L’honorable Brian Francis : Honorables sénateurs, hier, certains d’entre nous ont participé au rassemblement Se souvenir des enfants, sur la Colline du Parlement, pour souligner la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Nous nous sommes joints à d’autres personnes partout au Canada pour rendre hommage aux enfants autochtones qui ont été placés de force dans des pensionnats et d’autres établissements et pour nous souvenir de ceux qui ne sont jamais rentrés chez eux.
Bien que des progrès aient été réalisés au cours de la dernière décennie pour concrétiser notre engagement national à faire progresser la réconciliation, il reste encore beaucoup de travail à faire.
Aujourd’hui, je réfléchis à cette réalité avec le cœur lourd, mais aussi avec une détermination renouvelée. C’est pourquoi je souhaite relayer trois appels à l’action clairs lancés hier par des Survivants.
Premièrement, le gouvernement du Canada doit fournir un financement durable et prévisible pour les initiatives dirigées par les Autochtones qui font progresser la vérité, la justice et la guérison. Ce travail ne peut pas être accompli au moyen d’engagements à court terme. Il faut préconiser les investissements et les partenariats à long terme, malgré les pressions concurrentes.
Deuxièmement, le gouvernement du Canada doit examiner toutes les options possibles pour empêcher la destruction des documents recueillis dans le cadre du Processus d’évaluation indépendant, qui est prévue en septembre prochain. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre une partie aussi précieuse de notre histoire. Ces documents peuvent et doivent être préservés pour les générations futures, tout en respectant la confidentialité promise aux Survivants.
Troisièmement, le gouvernement du Canada doit lutter contre le négationnisme. Dimanche dernier, des individus associés à un groupe nationaliste blanc ont ciblé les Tk̓emlúps te Secwépemc afin d’infliger des préjudices et de propager la haine. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un incident isolé. Partout au pays, les négationnistes ciblent de plus en plus les communautés autochtones qui mènent le travail, sacré, de retrouver nos enfants disparus.
Avant que le négationnisme ne devienne plus visible, organisé et dangereux, nous devons travailler en partenariat avec les Autochtones afin d’élaborer et de mettre en œuvre des mesures concrètes qui peuvent l’endiguer. Le Sénat a déjà raté une occasion de s’attaquer à cette menace. Qu’on ne se souvienne pas de nous pour avoir laissé cette situation perdurer impunément.
Chers collègues, ce sont là trois priorités, parmi tant d’autres, qui exigent une réponse unie et significative de la part du Sénat. Cette année donc, mettons-nous au défi les uns les autres d’en apprendre davantage et de faire mieux pour le bien des personnes touchées par cet héritage non seulement aujourd’hui, mais aussi demain.
Enfin, je tiens à honorer la mémoire des deux Aînés bien-aimés de la Première Nation Tsawwassen qui ont perdu la vie dans un accident survenu lors d’un événement marquant le 30 septembre. Pensons aussi à leur famille et à tous ceux qui ont été blessés et touchés.
Wela’lin. Merci.
Des voix : Bravo!

