L’honorable Tracy Muggli : Honorables sénateurs, la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, est l’occasion de saluer le courage des gens contraints de fuir les conflits ainsi que de réfléchir aux mesures à prendre pour gérer les déplacements de populations dans le monde.
Parmi les crises qui sévissent aujourd’hui, la plus grave est celle qui frappe le Soudan. Dans ce pays, plus de 13 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer pour se rendre ailleurs sur le territoire ou traverser la frontière.
Ces 13 millions de personnes, qui ont été séparées de leur famille et déracinées, cherchent refuge ailleurs. Il s’agit d’enfants souvent traumatisés et souffrant de malnutrition qui ont dû quitter les bancs d’école. Il s’agit aussi de parents qui sont aux prises avec des dilemmes impossibles pour assurer la survie de leur famille.
Imaginez l’ensemble de la population vivant à l’ouest de l’Ontario, les gens du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, du Yukon, des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, tous ces citoyens incapables de rentrer à la maison, déracinés, déplacés.
Mais la crise est loin de se limiter aux déplacements. El Fasher a été assiégée pendant plus d’un an avant de finalement tomber. Selon les Nations unies, environ 260 000 personnes vivaient dans cette ville avant le siège. Or, en janvier, selon les chiffres officiels, moins de 35 000 d’entre elles avaient à peu près réussi à se mettre à l’abri. La différence entre ces chiffres est à glacer le sang. Plus de 225 000 personnes manquent toujours à l’appel.
Le Soudan est l’exemple le plus atroce, mais je pourrais aussi vous parler de la bande de Gaza, d’Haïti ou de Cuba, ou encore du Myanmar, de la République démocratique du Congo, du Yémen, de l’Afghanistan et, bien entendu, de l’Ukraine.
Partout dans le monde, des gens fuient la guerre, la faim et l’instabilité. Chers collègues, je vous demande, en cette Journée mondiale des réfugiés, de dénoncer les discours déshumanisants, de vous faire entendre et de rappeler aux gens que ce n’est pas par choix que les réfugiés quittent leur foyer, mais parce qu’ils y sont forcés. Je vous demande de défendre haut et fort l’accès à l’aide humanitaire et d’exiger que ceux qui s’en prennent aux hôpitaux, aux réseaux d’aqueduc et aux travailleurs humanitaires rendent des comptes.
Honorables sénateurs, le Canada ne doit pas se faire invisible au moment où on a le plus besoin de lui. Les organismes humanitaires sont déjà sur place, sur la ligne de front. Nous devrions commencer par les écouter, par soutenir leur travail et par faire en sorte que l’examen de la politique étrangère du Canada tienne compte de leurs avertissements.
Le Soudan ne peut pas se permettre de sombrer dans l’oubli. Un moyen tout simple s’offre aux Canadiens pour montrer qu’ils n’oublient pas le peuple soudanais. Les Canadiens peuvent appeler au 1-877-25-RESPOND — je répète, comme à la télé : 1-877-257-3766 — pour contribuer à la campagne Speak Up for Sudan de Vision mondiale Canada et pour faire entendre la voix des enfants et des familles prisonniers de cette crise. Il est important de prendre la parole dans ce genre de situation, parce que nous faisons tous partie de l’humanité.
Merci, marsee, meegwetch.

