Le décès d’Alexa McDonough, O.C., O.N.S.

Par: L'hon. Jane Cordy

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L’honorable Jane Cordy : Honorables sénateurs, je m’adresse à vous aujourd’hui depuis les terres non cédées du peuple mi’kmaq.

Honorables sénateurs, même une personne dont on ne se douterait jamais peut faire preuve de leadership. Il n’est pas nécessaire d’être bruyant ou vantard. Il faut plutôt avoir une dignité calme qui, une fois qu’on l’a reconnue et qu’on lui a donné la chance de s’épanouir, peut être une source d’inspiration pour tout le monde. Telle fut la vie et la carrière politique d’Alexa McDonough. Malheureusement, Alexa est décédée le 15 janvier dernier. Même si elle a livré une longue lutte contre la maladie d’Alzheimer ces dernières années, nos souvenirs de sa vie et de ses réalisations demeurent intacts.

Alexa a commencé sa carrière en tant que travailleuse sociale en Nouvelle-Écosse. Dans le cadre de son travail, elle a été exposée aux vrais besoins et dilemmes sociaux avec lesquels beaucoup devaient composer et elle a eu un aperçu des écarts entre le travail sur le terrain et les politiques connexes. C’est cet apprentissage qui l’a amené à entamer une carrière en politique, mais, en réalité, son implication dans l’activisme social a commencé longtemps auparavant. Alexa a découvert les politiques progressistes grâce à son père, Lloyd Shaw, qui était un homme d’affaires.

À l’âge de 14 ans, Alexa a amené son groupe confessionnel à faire connaître les conditions de vie dans Africville, un quartier d’Halifax abritant une communauté à prédominance noire à faible revenu.

Après avoir obtenu son diplôme de l’Université Dalhousie, Alexa est devenue travailleuse sociale. En 1979 et en 1980, elle a tenté de se lancer en politique pour la première fois. Elle s’est portée candidate pour le Nouveau Parti démocratique dans la circonscription d’Halifax, mais elle a été défaite. Plus tard en 1980, même si elle n’avait pas de siège à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse, Alexa a participé à la course à la direction du Nouveau Parti démocratique de la Nouvelle-Écosse, et elle a été élue haut la main. Aux élections suivantes, elle a remporté un siège comme représentante de la circonscription d’Halifax-Chebucto. Pendant les trois années qui suivent, elle a été la seule femme et la seule néo-démocrate à l’assemblée législative provinciale.

Il n’était pas facile de se trouver dans une telle position, mais Alexa n’était pas du genre à se défiler. Elle a souvent dénoncé les attaques misogynes et sexistes qu’elle a subies au cours de ces années, et elle a attiré l’attention sur l’absence de toilettes distinctes pour les députées provinciales. Elle a démissionné de son poste de cheffe du NPD provincial en 1994.

Même si elle n’avait aucune idée de ce que l’avenir lui réservait quand elle a quitté ce poste, elle a décidé de participer à la course à la direction du NDP fédéral en 1995. Déjouant de nouveau tous les pronostics, elle a remporté cette course. Elle a été élue pour la première fois à la Chambre des communes en 1997. Elle est demeurée cheffe du NPD jusqu’en 2003, puis a quitté la vie politique en 2008.

Tout au long de sa carrière politique, Alexa est demeurée une championne des programmes sociaux solides et de l’égalité des genres. En 2009, elle est devenue présidente intérimaire de l’Université Mount Saint Vincent et a été nommée Officier de l’Ordre du Canada. Elle a reçu l’Ordre de la Nouvelle-Écosse en 2012.

Honorables sénateurs, Alexa a été sous-estimée à tout bout de champ, mais elle a néanmoins persévéré. Sa détermination et, en fait, l’ensemble de sa vie sont une source d’inspiration pour tous les Canadiens et, plus particulièrement, pour les Canadiennes.

Mes pensées accompagnent la famille et les amis d’Alexa McDonnough. Je sais qu’ils sont fiers de l’héritage de leadership qui est la sienne.

Honorables sénateurs, on peut évaluer à sa juste mesure l’héritage d’Alexa McDonnough par l’une des leçons de vie qu’elle a données à ses fils, Travis et Justin. La voici : « Le véritable indicateur pour juger du caractère d’une personne est sa façon de traiter ceux qui ne peuvent rien lui donner en retour. » Il s’agit, je crois, d’une leçon pour nous tous. Merci.

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