environnements sportifs plus sûrs et plus inclusifs. J’ai écouté des jeunes qui aimaient profondément leur sport, mais qui se demandaient si leur sport les aimait en retour. J’ai entendu des récits d’isolement, de silence, mais aussi de courage incroyable.

Ce travail a mené à l’initiative du ruban de la fierté, une idée simple mais porteuse d’un message fort. À l’origine, c’était un rouleau de ruban adhésif de hockey aux couleurs de l’arc-en-ciel, que les joueurs pouvaient enrouler autour de leur bâton pour montrer que les athlètes 2ELGBTQI+ étaient les bienvenus dans ce sport. Il ne s’agissait pas de politique. Il s’agissait d’un sentiment d’appartenance. Il s’agissait de créer un signe visible qui dise, clairement et simplement que ces athlètes étaient en sécurité, qu’ils étaient respectés et qu’ils avaient leur place.

Quand les Oilers d’Edmonton sont devenus la première équipe de la LNH à utiliser le ruban de la fierté, cette décision a envoyé un signal fort non seulement aux amateurs présents dans l’aréna, mais aussi aux innombrables jeunes qui regardaient le match chez eux. Ils ont compris que le hockey leur appartenait aussi. Ce petit morceau de ruban adhésif arc-en-ciel est devenu un symbole d’inclusion, d’espoir et de possibilités.

Depuis son lancement en 2016, le ruban de la fierté a été utilisé dans plus de 60 pays et dans de nombreux sports, notamment le hockey, le curling, le bobsleigh, la crosse, le baseball, le tennis, le ballon chasseur et bien d’autres sports et activités. Cependant, le ruban en lui-même n’est qu’un symbole. Le véritable objectif a toujours été un changement culturel visant à favoriser des environnements sportifs où le respect est non négociable et où l’inclusion est la norme — une culture où la diversité n’est pas considérée comme un défi à gérer, mais comme une force à embrasser.

Aujourd’hui, l’un des débats les plus pressants dans le monde du sport concerne les athlètes transgenres. Ce sont des jeunes qui aiment le sport. Ils s’entraînent fort. Ils arrivent tôt à l’entraînement. Ils s’engagent envers leurs coéquipiers. Ils rêvent de compétition et d’appartenance, tout comme n’importe quel autre athlète. Ils méritent des politiques fondées sur des données factuelles, l’équité, la compassion et les droits de la personne, et non sur la peur, la désinformation et l’idéologie politique.

Des études montrent que les environnements sportifs inclusifs améliorent la santé mentale, réduisent l’isolement et augmentent la participation. Nous savons également que l’exclusion peut causer des dommages graves et durables. Quand des jeunes sont écartés du sport, ils perdent non seulement les bienfaits physiques de la pratique, mais aussi les liens sociaux et le sentiment d’avoir un but que le sport procure.

L’inclusion n’affaiblit pas le sport; elle le renforce. Si chaque athlète se sent en sécurité et a l’impression d’être respecté, les performances s’améliorent, la cohésion de l’équipe s’améliore et l’amour du sport grandit. Le monde du sport est florissant quand il reflète la diversité des communautés qu’il sert.

En tant que législateurs et dirigeants, nous avons la responsabilité de favoriser un dialogue respectueux et d’appuyer les politiques fondées sur des données probantes. Nous devons veiller à ce que nos institutions sportives nationales soient équitables tout en respectant la dignité et les droits de tous les Canadiens. Nous devons envoyer un message clair que la discrimination n’a pas sa place dans le sport au Canada, tout comme elle n’a pas sa place dans la société canadienne.

Lorsqu’une fille transgenre lace ses patins, qu’une athlète non binaire entre sur un terrain de basket-ball ou qu’une adolescente gaie se joint à une équipe de hockey, elle devrait ressentir exactement ce que ressentent nos athlètes olympiques : de la fierté, de la fébrilité et un sens des possibilités. Ces personnes devraient savoir que leur pays les soutient, sans aucun jugement, qu’il les soutient sans réserve.

Notre pays ne se définit pas strictement par son nombre de médailles, mais aussi par les valeurs qu’il défend. Il s’agit de créer des espaces sûrs où chaque jeune peut s’épanouir. Il s’agit de savoir si nous sommes prêts à faire en sorte que le sport demeure un lieu de possibilités et de joie où tous se sentent les bienvenus.

Soyons un pays où l’amour du sport est vraiment accessible à tous. Faisons en sorte que, lorsque les jeunes Canadiens voient Équipe Canada monter sur le podium olympique, ils voient un avenir où ils peuvent eux aussi participer au sport pleinement et de manière authentique, en étant eux-mêmes. Bâtissons une culture sportive qui reflète ce qu’il y a de mieux au Canada : équité, respect, compassion et courage.

Le sport a le pouvoir de nous unir. Il nous rappelle que nous sommes plus forts non quand nous pratiquons l’exclusion, mais quand nous jouons ensemble, en équipe.

L’extraordinaire phénomène culturel qu’est Rivalité passionnée fait fureur dans le monde entier. Pourquoi? Parce que, en fin de compte, c’est une histoire humaine. Elle évoque non seulement le sport, mais aussi l’importance de l’authenticité, du sentiment d’appartenance et de l’amour. Ce sont des valeurs vraiment canadiennes qui devraient être soulignées non seulement dans le sport, mais dans l’ensemble de notre société.

Veuillez vous joindre à moi pour féliciter une fois de plus les sportifs d’Équipe Canada et les amateurs de sport, où qu’ils soient. Que votre détermination et votre excellence continuent de nous inspirer, non seulement en compétition, mais surtout dans notre engagement commun envers l’équité, le respect et l’inclusion dans tous les aspects du sport et de la société.

Merci. Meegwetch.

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