L’honorable Andrew Cardozo : Honorables sénateurs, je suis honoré de présenter le projet de loi S-247, Loi prévoyant l’élaboration d’un cadre national sur les allergies alimentaires. Je suis particulièrement heureux de présenter ce projet de loi au cours du mois de mai, qui est le Mois de sensibilisation aux allergies alimentaires.
J’aimerais tout d’abord remercier Allergies alimentaires Canada, une organisation sans but lucratif qui a pour objectif d’améliorer la vie des Canadiens ayant des allergies alimentaires.
En février, le sénateur Mohamed-Iqbal Ravalia, le député Ben Lobb et moi-même avons organisé une table ronde pour nous pencher sur cette question. La sénatrice White et la sénatrice Youance ont également participé, et je les en remercie sincèrement.
L’allergie alimentaire est trouble grave et chronique. Environ 7,5 % des Canadiens, donc quelque 3 millions de personnes, dont 600 000 enfants, ont une ou plusieurs allergies alimentaires. Chaque année, 25 000 enfants reçoivent un diagnostic, et 40 % des personnes touchées sont allergiques à plus d’un aliment. Ces millions de Canadiens doivent composer avec un trouble de la santé qui peut leur être fatal.
[Français]Les réactions aux allergènes peuvent prendre différentes formes, mais ce n’est pas parce qu’une réaction passée a été légère que les réactions futures le seront aussi.
[Traduction]Il est tout simplement impossible de le savoir. Avoir une allergie alimentaire, c’est être constamment aux aguets.
La sensibilisation à l’allergie aux arachides est plutôt bonne, mais, pour quelqu’un qui a une allergie potentiellement mortelle au lait — pas seulement une intolérance —, c’est loin d’être évident. On ne parle pas d’un allergène alimentaire un peu déplaisant qui peut être évité; on parle d’une allergie, d’une réaction anormale du système immunitaire qui peut être fatale. Les personnes allergiques peuvent être exposées à un aliment qui peut les tuer. Pour l’éviter, elles sont en quelque sorte à la merci des comportements des gens qui les entourent. Manger ailleurs que chez soi peut être très complexe.
Les allergies alimentaires ont toujours existé, mais elles étaient relativement peu répandues autrefois. Dans les pays industrialisés, la prévalence des allergies alimentaires a commencé à grimper dans les années 1980, et la hausse s’est accentuée au cours des décennies suivantes. Nous n’en connaissons toujours pas la cause exacte, bien qu’il y ait plusieurs théories sur le sujet.
Le médicament utilisé pour traiter les réactions allergiques aiguës est appelé épinéphrine. Il est extrêmement sous-utilisé en raison de son coût, de la nécessité d’avoir accès à un appareil pour l’administrer et du manque d’éducation sur la manière de s’en servir. Un des problèmes est qu’il n’y a qu’un seul fournisseur. Si l’approvisionnement devait être coupé, des millions de Canadiens seraient à risque.
Nous avons mis au point de nouvelles techniques prometteuses qui peuvent contribuer à prévenir les allergies alimentaires et à en réduire la gravité chez les personnes qui en souffrent. Je tiens à souligner qu’un changement fondamental s’est opéré dans notre approche. Il n’est plus recommandé, comme c’était le cas il y a vingt ans, que les enfants évitent les aliments potentiellement allergènes. On recommande désormais aux parents d’introduire ces aliments dans l’alimentation de leurs enfants dès leur plus jeune âge. L’étude révolutionnaire de 2015 intitulée « Learning Early About Peanut Allergy » a révélé que l’introduction des arachides pendant la petite enfance réduisait de 80 % le développement de cette allergie. D’ailleurs, l’immunothérapie orale est utilisée pour aider les personnes allergiques. Elle consiste à faire ingérer à ces personnes de petites quantités d’allergène dès leur plus jeune âge.
Je suis heureux d’annoncer que, le mois dernier, Santé Canada a approuvé un nouveau vaporisateur nasal à base d’épinéphrine. C’est une excellente nouvelle, tant en raison de sa facilité d’utilisation que parce qu’il permet de diversifier notre gamme de médicaments essentiels. L’accès aux allergologues reste toutefois limité, en particulier dans les zones rurales et isolées.
Le projet de loi dont nous sommes saisis vise à assurer un leadership en la matière. Il charge le gouvernement fédéral de collaborer avec les ministères provinciaux et territoriaux de la Santé, les corps dirigeants autochtones, les professionnels de la santé et les associations de patients afin d’élaborer le cadre national. Ce cadre devrait définir des moyens de réduire l’incidence des allergies alimentaires et les risques auxquels sont exposées les personnes qui en souffrent. Il y aurait notamment lieu d’améliorer le diagnostic et les soins, de généraliser l’utilisation des nouvelles avancées, de faciliter l’accès aux allergologues, et cetera.
Je vais essayer de respecter le temps alloué, mais je voudrais conclure en soulignant une chose. Le numéro de ce projet de loi est absolument fantastique. C’est le projet de loi S-247, qui porte sur les allergies alimentaires, un problème qui se pose 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C’est plutôt drôle quand on y pense. Un membre de notre équipe a remarqué ce détail aujourd’hui, et c’est un détail très important. Avoir une allergie alimentaire, c’est être allergique 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. On ne peut pas dire : « Je vais prendre un cachet et manger un peu de beurre d’arachide. » On ne peut pas dire : « C’est une fête d’anniversaire. Faisons comme si de rien n’était. » Il n’y a pas de place à l’erreur.
D’une part, il faut être vigilant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. D’autre part, nous devons travailler 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à l’élimination de ce problème.
Sur ce, chers collègues, je vous remercie de votre indulgence.
Des voix : Bravo!

