La représentation des Noirs et la réparation des torts causés

Par: L'hon. Wanda Thomas Bernard

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Red tulips, Ottawa

L’honorable Wanda Thomas Bernard : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour parler de l’importance de la représentation des Noirs et de la réparation des torts qui leur ont été causés.

Je reconnais que nous nous trouvons sur le territoire traditionnel non cédé du peuple algonquin anishinabe, et je rends hommage aux 400 ans d’histoire et de travail des personnes d’ascendance africaine sur ces terres.

J’ai appris tôt dans ma vie que je devais travailler deux ou trois fois plus fort simplement pour être vue et pour que mon travail soit apprécié à sa juste valeur. Cette éthique de travail façonne ma vie depuis des décennies. Les problèmes de santé qui m’ont ralentie de façon inattendue ces derniers mois m’ont obligée à envisager différemment ma vie et ce que je souhaite accomplir. Je suis profondément reconnaissante d’être de retour au Sénat, chers collègues.

Des voix : Bravo!

La sénatrice Bernard : J’ai le soutien de ma famille, de mes amis, de mes collègues et, surtout, de l’équipe Preston. Ma fille, Candace Roker, mes petits-fils, Damon et Gavin Roker, et ma sœur, Candace Thomas, sont ici avec moi à Ottawa, cette semaine, pour m’aider à ne pas m’épuiser. Leur amour et leur présence rassurante ont beaucoup facilité mon cheminement.

Chers collègues, en septembre 2023, l’école de travail social de l’Université Dalhousie a accueilli sa première cohorte afrocentrique d’étudiants en travail social en guise de réparation pour les torts passés et la sous-représentation historique des Noirs dans les domaines de la santé et des services sociaux. Ce groupe de 36 étudiants afrodescendants de Nouvelle-Écosse a marqué un important changement de paradigme dans l’histoire de l’éducation canadienne. Ils travaillent aujourd’hui à temps plein, ils prennent soin de familles et ils allient connaissances théoriques et expérience sur le terrain.

Pour bien mesurer l’impact de ce programme, il faut se tourner vers les étudiants eux-mêmes, dont deux travaillent aujourd’hui avec moi au Sénat.

Voici ce que m’a dit l’une d’elles, Monica Njoku :

Les autres ont peut-être besoin de trouver des moyens d’intégrer l’afrocentrisme à leur apprentissage et à leur pratique, mais pour nous, c’est la base de notre métier.

Ses mots nous rappellent que la représentation n’est pas un ajout de dernière minute, mais une vision du monde qui guide chacun de nos pas.

Une autre étudiante, Tineka Simmons, m’a confié que sa cohorte lui a permis :

[…] de voir, pour la première fois, ma communauté, ma culture et mon expérience se refléter dans la façon dont le travail social est enseigné. Cela m’a aidée à comprendre le genre de travailleuse sociale que je veux devenir : une travailleuse sociale qui accorde une place centrale à la communauté, à l’histoire, à la guérison et à l’amour.

Chers collègues, les étudiants de cette cohorte obtiendront leur diplôme en octobre. Ils seront prêts à apporter des contributions extraordinaires, et ce, parce que l’Université Dalhousie a eu le courage de créer ce programme pour favoriser la représentation et la réparation des torts.

Honorables collègues, en tant qu’institution, l’Université Dalhousie prouve que, lorsqu’on donne à la voix des Noirs une place centrale, tout le monde en profite. Elle montre aussi que réparer les torts, ce n’est pas seulement corriger le passé, mais aussi façonner un avenir dans lequel les communautés noires s’épanouissent.

Asante. Merci.

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