Le sénateur Cuzner interroge le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique en comité plénier

Par: L’hon. Rodger Cuzner

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Le Sénat s’est formé en comité plénier afin de recevoir l’honorable Evan Solomon, c.p., député, ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, afin d’étudier le sujet de l’intelligence artificielle.

Le sénateur Cuzner : Merci beaucoup, monsieur le ministre. C’est un plaisir de vous voir.

M. Solomon : Je suis heureux de vous voir, monsieur.

Le sénateur Cuzner : Vous avez mentionné que, malgré tous les aspects positifs liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle, il existe encore un certain nombre de défis réels et de préjudices potentiels, en particulier pour les jeunes. J’ai suivi le congrès libéral de la fin de semaine dernière. Je suppose que les vieilles habitudes ont la vie dure. On y a adopté deux résolutions, la première demandant d’interdire l’utilisation d’agents conversationnels fondés sur l’intelligence artificielle aux personnes âgées de moins de 16 ans et la deuxième demandant d’interdire l’utilisation des réseaux sociaux aux personnes âgées de moins de 16 ans.

Au sujet de l’élaboration de la réglementation gouvernementale sur les fonctionnalités de sécurité et de protection de la vie privée des plateformes, ainsi que sur les hypertrucages, vous avez parlé d’un équilibre pragmatique. Pourriez-vous nous dire ce que vous considérez comme un équilibre pragmatique, surtout en ce qui concerne les enfants?

M. Solomon : Tout d’abord, sénateur, je suis heureux de vous voir. Je vous suis reconnaissant du travail que vous faites ici et dans toutes les Chambres de la Cité parlementaire.

Sénateur, la protection des enfants est au cœur de nos préoccupations. Je suis père, je dirais donc à titre personnel, mais aussi dans le cadre de notre mandat à titre de représentants du gouvernement, que nous devons nous assurer de protéger tous les citoyens, mais que nous devons aussi veiller à ce que les enfants soient en sécurité. Nous avons été témoins de situations horribles, comme celle de Tumbler Ridge. Ce n’est qu’un exemple, et c’est un cas tragique. Nous sommes conscients des préjudices causés par les comportements en ligne. Nous avons tous été témoins de leurs répercussions sur nos enfants, y compris la solitude et l’aliénation. C’est un sujet sur lequel je travaille en étroite collaboration avec mon collègue Marc Miller. Les préjudices en ligne relèveront davantage de sa compétence, mais nous discutons de mesures législatives en ce qui concerne la transparence et les agents conversationnels fondés sur l’intelligence artificielle. Nous allons nous pencher là-dessus et voir où cela nous mènera. Nous nous penchons sur des mesures comme des interdictions.

Lorsqu’on impose des interdictions, il faut veiller à ne pas causer de torts imprévus à certaines communautés. Les communautés rurales et autochtones nous ont dit que les réseaux sociaux sont très importants en raison de l’isolement. J’ai entendu ce genre de choses dans ma circonscription. La communauté 2ELGBTQIA+ dit qu’il y a des gens qui sont victimes d’intimidation physique à l’école, que ce n’est que sur le Web qu’ils peuvent trouver une communauté de personnes aux vues similaires, et que cela leur a sauvé la vie. Dieu nous garde de priver d’une communauté en ligne un enfant transgenre qui est victime d’intimidation, et qu’il retourne dans un environnement physique où il n’est pas à l’aise et où il y a de l’automutilation.

Je dirai simplement que nous prenons ces questions très au sérieux. Il y a un point de vue légitime et répandu selon lequel nous devons nous assurer de protéger les enfants contre les préjudices causés par les réseaux sociaux, mais comment vérifions-nous l’âge, comment appliquons-nous les règles et, soit dit en passant, surtout en ce qui concerne l’intelligence artificielle, comment définissons-nous le champ d’application? Comprend-il les jeux vidéo où l’on peut clavarder? Veille-t-on à ce que les jeunes aient accès aux technologies pour que, à 16 ou 17 ans… Qu’arrive-t-il à une génération qui n’a peut-être jamais été exposée à ça? Ces enfants ont-ils un retard sur les enfants de Singapour? Il faut trouver un juste équilibre.

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