Le Mois national de l’histoire autochtone

Par: L'hon. Michèle Audette

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L’honorable Michèle Audette : [Note de la rédaction : La sénatrice Audette s’exprime en innu-aimun.]

Honorables sénateurs, le mois de juin, avec son solstice d’été, est le Mois national de l’histoire autochtone.

Laissez-moi vous raconter une histoire, comme j’aime le faire avec ma petite fille Waseha.

Il était une fois des gens qui se sont perdus. Ils croyaient avoir trouvé une terre vierge, vide, une terra nullius. Ils ont alors planté une croix, comme pour affirmer que cette terre était maintenant à eux. Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils ont remarqué que nous les observions, les regardions et les analysions. Ils étaient drôlement habillés. Ils parlaient une autre langue. Ils semblaient fatigués, malades.

Nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas les laisser comme cela, car, après tout, nous sommes des peuples accueillants et généreux. Nous leur avons donc dit : « Ashtum kepak. Ashtum Québec. » Nous les avons invités à descendre de leur bateau, tout en leur promettant de prendre soin d’eux et de partager avec eux nos récits, nos savoirs, notre culture et notre science. Nous nous sommes engagés à leur montrer comment vivre dans ce grand territoire.

Par la suite, l’histoire a basculé. Un autre chemin s’est imposé. C’est un chemin que nous n’avons pas choisi. Il a été marqué par le déracinement et les tentatives d’effacement — et pourtant.

[Traduction]

Regardez-nous. Nous sommes encore là, fiers de prendre part à un processus de guérison et d’affirmation pour honorer nos histoires, célébrer nos cultures et garder nos langues autochtones bien vivantes.

[Français]

Parce que nos histoires sont riches et toujours vivantes, nous écrivons notre avenir, nous vous racontons notre passé.

Aujourd’hui, nous entrons par les grandes portes, celles des universités, des laboratoires, des entreprises et même des espaces décisionnels. On le fait pour Waseha, pour la Terre mère, pour la communauté, la famille, les enfants, et surtout, pour l’humanité. Nous sommes encore ces ingénieurs, ces historiens, ces artistes et ces leaders.

J’aimerais conclure avec une autre histoire vraie, celle de mon petit train qui relie Sept-Îles à Schefferville. Dans ce train, jusqu’en 1989, un wagon était réservé pour les « sauvages » C’était le jargon de l’époque. C’est le même petit train où je suis pratiquement venue au monde. Aujourd’hui, c’est ma nation innue et la nation naskapie qui l’ont acheté. Ce n’est pas tout : nous l’avons acheté pour l’ouvrir à tous. Vous êtes les bienvenus.

Je dis tout cela pour vous rappeler que, dans la guérison, il y a aussi de beaux exemples.

Je vous souhaite un beau Mois national de l’histoire autochtone.

[Note de la rédaction : La sénatrice Audette s’exprime en innu‑aimun.]

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