Joyce Echaquan

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L’honorable Michèle Audette : Kuei.

[Note de la rédaction : La sénatrice Audette s’exprime en innu.]

Chers collègues, j’aimerais reconnaître, remercier et donner un peu d’espoir à toutes les nations, mais surtout à celle qui nous accueille aujourd’hui, la nation anishinabe, sur son territoire non cédé. Tshinashkumitnau.

Aujourd’hui, je prends la parole devant vous pour honorer la mémoire de la douce guerrière Joyce Echaquan.

Il y a deux ans déjà, elle nous a quittés de façon tragique. Une femme atikamekw nous a quittés tragiquement à l’Hôpital de Joliette sous les insultes racistes du personnel. La vidéo d’horreur de cet incident a scandalisé le monde entier et a soulevé un éveil de la population face au racisme et à la discrimination systémiques.

Devant cette situation intolérable et inacceptable, le Conseil des Atikamekw de Manawan et le Conseil de la Nation Atikamekw proposent le principe de Joyce, un principe inspiré par la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Ce principe vise aussi à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable à tous les services sociaux et de santé sans aucune discrimination ainsi que le droit de jouir du meilleur état possible de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle. D’ailleurs, chers collègues, si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à lire le principe de Joyce et à l’appuyer.

Le rapport de la coroner Kamel en appelle également au gouvernement québécois de reconnaître l’existence du racisme systémique au sein de nos institutions et de prendre l’engagement de contribuer à son élimination. Je vais citer un passage du rapport d’enquête de Mme Kamel :

Force est de constater que la voie de la réconciliation est un chemin long et ardu. Des efforts sont d’autant plus nécessaires que les conclusions de cette enquête indiquent que Mme Echaquan a bel et bien été ostracisée, que son décès est directement relié aux soins obtenus lors de son hospitalisation en septembre 2020 et que sa mort aurait pu être évitée.

Le courage des mots visant à pacifier nos rapports à l’autre est crucial. Il faut avoir une ferme volonté de nommer sans faire de cosmétique autour d’un principe pourtant si limpide : le droit de tous à la bienveillance et à vivre dans une société libre et démocratique en ayant l’espoir que tout être humain mérite les mêmes services avec dignité et respect et, surtout, mérite de vivre.

Je me suis engagée auprès de Joyce, auprès de Carol, son conjoint, de feu Michel, le papa de Joyce, qui a rejoint sa fille, et de toute sa famille et de la grande communauté atikamekw à marcher à côté d’eux et avec eux. Ensemble, nous avons la responsabilité et le devoir de changer les choses.

Carol, Jemima, les enfants, Diane, Solange, chef Flamand, je pense à vous très fort.

Joyce, tu nous as insufflé de ton courage. J’ai espoir et je continue!

Iame.

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