L’honorable Kristopher Wells : Comme toujours, monsieur le ministre, je suis heureux de vous voir. Des rapports récents ont mis en évidence une augmentation inquiétante des efforts de recrutement en ligne par des réseaux extrémistes violents qui ciblent des jeunes au Canada. Pouvez-vous décrire les mesures concrètes que prend votre ministère pour lutter contre la radicalisation des jeunes, en particulier en ce qui concerne l’éducation des enseignants et des parents sur la façon de mieux protéger les jeunes en ligne et de soutenir les jeunes vulnérables qui sont pris pour cibles dans les espaces numériques?
L’honorable Gary Anandasangaree, c.p., député, ministre de la Sécurité publique : Merci, monsieur le sénateur.
Je commencerai par dire que la radicalisation des jeunes demeure l’une de mes principales priorités et qu’elle est une préoccupation croissante non seulement pour mon ministère, mais aussi pour tous les organismes d’application de la loi. Il y a quelques semaines à peine, un jeune au Manitoba et un jeune en Nouvelle-Écosse ont été arrêtés parce qu’on craignait qu’ils puissent poser une menace dans leur école et dans leur collectivité. C’est un domaine où les mesures de soutien sont très limitées, mais celles qui sont offertes sont tout à fait uniques. Je pense notamment au Centre canadien, qui est un acteur important en matière de soutien, ainsi qu’à l’Organization for the Prevention of Violence, que vous avez accueillie au Sénat il y a quelques semaines. En Colombie-Britannique, il y a notamment l’organisme Shift, que nous avons mobilisé à Tumbler Ridge. En Ontario, il y a les Yorktown Family Services.
Ce sont tous des fournisseurs de services directs qui travaillent sur la déradicalisation des jeunes, et je crois qu’ils sont très efficaces. Il nous en faut davantage, et il faut leur fournir des ressources supplémentaires.
Le sénateur K. Wells : Monsieur le ministre, vous avez parlé de certaines des organisations que vous soutenez par l’entremise de votre ministère pour qu’elles accomplissent ce travail important. Pourriez-vous nous parler des relations que vous avez établies et du travail que vous faites directement avec les provinces et les systèmes scolaires pour renforcer ces partenariats et veiller à ce qu’il y ait des interventions et du soutien précoces pour les jeunes à risque avant qu’ils soient attirés par des réseaux violents et soient remarqués par les services de renseignement et la GRC, c’est-à-dire la Gendarmerie royale du Canada? C’est vraiment la prévention précoce qui m’intéresse.
M. Anandasangaree : Les organismes que j’ai mentionnés jouent un rôle essentiel dans la coordination avec les provinces, les conseils scolaires et les collectivités où il y a eu des incidents par le passé. Les services à la famille de Yorktown en sont un parfait exemple.
Au-delà de ces mesures, nous savons qu’il est essentiel d’investir en amont dans la prévention globale de la criminalité et les interventions auprès des jeunes. En fait, le travail que j’ai fait avant de commencer ma carrière consistait à travailler avec des jeunes à risque qui étaient plus particulièrement impliqués dans des actes de violence et susceptibles de se radicaliser.
Voilà le genre d’investissements dont il est question. Le Fonds pour bâtir des communautés sécuritaires en est un exemple.

