La commissaire aux langues officielles—Réception de Kelly Burke en comité plénier

Par: L'hon. Amina Gerba

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Rideau Canal, Ottawa

La sénatrice Gerba : Bienvenue et félicitations pour votre nomination qui sera confirmée, espérons-le, au vu de votre parcours que notre collègue a souligné.

Vous entrerez en fonction à un moment charnière pour le bilinguisme canadien, alors que la dualité linguistique du pays est confrontée à des défis structurels importants. Parmi ceux-ci, deux enjeux retiennent particulièrement l’attention.

D’une part, on observe un recul préoccupant de la langue française au Canada, y compris au Québec, tant en ce qui concerne la proportion de locuteurs que dans l’usage du français dans les institutions publiques. Dans ce contexte, estimez-vous que la version modernisée de la Loi sur les langues officielles constitue un outil suffisamment robuste pour freiner ce déclin et renforcer la place du français? Le cas échéant, comment votre bureau entend-il en maximiser l’impact?

Mme Burke : En ce qui concerne le déclin, c’est préoccupant partout au pays. Les données du recensement de 2021 ont montré qu’il y a aussi des enjeux au Québec. Ce qu’il faut faire, c’est encourager davantage les communautés à exercer leurs droits linguistiques, ce qui pourrait permettre de stopper l’érosion du français partout au Canada.

Ce que je vois, par contre, c’est un taux de bilinguisme qui est demeuré stable au pays, soit à 18 %. Bien qu’on souhaite l’augmenter davantage, voilà la preuve que des progrès pourraient se faire, et ce, avec les programmes d’immersion qui continuent de s’étendre au pays. En Ontario, nous avons des programmes en immersion qui servent de modèle pour les autres provinces et territoires, qui ont également des programmes d’immersion qui répondent en partie à la question du déclin du français.

L’immigration francophone va beaucoup aider. Toutefois, on sait bien que les nouveaux arrivants au Canada ne suivent pas nécessairement une piste qui leur permet de vivre et de s’épanouir en français. Il faut donc les encourager, avec un système scolaire, un système juridique et un marché de l’emploi qui peuvent leur permettre de travailler en français, mais surtout de vivre et de s’épanouir en français dans leurs communautés. Cela permettra en partie de s’attaquer à la question du déclin du français parmi d’autres.

J’ai mal compris la deuxième partie de la question. Pourriez-vous la répéter?

La sénatrice Gerba : Comment votre bureau entend-il maximiser l’impact du renforcement du bilinguisme dans notre pays et empêcher le déclin du français?

Mme Burke : On devra se trouver davantage sur le terrain et identifier où sont les lacunes. Je vise l’excellence dans nos bureaux, et il faut vraiment assurer une présence sur le terrain, non seulement pour être au fait de ce qui se passe vraiment, mais aussi pour être à l’écoute et développer des solutions afin que les communautés puissent s’enrichir davantage.

Une des questions importantes qu’il faut toujours se poser est la suivante : y a-t-il des soutiens en place pour permettre aux communautés de s’épanouir? C’est là où la Loi sur les langues officielles permet d’offrir de meilleurs services qui peuvent en partie répondre aux enjeux. Le bureau devra interpréter la loi, conjointement avec moi, pour faire des avancées importantes dans les communautés.

La sénatrice Gerba : Le gouvernement fédéral intègre de plus en plus rapidement des systèmes d’intelligence artificielle dans la prestation de services linguistiques aux citoyens et citoyennes. Comment comptez-vous veiller à ce que ces technologies respectent pleinement les obligations prévues par la Loi sur les langues officielles? Par ailleurs, votre organisation disposera-t-elle ou dispose-t-elle actuellement des ressources humaines et financières nécessaires pour encadrer efficacement cette transition?

Le président : Madame la sénatrice Gerba, votre temps de parole est écoulé.

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