L’honorable Marty Klyne : Honorables sénateurs, samedi, ce sera le quatre-vingt-deuxième anniversaire du jour J, c’est-à-dire du débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944, l’un des jours les plus marquants de l’histoire et un tournant décisif dans la lutte contre la tyrannie.
Chaque année, lorsque nous commémorons cette journée, je pense aux jeunes hommes qui ont traversé la Manche et débarqué sur les plages de Normandie sous les tirs incessants de l’ennemi. Devant eux s’étendaient des défenses fortement retranchées. Autour d’eux, il n’y avait que le chaos, la destruction et le sacrifice. Malgré les camarades qui tombaient au combat, les troupes canadiennes ont continué d’avancer. Ce jour-là, faire preuve de courage, c’était simplement faire un pas de plus.
Les anciens combattants présents ce jour-là ont parlé de la peur, du sens du devoir et de la volonté qui les ont aidés à tenir bon. L’ordre du jour du commandant suprême des forces alliées, Eisenhower, était : « Nous n’accepterons que la Victoire totale! » Ce jour-là, le courage des Canadiens a brillé pour nous tous. Ils étaient soutenus par les marins, les aviateurs et les familles restées au pays, qui ont accepté le rationnement, travaillé et fait des sacrifices. Les Canadiens qui ont débarqué à la plage Juno venaient de partout au pays, y compris de la Saskatchewan. Certains s’étaient entraînés ensemble pendant des années. D’autres se connaissaient depuis l’enfance. Ils ont fait la traversée de l’Atlantique ensemble, se sont préparés ensemble et ont débarqué ensemble.
Plus de 14 000 Canadiens ont débarqué ou ont été parachutés en Normandie. À la fin de la journée, 359 Canadiens avaient perdu la vie et plus de 700 autres avaient été blessés. Leur sacrifice a permis aux Alliés de prendre pied en Europe, ce qui a conduit à la libération de la France et à la défaite de l’Allemagne nazie.
Les historiens qualifient souvent le jour J de début de la fin de la guerre en Europe. Avec le recul, nous voyons cette opération comme une réussite, mais à l’époque, le résultat était loin d’être certain. En nous remémorant l’histoire, nous nous apercevons qu’elle est souvent façonnée non pas par des gens extraordinaires, mais par des gens ordinaires qui ont dû se montrer à la hauteur d’une situation extraordinaire. Les jeunes hommes qui ont débarqué en Normandie étaient des fils, des frères, des amis et des pères de tous les horizons. Pourtant, lorsqu’il a fallu écrire une page d’histoire, ils ont répondu à l’appel par une victoire et ont changé le monde.
En cet anniversaire du jour J, rendons hommage à ceux qui se sont battus pour la liberté, y compris ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux et ceux qui ont porté le souvenir de ce jour toute leur vie. Puissions-nous toujours nous souvenir de leur sacrifice. Puissions-nous toujours honorer le service qu’ils nous ont rendu. Puissions-nous ne jamais oublier ce qu’ils ont accompli pour l’humanité.
Parmi ces hommes se trouvaient les membres du Royal Regina Rifles, surnommés les Farmer Johns. Comme je l’ai fait l’année dernière, je vais répéter leur cri de guerre légendaire. Le chef de bataillon criait « Rifles! », et tous les soldats répondaient « one, two, three, up the Johns! »
Aujourd’hui, ce cri est un hommage et une façon d’acclamer les camarades tombés au combat. On les salue et on s’incline devant leurs sacrifices, de préférence avec un verre d’eau-de-vie à la main. Avec un verre de calvados, assurément.
Ne vous gênez pas pour joindre votre voix à la mienne, et crions ensemble : one, two, three, up the Johns!
Des voix : Bravo!

