Le décès de Gustavo da Roza

Par: L'hon. Patricia Bovey

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L’honorable Patricia Bovey : Honorables sénateurs, c’est avec un grand plaisir que je rends hommage aujourd’hui à Gustavo da Roza, architecte de renommée internationale, ami, professeur et, pendant plusieurs années, consul honoraire du Portugal. Gus est décédé en avril dernier à Surrey, en Colombie-Britannique, à l’âge de 89 ans. Né à Hong Kong, il a étudié aux États-Unis et s’est installé à Winnipeg en 1960.

J’ai rencontré Gus en 1970, pendant la construction du Musée des beaux-arts de Winnipeg : il était l’architecte de cet édifice triangulaire prestigieux sis sur le boulevard Memorial de Winnipeg et, à titre de conservatrice du musée, je devais vérifier chaque jour l’avancement des travaux. Da Roza, alors jeune professeur d’architecture à l’Université du Manitoba, avait été inspiré par le concours et avait dessiné son premier croquis du musée au verso d’une enveloppe. L’emplacement était triangulaire, et il tenait à en utiliser chaque parcelle. Bon nombre d’entre vous ont déjà visité cet édifice de calcaire aux lignes épurées, avec ses fossiles incrustés caractéristiques.

Le musée a été ouvert par la princesse Margaret le 25 septembre 1971 même si la construction n’était pas encore terminée. Les travaux avaient été retardés par une grève, mais nous avions installé des parties de la collection. Une sonnerie de trompette spécialement composée par Sonia Eckhardt-Gramatté, épouse du directeur, a été jouée à partir du toit du garage de la Baie d’Hudson, de l’autre côté de la rue. À un certain moment, un agent de la GRC a parcouru l’exposition à toute vitesse en demandant si quelqu’un avait vu lord Snowdon. Il avait disparu. Je l’avais vu : Gus et lui s’étaient rendus à la pointe avant de l’édifice. Lord Snowdon, qui était lui-même concepteur, se demandait comment Gus avait utilisé les trois pointes de l’édifice : il y avait placé des sorties de secours.

Ses espaces, qui ont bien servi le public et les artistes manitobains, sont des endroits merveilleux pour la présentation d’œuvres d’art. Son style a bien vieilli. Lorsque j’y suis revenue en tant que directrice en 1999, les systèmes de conditionnement de l’air, la voute et l’auditorium Muriel Richardson devaient être modernisés. Comme j’avais assisté chaque jour à la construction de l’édifice, j’en connaissais les principes, mais l’aide de Gus était nécessaire.

Nous sommes restés en contact au fil des ans, en Colombie-Britannique et au Manitoba. J’admirais sa vision et sa compréhension de ce qu’était un musée. Il a participé aux rénovations qui ont eu lieu au début des années 2000, et aussi aux modifications apportées à la boutique et à l’ajout du pavillon Qaumajuq, le centre d’art inuit, qui a ouvert l’an dernier.

Gus a conçu de nombreux édifices à l’étranger, y compris à Dubai, ainsi que quelques maisons à Winnipeg qui, tout comme le Musée des beaux-arts de Winnipeg, sont emblématiques et soignées sur le plan conceptuel et fonctionnel.

Son amour de la vie, sa créativité sans pareil, son souci du détail, son sens de l’humour, son esprit et son amitié sincère sont inspirants et ont été pour moi un cadeau pendant plus de 50 ans. Merci, Gus.

J’offre mes condoléances à son épouse, Gloria, à ses enfants et à ses petits-enfants.

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