Le décès de John Gomery, c.r.

Par: L'hon. Pierre Dalphond

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L’honorable Pierre J. Dalphond : Chers collègues, j’aimerais rendre hommage, à mon tour, à mon ancien collègue de la Cour supérieure du Québec l’honorable John Gomery.

Mardi soir la semaine dernière, après qu’il a reçu l’aide médicale à mourir, sa fille, Elizabeth, a publié ceci sur Twitter :

C’était un monument, un homme extraordinaire et un père exemplaire et je ressens une douleur dans mon cœur et dans tout mon être maintenant qu’il nous a quittés.

Comme bien des Canadiens, je suis attristé du départ de ce monument.

J’ai rencontré John la première fois en mai 1995 à Montréal, lors de la cérémonie où sa femme, l’honorable Pierrette Rayle, et moi avons été assermentés en tant que juges de la Cour supérieure du Québec. À l’époque, John était juge depuis 13 ans. Il était déjà une sommité en matière de droit de la famille et de droit commercial.

Au fil des ans, j’ai découvert un juriste charmant, intelligent et plein d’esprit; c’était un véritable gentleman-farmer.

À la fin des années 1990, il choisit de devenir juge surnuméraire, ce qui marque en général le désir d’un juge d’expérience de ralentir. Pour John, ce fut plutôt l’occasion d’un nouveau défi, soit de devenir le président de la Commission du droit d’auteur, ici à Ottawa, ce qui lui permettra de faire sa marque dans un nouveau domaine du droit.

Puis, en février 2004, à 71 ans, après s’être à peine remis d’une leucémie, il accepte un dernier défi qui permettra à tous les Canadiens de le découvrir en devenant président de la Commission d’enquête sur le programme des commandites et activités publicitaires du gouvernement fédéral.

Durant les audiences qui ont duré 10 mois, il a créé des images durables lors de ses échanges tendus avec d’éminents politiciens, des entrepreneurs et des personnes travaillant en coulisses, qui étaient inconnues jusque là. Les Canadiens ont aimé sa candeur et sa fougue occasionnelle.

La démocratie canadienne est meilleure aujourd’hui, car il a contribué à établir des balises encadrant ce qui est permis ou non pour les politiciens. Il nous a sensibilisés aux dérives dont il faut se méfier.

À son épouse, mon amie l’honorable Pierrette Rayle, et à ses enfants, Geoffrey, Cymry, Sally et Elizabeth, j’offre à la fois les condoléances et les remerciements des Canadiens. Merci, meegwetch.

Des voix : Bravo!

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