L’honorable Andrew Cardozo : Honorables sénateurs, je suis très heureux de rendre hommage à la sénatrice Marilou McPhedran au nom du Groupe progressiste du Sénat.
Je suis les travaux de Marilou McPhedran depuis le début des années 1980. Elle a toujours été une féministe, une intellectuelle et une activiste avant-gardiste.
Faire inscrire le droit à l’égalité des femmes dans la Charte canadienne des droits et libertés fait évidemment partie de ses hauts faits, elle qui a participé activement au mouvement qui militait en ce sens. Après un vaste exercice de lobbying auprès du secteur privé, une conférence nationale et des manifestations publiques, l’article 28 a été ajouté à la Charte avant qu’elle entre en vigueur.
Chers collègues, en 1980-1981, le Parlement s’est doté d’un comité mixte spécial sur la Constitution du Canada. Ce comité, coprésidé par le sénateur Dan Hays et l’honorable Serge Joyal — qui a fini par se joindre à notre assemblée, mais qui était alors député — a tenu des audiences et il a formulé des recommandations sur le contenu de la Charte.
Longtemps avant d’arriver ici, la sénatrice McPhedran a contribué activement à l’élaboration de la Charte et elle a consacré de nombreuses années à faire progresser la cause de l’égalité hommes-femmes dans le secteur du bénévolat et dans le milieu de l’enseignement supérieur. Quelle drôle de coïncidence que, des années plus tard, elle se retrouve au Sénat à faire des pieds et des mains pour que les projets de loi d’initiative ministérielle fassent l’objet d’une analyse adéquate au titre de la Charte.
Il y a donc quelque chose d’émouvant au fait qu’une autre personne qui a contribué activement il y a maintenant 45 ans à l’élaboration d’un document aussi historique et important que la Charte quitte le Sénat du Canada.
Par un autre concours de circonstances intéressant, il s’avère qu’à l’époque où la jeune sénatrice McPhedran étudiait le droit à Osgoode Hall, sa professeure et mentore n’était nulle autre que Louise Arbour. J’aimerais citer les propos de deux amies que nous avons en commun et qui ont marqué deux époques de la carrière de la sénatrice. Magda Seydegart a dit :
Marilou McPhedran a toujours été une stratège avisée et une ardente défenseure de l’égalité entière et pérenne des femmes, des jeunes et de tous les groupes qui ont été, ou qui sont toujours, marginalisés.
Membre de la plus jeune génération, Donneton Brown a dit ceci :
La sénatrice McPhedran a toujours défendu les jeunes sans relâche au moyen d’initiatives telles que son conseil jeunesse, le Conseil canadien de jeunes féministes, et par ses efforts visant à faire passer le droit de vote à 16 ans.
Pour ma part, je vous dis merci, Marilou, d’avoir été une mentore pour moi lors de mon arrivée au Sénat, surtout lors de ma première participation à une conférence des Nations unies, et de m’avoir poussé à mettre de l’avant les questions qui sont importantes pour moi.
Votre carrière a été guidée par vos principes. En tant que sénatrice non affiliée dans un Sénat rempli d’indépendants, vous avez su être pleinement indépendante dans le meilleur sens du terme. Je vous félicite pour tout ce que vous avez accompli et je vous souhaite la meilleure des chances alors que vous vous apprêtez à entamer la deuxième moitié de votre carrière et à vous lancer dans de nouvelles campagnes.

