L’honorable Daryl S. Fridhandler : Je suis un juif sioniste canadien qui croit depuis longtemps à la possibilité d’une solution à deux États où les Palestiniens et les Israéliens vivent dans la paix, la sécurité et la reconnaissance mutuelle. J’ai eu la chance de discuter de ce sujet avec l’ancien premier ministre israélien et ancien maire de Jérusalem Ehud Olmert, qui est un ardent défenseur d’une solution négociée à deux États.
La reconnaissance de l’État palestinien par le gouvernement du Canada a été présentée comme un pas en avant vers une solution à deux États. Cette reconnaissance reposait sur des réformes au sein de l’Autorité palestinienne, des élections démocratiques en 2026 et l’exclusion du Hamas de tout futur rôle au sein du gouvernement. Nous n’avons vu aucune mesure concrète prise pour réaliser ces réformes.
M. Abbas, qui en est maintenant à la 21e année de son mandat de 4 ans, a récemment reporté les élections à septembre 2027. « Celui qui nous trompe une fois abuse de notre naïveté; celui qui nous trompe deux fois abuse de notre bêtise. »
Le représentant du gouvernement au Sénat peut-il expliquer comment le gouvernement du Canada perçoit actuellement sa reconnaissance d’un État palestinien dans ces nouvelles circonstances?
L’honorable Pierre Moreau (représentant du gouvernement au Sénat) : Merci, sénateur Fridhandler. Depuis plus de 70 ans, le gouvernement du Canada, toutes allégeances confondues, soutient que la solution à deux États est la voie à suivre pour assurer une paix à long terme dans la région tout en répondant aux préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité. La reconnaissance d’un État palestinien par le gouvernement canadien est solidement en phase avec les principes d’autodétermination et les droits fondamentaux de la personne prévus dans la Charte des Nations unies.
Pour répondre précisément à votre question, la ministre des Affaires étrangères a réitéré, dans une déclaration commune avec des alliés, que le Hamas ne peut jouer aucun rôle dans la gouvernance future de la Palestine. La ministre a aussi dit regretter profondément qu’il ait été décidé de reporter les élections et elle a rappelé que le Canada demeurait disponible pour soutenir les initiatives démocratiques.
Le sénateur Fridhandler : Sénateur Moreau, pour que la négociation d’une solution à deux États puisse réussir, il faudra, ultimement, des dirigeants qui possèdent à la fois l’autorité requise pour négocier et la légitimité nécessaire pour que l’accord conclu soit accepté. Selon le gouvernement du Canada, quelles personnes, institutions ou organisations palestiniennes sont actuellement en mesure d’agir avec autorité au nom du peuple palestinien dans le cadre de négociations concernant l’avenir d’un État palestinien?
Le sénateur Moreau : Le Canada est convaincu que le renforcement du gouvernement palestinien est essentiel pour continuer à jeter les bases institutionnelles d’une solution à deux États viable, qui constitue la seule voie vers une paix et une sécurité durables tant pour Israël que pour la Palestine. Toutefois, il n’appartient ni au Canada ni à aucun autre État étranger de s’immiscer dans le processus visant à déterminer qui jouit d’une légitimité électorale en tant que représentant ou chef d’État. Cela dit, le gouvernement a clairement indiqué que le Hamas ne peut jouer aucun rôle dans de telles initiatives démocratiques et continue de soutenir la tenue d’élections.

