La regrettée Rosalind Smith

Par: L'hon. Kristopher Wells

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L’honorable Kristopher Wells : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à Rosalind Smith, une éducatrice remarquable, une pionnière, une leader communautaire, une mentore et une amie, dont le décès n’est pas seulement ressenti à Edmonton, mais partout au Canada.

Le Mois de l’histoire des Noirs est une occasion de nous rappeler la résilience, le leadership et les contributions des Canadiens noirs. Le moment est donc particulièrement bien choisi pour célébrer la vie d’une femme qui a façonné l’histoire des Noirs dans les salles de classe, au sein des communautés et dans la vie d’innombrables jeunes.

Surnommée simplement « Ros » par ses collègues et ses amis, Mme Smith a fait sa marque dans l’histoire en tant que première femme noire à diriger une école publique à Edmonton. Cependant, son héritage va bien au-delà de ce jalon. Il se perpétue dans la confiance qu’elle a inspirée aux élèves, de même que parmi les éducateurs qu’elle a encadrés et au sein des communautés qu’elle a renforcées grâce à sa foi inébranlable d’éducatrice convaincue des grands bienfaits du système public d’éducation.

À une époque où il était rare de voir des femmes et des Noirs occuper des postes de direction dans le milieu scolaire au Canada, Mme Smith a dirigé avec toute la grâce, la compassion et la force tranquille qui lui étaient propres. Elle considérait chaque enfant non pas comme un problème à résoudre, mais comme un avenir à découvrir. Pourtant, comme beaucoup de personnes qui brisent les barrières, son parcours a été semé d’embûches.

Ros m’a déjà raconté qu’un élève s’était présenté à l’école où elle travaillait vêtu de la tête au pied de l’uniforme du Ku Klux Klan. Quand on l’a questionnée à ce sujet, la famille a simplement dit qu’il s’agissait d’une plaisanterie. Ros, elle, n’était pas dupe. Par son geste, l’élève voulait intimider et exclure. Or, Ros a choisi de répondre à la haine, non par l’amertume, mais par l’excellence et l’humanité. Encore et encore, elle a su transformer l’opposition en respect, ouvrant la voie à d’autres, dont je fais partie puisque j’ai eu le privilège de travailler à ses côtés au sein du réseau des écoles publiques d’Edmonton.

Plus tard, comme responsable de l’équité, de la diversité et de l’inclusion, Ros a porté la voix des élèves et des familles marginalisés, notamment ceux des communautés 2ELGBTQI+. Elle a aidé les écoles dans leur démarche pour devenir des milieux où chaque jeune peut apprendre en toute sécurité, avec dignité et fierté. Sa vie nous rappelle que l’histoire des Noirs ne se limite pas au passé : il s’agit d’une histoire vivante, façonnée jour après jour par des leaders qui, dans l’intérêt des générations futures, parviennent constamment à intégrer dans la société de plus en plus de gens qui avaient le sentiment d’en être exclus.

D’un océan à l’autre, partout où l’on trouve tantôt un enfant qui a désormais l’impression qu’on s’intéresse à lui, tantôt des gens qui célèbrent la diversité, tantôt un jeune qui croit en son potentiel de devenir un chef de file, l’héritage de Ros perdure. Nous pleurons douloureusement son départ, mais nous célébrons une vie qui a rendu notre pays plus accueillant, plus juste et plus prometteur. Puissions-nous lui rendre hommage en poursuivant son combat pour l’équité, pour la dignité et pour l’appartenance de tous à la société.

Merci, Ros, de nous avoir appris à diriger avec courage et avec cœur. Vos leçons nous guideront à jamais.

Des voix : Bravo!

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