Période des questions : CBC/Radio-Canada

Par: L'hon. Daryl Fridhandler

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L’honorable Daryl Fridhandler : Au cours de l’été dernier, les médias ont révélé que CBC/Radio-Canada avait donné une directive interne à ses journalistes concernant la terminologie employée au sujet des attentats terroristes du 11 septembre 2001. Face à la vague de protestations soulevées par cette nouvelle, CBC/Radio-Canada a rapidement annulé la directive qui ordonnait aux journalistes d’éviter d’utiliser le terme « attentat terroriste » et d’utiliser plutôt le terme « détournement ». Étant donné que CBC/Radio-Canada reçoit un financement public de plus de 1 milliard de dollars par année, le gouvernement croit-il que les Canadiens ont le droit de connaître toutes les directives éditoriales et linguistiques fournies aux journalistes de son radiodiffuseur public, et fera-t-il adopter des mesures législatives en faveur de la divulgation publique complète de ces directives internes?

L’honorable Pierre Moreau (représentant du gouvernement au Sénat) : Merci de votre question, sénateur Fridhandler, et merci d’avoir précisé que CBC/Radio-Canada a fini par qualifier les événements du 11 septembre d’acte terroriste. Les Canadiens savent que le 11 septembre a été l’attentat terroriste le plus meurtrier de l’histoire. C’est un souvenir horrible pour de nombreux Canadiens, notamment ceux qui y ont perdu des êtres chers.

Le gouvernement du Canada condamne sans équivoque le terrorisme sous toutes ses formes. Les événements ou l’idéologie qui prennent délibérément pour cible des civils n’ont pas lieu d’être. Il ne serait pas approprié que les parlementaires ou le gouvernement interviennent dans la ligne éditoriale de l’agence de presse. CBC/Radio-Canada a des normes strictes en matière d’intégrité journalistique, et je crois comprendre qu’elle a depuis longtemps pour politique d’éviter de qualifier des actes non revendiqués de terrorisme, et que cette pratique est devenue une pratique journalistique générale pour assurer la neutralité des reportages sur les actes violents à l’international.

Le sénateur Fridhandler : Je regrette, mais je ne suis pas d’accord. Si le gouvernement refuse d’imposer la publication de ces lignes directrices, quel mécanisme permet aux Canadiens de comprendre les directives rédactionnelles internes d’un organisme financé par les deniers publics et exploité en leur nom? Sénateur Moreau, je considère cela comme tout aussi essentiel que les exigences en matière d’étiquetage des aliments que nous consommons. Essentiellement, comment pouvons-nous savoir ce qui influence les nouvelles que nous consommons?

Le sénateur Moreau : Si je ne m’abuse, votre collègue, la sénatrice Miville-Dechêne, a travaillé à Radio-Canada. Elle pourra peut-être vous éclairer sur ce qui se passe au sein de Radio-Canada. En ce qui concerne la CBC, comme je l’ai mentionné, je ne pense pas qu’il soit judicieux que les politiciens s’immiscent dans les normes rédactionnelles de CBC/Radio-Canada.

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