L’honorable Rodger Cuzner : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à un Néo-Écossais vraiment exceptionnel et, à n’en pas douter, à un grand Canadien. Médecin de famille très respecté et apprécié, qui a été au service des habitants du comté de Pictou pendant plus de 30 années au cours desquelles il a été guidé par les valeurs fondamentales de bienveillance et de compassion, le Dr John Hamm a su incarner ces mêmes valeurs dans l’exercice de ses fonctions de député à l’Assemblée législative provinciale, de chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse et, inévitablement, de premier ministre de la Nouvelle-Écosse.
Ma relation avec le Dr Hamm s’est nouée au début des années 2000, alors que l’économie de l’île du Cap-Breton traversait une période de profonde mutation, où ses industries phares que sont l’exploitation du charbon et la sidérurgie périclitaient et où l’avenir paraissait pour le moins incertain.
En tant que premier ministre, le Dr Hamm a pris la décision très difficile de fermer l’aciérie de Sydney, détenue et exploitée par la province, tandis qu’à l’échelon fédéral, mon ancien collègue de la Chambre des communes Mark Eyking et moi nous avons dû faire face à la fermeture de la Cape Breton Development Corporation DEVCO, une société d’État fédérale.
Les deux grandes questions soulevées par ces décisions étaient les suivantes : premièrement, à quoi ressemblerait l’avenir économique de notre île? Et deuxièmement, qu’en serait-il de la dépollution post-industrielle?
Le Dr Hamm a joué un rôle essentiel dans la création du Fonds d’investissement du Cap-Breton, un fonds commun fédéral-provincial dédié aux investissements stratégiques de restructuration de notre économie locale.
Notre île se remet encore de ce changement de paradigme, mais nous sommes certains que ses efforts nous ont mis sur la bonne voie.
En ce qui concerne le legs industriel, celui des mines et de l’acier, nous avons travaillé ensemble, de pair avec les intervenants communautaires, pour assainir les étangs de goudron de Sydney, qui étaient à l’époque qualifiés de pire site de déchets toxiques en Amérique du Nord. Aujourd’hui, ce site est en parfait état, et on y trouve des infrastructures commerciales et récréatives.
Mon admiration pour le Dr Hamm n’était toutefois pas attribuable seulement à sa capacité à faire ce qui s’impose et à prendre des décisions difficiles. Honorables sénateurs, j’admirais sa façon de s’acquitter de ses fonctions : il le faisait toujours avec honnêteté, intégrité et respect pour toutes les personnes concernées et touchées. Par nature, le Dr Hamm pouvait être en désaccord avec quelqu’un, parfois profondément, sans jamais lui manquer de respect.
Il pouvait rester fidèle à ses principes sans remettre en question le caractère de ceux qui voyaient les choses autrement. Les qualités qui ont fait du Dr Hamm un médecin de famille de confiance sont les mêmes que celles qu’il a apportées avec lui au bureau du premier ministre. Ce leader salué et membre de l’Ordre du Canada avait compris que le service public est d’abord et avant tout une affaire humaine.
Dieu sait que la décence et la civilité du Dr Hamm seraient les bienvenues dans une grande partie du discours public d’aujourd’hui.
Chers collègues, sachez que notre province a perdu un premier ministre accompli, un homme bon qui s’avère un exemple dont on devrait vraiment se souvenir.
Merci.

