L’honorable Duncan Wilson : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui au sujet de l’interpellation pertinente de la sénatrice Sorensen sur la valeur du tourisme pour l’édification du pays. En fait, c’est la Semaine nationale du tourisme, et je crois qu’il y a une grande fête près d’ici ce soir.
Je tiens à remercier la sénatrice Sorensen d’avoir soulevé cette question au Sénat. C’est un sujet sur lequel je vais m’exprimer en tant que fier habitant de la Colombie-Britannique.
Je tiens également à remercier mon cher ami Walt Judas, ancien PDG de l’association de l’industrie touristique de la Colombie-Britannique, ainsi que son équipe, pour les précieuses informations qu’ils nous ont fournies, à moi et à mon équipe, sur le secteur touristique de ma province.
Juste avant de reprendre le travail après les vacances d’hiver, j’ai passé la semaine au festival de la fierté de Whistler. Outre le ski et les bons moments passés là-bas, cet événement d’une semaine m’a rappelé l’importance du tourisme. Il attire tous les ans des visiteurs du monde entier, et de nombreux Américains prennent part aux festivités. En discutant avec des visiteurs, j’ai pris conscience de l’importance du tourisme comme moyen de tisser des liens avec des personnes venues de l’étranger et du fait que chaque Canadien devient, par ces interactions, un genre d’ambassadeur. Ces moments contribuent à jeter des ponts, ce qui générera des avantages intangibles à long terme.
[Français]Chers collègues, je tiens à souligner que cette interpellation a lieu à un moment très opportun pour la Colombie-Britannique. La province continue de subir des droits de douane sectoriels, comme plusieurs autres régions.
Pour la Colombie-Britannique, les droits de douane ayant les plus grandes répercussions sont ceux qui sont imposés à l’industrie du bois d’œuvre de résineux. Au total, 85 % du bois d’œuvre résineux récolté en Colombie-Britannique est exporté, et les deux tiers de ce pourcentage sont exportés vers les États-Unis.
Les droits de douane sur cette industrie ont eu de graves répercussions sur les revenus habituels en devises étrangères de la province.
Toutefois, grâce à une approche tournée vers l’avenir, il est possible de relever les défis auxquels sont confrontées nos exportations traditionnelles et de générer des revenus en misant davantage sur la valeur du tourisme.
[Traduction]L’association de l’industrie touristique de la Colombie-Britannique exprime la même conviction dans le mémoire qu’elle a soumis en 2025 au groupe de travail du premier ministre provincial sur le commerce et la sécurité économique. On peut y lire ceci :
En présentant le tourisme comme un atout commercial stratégique, plutôt que comme une simple activité d’accueil, le gouvernement peut stabiliser l’emploi, les recettes fiscales et la prospérité régionale pendant que le reste de l’économie se réorganise pour faire face à un climat commercial incertain.
Destination Canada fournit une statistique formidable qui met en évidence la valeur du tourisme en termes concrets et financiers. Chaque dollar investi dans la promotion nationale du tourisme génère 23,85 $ d’activité économique. Il s’agit là d’un effet multiplicateur sans égal, qui offre un aperçu saisissant du rendement de l’investissement dans le secteur du tourisme.
En 2024, le tourisme a contribué au PIB du Canada à la hauteur de 50,8 milliards de dollars. Selon les statistiques les plus récentes disponibles, qui datent de 2023, l’économie liée au tourisme a généré près de 10 milliards de dollars du PIB de la Colombie-Britannique.
Des données plus récentes de Statistique Canada montrent que le secteur touristique de la Colombie-Britannique a connu, jusqu’en 2025, une baisse d’une année à l’autre du nombre de voyages effectués par des résidents américains au Canada. Certes, malgré ce ralentissement de la demande américaine, le nombre de visiteurs en provenance d’ailleurs dans le monde a augmenté, tout comme celui des visiteurs en provenance d’ailleurs au Canada. Ces facteurs contribuent à la croissance du secteur touristique en Colombie-Britannique. Voilà qui souligne la nécessité de continuer à promouvoir le Canada à l’échelle internationale afin de pouvoir étendre davantage nos marchés sources pour le tourisme.
Chers collègues, les recettes touristiques montrent que cette industrie génère, rien qu’en Colombie-Britannique, environ 2,5 milliards de dollars de recettes fiscales provinciales et municipales, ainsi qu’entre 2,5 et 3,5 milliards de dollars de recettes fiscales fédérales.
[Français]Au-delà des recettes générées, la Colombie-Britannique illustre la valeur de l’édification du pays grâce au tourisme, car sa croissance est à la fois inclusive et régionale.
Selon l’industrie touristique de la Colombie-Britannique, plus de 95 % de nos exploitants d’entreprises touristiques sont des petites et moyennes entreprises réparties dans chaque circonscription de la province. Cela signifie que, en Colombie-Britannique, les avantages économiques sont largement répartis et soutiennent les collectivités rurales, côtières, montagnardes et éloignées.
Les recettes générées par le secteur touristique de la Colombie-Britannique renforcent également la vitalité des collectivités en soutenant les infrastructures locales, les événements culturels et les emplacements récréatifs tout au long de l’année.
[Traduction]L’association de l’industrie touristique de la Colombie-Britannique souligne que la demande touristique a suscité d’importants investissements dans les aéroports, les autoroutes, les traversiers, les ports, les centres de congrès, les sentiers, les parcs et les espaces publics. Ces infrastructures, qui servent en premier lieu aux résidants et ensuite aux visiteurs, favorisent également le commerce, la mobilité de la main-d’œuvre, les interventions d’urgence et la qualité de vie au sein des collectivités.
Enfin, chers collègues, je ne peux pas parler du tourisme dans ma province sans mentionner l’industrie touristique autochtone. L’une des choses les plus importantes à savoir sur la Colombie-Britannique est que les communautés des Premières Nations sont au cœur de la culture et de l’histoire de la province.
Notre province compte 204 Premières Nations et plus de 400 entreprises autochtones liées au tourisme. Ces entreprises couvrent tous les domaines, qu’on pense aux galeries d’art et aux centres culturels, aux circuits d’observation de la faune ou aux retraites de bien-être, offrant toutes une expérience authentique que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Ce type d’offres, proposées et gérées par des Autochtones, constitue non seulement une formidable voie vers la réconciliation, mais aussi une étape importante vers l’autodétermination économique des Autochtones, grâce aux revenus qu’ils génèrent eux-mêmes.
Honorables sénateurs, j’ai grandi en Colombie-Britannique, et je peux vous assurer que c’est un lieu tout à fait unique. Je sais que je parle au nom de tous mes collègues de la Colombie-Britannique lorsque je vous dis : venez le constater par vous-mêmes. Visitez les vignobles de l’Okanagan; découvrez l’ambiance décontractée des Kootenay et évadez-vous dans les nombreuses montagnes et sur les lacs; explorez la beauté sauvage du Nord de la Colombie-Britannique ou des villages fantômes de l’époque de la ruée vers l’or; passez la nuit dans un camp de pêche sur l’une de nos nombreuses côtes spectaculaires; parcourez les plages de l’île de Vancouver; skiez dans l’une des nombreuses stations exceptionnelles; amusez-vous lors du deuxième plus grand festival de la fierté au Canada; ou savourez la gastronomie de classe mondiale de Vancouver avant d’embarquer sur un bateau pour remonter le magnifique passage intérieur. Vous pourrez aussi venir, bien sûr, lors de la Coupe du monde de la FIFA.
Dans ma province, le tourisme ne se résume pas simplement à un chiffre d’affaires; il crée des emplois, fait vivre des familles, enrichit et fait rayonner des cultures, soutient d’innombrables secteurs connexes et contribue au développement de la province grâce à des investissements dans les infrastructures, les espaces publics et la prestation de services. Dans le contexte des incertitudes externes, le secteur du tourisme est un moteur qui permet à la Colombie-Britannique de poursuivre sa croissance.
Chers collègues, nous comprenons tous que le Canada est de plus en plus considéré comme une destination cool à visiter. Depuis le discours du premier ministre à Davos, sans oublier l’idylle homosexuelle entre hockeyeurs diffusée sur Crave, le Canada n’est plus seulement cool; il soulève les passions. Profitons de cet engouement pour inviter le monde entier à venir nous rendre visite.
Merci. Meegwetch.

