Le sénateur Cardozo interroge le ministre des Finances en comité plénier sur le projet de loi C-38

Par: L'hon. Andrew Cardozo

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Le Sénat s’est formé en comité plénier afin de recevoir l’honorable François-Philippe Champagne, c.p., député, ministre des Finances et du Revenu national, accompagné d’un maximum de deux fonctionnaires, afin d’étudier la teneur du projet de loi C-38, Loi modifiant la Loi sur la taxe d’accise (prolongation de l’allègement de la taxe d’accise fédérale sur les carburants).

Le sénateur Cardozo : Je vous remercie, monsieur le ministre, d’être venu si rapidement pour discuter de ce projet de loi. Permettez-moi de vous poser la question suivante : avez-vous envisagé une approche plus ciblée, comme, par exemple, une réduction uniquement pour les agriculteurs, ou peut-être une réduction de 50 % sur une période deux fois plus longue? Avez-vous pris en compte la possibilité d’une interdiction des exportations de diésel évoquée par le président Trump et les conséquences d’une telle décision?

M. Champagne : Merci, monsieur le sénateur. C’est un plaisir d’être assis à vos côtés.

Le sénateur Cardozo : C’est réciproque.

M. Champagne : Pour répondre à la première partie de votre question, je pense qu’il est plus approprié, dans les circonstances actuelles, de prendre des mesures à grande échelle. Dans le cas du carburant, pour revenir à la question posée tout à l’heure par le sénateur, il s’agit de venir en aide à l’ensemble de la population.

Nous avons plusieurs mesures de soutien destinées à des secteurs particuliers. Vous vous souvenez sans doute, par exemple, que lorsque nous avons annoncé les dernières contre-mesures aux droits de douane américains, nous avons débloqué 7,5 milliards de dollars pour apporter davantage de liquidités aux entreprises et soutenir les travailleurs. Cela dit, pour ce qui est du prix du carburant ou de l’énergie à l’échelle nationale, même si chacun est touché différemment, tout le monde est concerné. À mon avis, une mesure à grande échelle est préférable, car, si nous agissons pour l’essence, le carburant d’aviation et le diésel, les retombées se font sentir dans de nombreux secteurs de notre économie.

Sénateur, nous sommes en contact avec ceux qui produisent du carburant dans notre pays. On me dit qu’ils maximisent leur production de diésel. Nous produisons plus de diésel que nous ne pouvons en consommer au Canada. Nous produisons du carburant à plein régime, mais vous savez aussi bien que moi, sénateur, que le prix est influencé par ce qui se passe dans le monde. Il y a donc des choses que nous, vous et moi, ne pouvons pas contrôler, par exemple, ce qui se passe au Moyen-Orient, mais nous pouvons contrôler la façon dont nous réagissons, dont nous soutenons les Canadiens et dont nous nous donnons la marge de manœuvre financière nécessaire pour le faire. Je pense que les Canadiens voient maintenant l’avantage d’être prudents sur le plan financier, parce que lorsque nous sommes prudents sur le plan financier et que des événements comme celui-là se produisent, sur lesquels nous n’avons aucune prise, mais dont nous subissons les effets, ça nous permet de réagir de manière ciblée pour aider ceux qui en ont le plus besoin.

Pour l’instant, nous examinons ce qui se passe ailleurs, mais ce que nous pouvons contrôler, c’est notre réaction. La Chambre des communes a été unanime et cette mesure a été applaudie par tous. La suspension, par consentement unanime, a reçu le même accueil favorable de la part des députés.

Le sénateur Cardozo : Avez-vous quelque chose à dire sur la situation mondiale? Vous avez parlé de la nature géopolitique de cette mesure. Y a-t-il d’autres enjeux géopolitiques sur la scène mondiale que vous avez à l’œil et auxquels nous devrions tous prêter attention?

M. Champagne : Je dis souvent que la rapidité, la portée et l’ampleur des changements sont sans précédent. Ceux-ci sont de nature géopolitique, géoéconomique et technologique. La population de bien des pays a l’impression de perdre le contrôle, car en plus de se produire simultanément et à un rythme effréné, tous ces événements ont une portée immense. Selon moi, le premier ministre a donc fait preuve de discernement et de sagesse en déclarant qu’il fallait nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler, soit l’unification de l’économie canadienne et l’élimination des obstacles au commerce interprovincial.

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