L’honorable Andrew Cardozo : Honorables sénateurs, permettez-moi tout d’abord de souhaiter à tous mes collègues un bon retour au Sénat après la pause estivale. Parmi les grands sujets qui ont fait l’actualité cet été, on peut citer l’intelligence artificielle, les centres de données et la souveraineté numérique.
Je vais parler de la nécessité d’une infrastructure numérique publique canadienne. Permettez-moi de répéter ces quatre mots : infrastructure numérique publique canadienne.
Pour ce qui est de cette nouvelle technologie omniprésente et impressionnante, nous risquons d’être perdants si nous ne restons pas dans la course au développement de l’intelligence artificielle. Pourtant, compte tenu des dangers potentiels et de l’énorme incertitude géopolitique à ce stade critique de son évolution, nous devons garder le contrôle, c’est-à-dire être maîtres chez nous. Il s’agit là d’un objectif urgent.
Si nous consacrons, à juste titre, des moyens financiers importants et une grande attention aux entreprises détenues par des Canadiens, nous devons également garder à l’esprit que les entreprises du secteur privé peuvent, à terme, conclure des partenariats trop ambitieux, être rachetées ou céder leurs parts à des intérêts étrangers.
On a suggéré de mettre en place dans ce domaine un acteur public financé par l’État, mais qui fonctionnerait en toute indépendance par rapport au gouvernement. Une option intéressante consisterait à recourir à un instrument canadien qui a fait ses preuves, à savoir une société d’État, en utilisant une société existante ou en en créant une nouvelle.
Voici certains des dossiers que nous devons, selon moi, faire avancer au moyen d’une infrastructure numérique publique canadienne : être un moteur et un catalyseur de l’avancement numérique au Canada, aux côtés d’entreprises du secteur privé; mettre l’accent sur l’intelligence artificielle, les grands modèles de langage, la souveraineté en matière de capacité de calcul et les services infonuagiques sécurisés; bâtir des centres de données appartenant à des entités canadiennes en collaboration avec les collectivités, les gouvernements et le secteur privé; contribuer à l’élaboration de normes et de balises claires; inviter régulièrement des universitaires, des experts, des représentants d’entreprises en démarrage et des parties intéressées à faire part de leur expertise; aborder et promouvoir les avantages de l’intelligence artificielle; parer aux lacunes et aux dangers de l’intelligence artificielle; et tenir compte des réalités propres au Canada, notamment son bilinguisme, sa diversité, et les processus de vérité et de réconciliation.
En fin de compte, cette initiative doit être consolidée et viser à promouvoir sans délai les intérêts canadiens de manière efficace et sûre. Merci.

