Le séparatisme

Par: L'hon. Daryl Fridhandler

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L’honorable Daryl S. Fridhandler : Honorables sénateurs, je prends la parole au sujet du séparatisme en Alberta. Il est difficile de savoir, de jour en jour, où on en est et où on s’en va. Aujourd’hui, il ne reste que 52 jours avant la date limite du 2 mai fixée par le Alberta Prosperity Project. La première ministre Smith a confirmé que si la pétition récolte le nombre de signatures requis, il y aura un référendum sur la séparation le lundi 19 octobre.

La première ministre Smith proposera également neuf référendums, notamment sur les sujets suivants : limiter l’accès aux programmes financés par la province aux citoyens, aux résidents permanents et aux personnes dont le statut d’immigrant a été approuvé par l’Alberta; modifier la Constitution de manière à ce que les juges de la Cour du Banc du Roi et de la Cour d’appel soient nommés par le gouvernement provincial; et abolir le Sénat fédéral.

Je sais que vous vous joindrez tous à moi en Alberta pour faire campagne contre ce dernier point, et je vous en remercie d’avance.

Les référendums additionnels pourraient-ils être des carottes destinées à attirer plus de gens le jour où les référendums se tiendront? Le contraire est également possible : ils pourraient servir à détourner l’attention du référendum sur la séparation. Je ne crois pas faire preuve d’un trop grand cynisme en suggérant ce deuxième scénario.

La première ministre Smith a fait des pieds et des mains pour apaiser les séparatistes. Elle a réduit le nombre de signatures requises et prolongé la période de collecte. Pourquoi cet apaisement? Comme l’a récemment fait remarquer Ken Boessenkool, un proche des conservateurs :

Aujourd’hui, les groupes Take Back Alberta et Free Albertans contrôlent le Parti conservateur uni de l’Alberta — et la capacité de Danielle Smith à contester les prochaines élections.

Il ajoute :

Pour accéder à ces demandes, Mme Smith a fait en sorte qu’il soit plus facile pour ces groupes de forcer la tenue d’un référendum sur la séparation […]

Au Québec, les gouvernements ont bien joué la carte du séparatisme. L’Alberta tente aujourd’hui d’emboîter le pas. Cela dit, la situation québécoise reste très particulière. En Alberta, l’élan séparatiste s’explique principalement par des frustrations économiques, comme les paiements de péréquation, et par le rapport de force avec les institutions fédérales.

L’exemple du Brexit est révélateur. Six ans plus tard, un sentiment de « Bregret » s’est installé : près de 60 % des citoyens estiment que le Royaume-Uni n’aurait pas dû quitter l’Union européenne.

La majorité des Premières Nations de l’Alberta crient haut et fort leur opposition au mouvement séparatiste. Le rôle de premier plan joué par le chef Sheldon Sunshine, de la nation crie du lac Sturgeon, et les poursuites intentées nous rappellent que les Premières Nations ont signé des traités avec le Canada avant même la naissance de l’Alberta comme province en 1905.

Votre Honneur, la menace de séparation est réelle, tant à court qu’à long terme. L’appui de 500 000 signataires à la pétition Forever Canadian témoigne de la volonté des Albertains de rester au sein de la fédération canadienne.

Je vous demande, chers collègues, de défendre fermement l’unité canadienne. J’invite le gouvernement fédéral à agir promptement. Qui mieux que le premier ministre pour le faire? Le 19 octobre approche à grands pas.

J’exhorte tous les sénateurs à assumer leurs responsabilités en tant que fédéralistes.

Merci. Meegwetch.

Des voix : Bravo!

 

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