L’honorable Andrew Cardozo : Honorables sénateurs, j’allais offrir à tous ceux qui restent si tard une bouteille de champagne, mais je pense qu’une bouteille de sirop d’érable serait plus appropriée.
J’invite ceux d’entre vous qui seront ici demain matin à participer à une table ronde sur le chômage des jeunes que nous tiendrons, moi et plusieurs autres sénateurs, de 9 heures à 11 heures, ici, dans l’édifice du Sénat du Canada.
Chers collègues, j’ai l’honneur aujourd’hui, en ce moment important, de lancer une interpellation sur l’importance du drapeau canadien et de réfléchir à ce que le drapeau canadien signifie pour nous, les Canadiens.
Le jour de ce débat a été choisi pour qu’il coïncide avec le Jour du drapeau, dans 10 jours, le 15 février. Je suis ravi de vous inviter, chers collègues, à présenter vos réflexions sur cette question aujourd’hui et dans les jours à venir.
Incidemment, cette interpellation est lancée pendant les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, dont la cérémonie d’ouverture officielle se tiendra demain.
De plus, dans les semaines à venir, l’astronaute canadien Jeremy Hansen participera à la mission Artemis II de la NASA, qui doit aller jusqu’à la Lune. Il sera le premier Canadien à marcher sur la Lune.
Ce sont de belles occasions de brandir le drapeau.
Qu’est-ce que le Jour du drapeau? Cette journée marque le 61e anniversaire du drapeau rouge et blanc à feuille d’érable, qui est devenu notre drapeau officiel le 15 février 1965, lorsqu’il a été hissé pour la première fois sur la tour de la Paix de l’édifice du Centre.
Il est intéressant de noter que cela faisait suite à un débat politique houleux lancé par le premier ministre de l’époque, Lester B. Pearson, qui avait proposé un nouveau drapeau, ce qui avait suscité la véhémente opposition du chef du Parti progressiste-conservateur et ancien premier ministre John Diefenbaker.
Comme le drapeau revêt une grande importance pour les citoyens, le changer provoque des réactions très vives.
Ce qui est remarquable dans cette histoire, c’est qu’à l’issue du débat, Diefenbaker s’est rendu avec Pearson à Londres, au palais de Buckingham, en décembre 1964, où la reine Elizabeth a donné sa sanction royale au nouveau drapeau.
C’était une époque où les partis qui s’opposaient pouvaient tenir des débats animés, voire houleux, mais où, en fin de compte, ils acceptaient le résultat et s’y ralliaient.
[Français]Nous arborons donc le drapeau pour diverses raisons. Toutefois, en cette période où notre souveraineté est menacée, c’est notre façon de montrer notre fierté. Que nous agitions vigoureusement le drapeau ou que nous le portions simplement discrètement à la boutonnière, c’est notre façon de dire : « Je suis Canadien, je crois en ce pays, je suis fier d’être Canadien et fier d’appeler le Canada ma patrie. »
[Traduction]En tant que parlementaires, nous avons pour la plupart le grand privilège de représenter le Canada lors de conférences et de sommets internationaux. Le drapeau canadien et notre citoyenneté canadienne sont une source de grande fierté.
Peu importe qui nous rencontrons, je trouve toujours très amusant de distribuer des épinglettes arborant le drapeau canadien. Dans une foule de parlementaires de toutes sortes de pays, les gens se bousculent pour en obtenir une. Parfois, offrir une épinglette arborant le drapeau canadien à quelqu’un est une belle marque d’amitié et un excellent moyen d’engager la conversation, une conversation qui est toujours amicale et constructive.
Soit dit en passant, j’ajouterais que l’un des aspects amusants de ces conversations est que nos homologues du monde entier sont impatients de nous dire qu’ils ont de la famille au Canada. C’est aussi ce que représente notre drapeau.
Chers collègues, je vous dirais que, dans le contexte géopolitique actuel, alors que le monde devient hostile, agressif et indifférent, notre fierté envers notre drapeau est plus importante que jamais.
Notre drapeau en dit long. Nous ne sommes pas une superpuissance qui cherche à étendre son territoire. Nous ne sommes pas intéressés par des agressions inutiles envers les autres. Nous n’intervenons pas dans les affaires des autres pays dans le but de les déstabiliser, d’étendre sournoisement notre influence sur leur territoire ou de nuire à leur économie.
Nous n’envahissons pas d’autres pays. Nous sommes Canadiens, ce qui signifie que nous croyons au droit de chaque pays d’exister. Nous croyons à un multilatéralisme sain, au fait de contribuer au développement international, à la primauté du droit international, au commerce équitable et au respect, ce qui ne nous empêche pas de le dire clairement quand nous ne sommes pas d’accord ou que nous devons faire pression sur d’autres pays pour qu’ils soient justes et équitables.
Voilà ce que représente le fait de porter le drapeau canadien. C’est l’affirmation de bien des choses : de qui nous sommes, de ce que nous défendons et des raisons pour lesquelles notre amitié est importante, que ce soit avec d’autres peuples ou d’autres pays.
Cela signifie également que nous sommes un pays introspectif, que nous examinons nos points positifs et négatifs et que nous essayons constamment d’améliorer le pays pour tous les Canadiens, parfois avec succès, parfois moins.
Chers collègues, pour souligner le Jour du drapeau en 2025, grâce au Groupe de travail consultatif sur les œuvres d’art et le patrimoine du Sénat et avec l’appui de la Présidente Gagné, nous avons inauguré le mur des drapeaux provinciaux et territoriaux dans le foyer de cet édifice.
C’est la première fois que nous avons une installation permanente de drapeaux grandeur nature de toutes les provinces et de tous les territoires au Sénat du Canada, que ce soit dans l’immeuble actuel ou, autrefois, dans l’édifice du Centre. Ces drapeaux s’ajoutent aux emblèmes qui existent déjà dans cette salle et sur les portes originales du Sénat.
Ces drapeaux nous rappellent que notre travail au Sénat concerne toutes les provinces et tous les territoires. Honorables sénateurs, permettez-moi de citer certains de nos anciens premiers ministres.
Il y a 61 ans, le 15 février 1965, l’ancien premier ministre Lester B. Pearson, le visionnaire à l’origine de ce drapeau, inaugurait un grand symbole. Permettez-moi de vous rappeler ses propos :
Puisse la nation sur laquelle flotte ce nouveau drapeau demeurer unie dans la liberté et la justice; un pays aux habitants pieux et honnêtes; justes et généreux dans toutes leurs entreprises; sensibles aux besoins de tous, tolérants et compatissants; travailleurs, énergiques, résolus; sages et équitables, garantissant la sécurité et des chances égales à toutes ses cultures; forts de leur adhésion aux principes moraux qui sont le seul guide sûr vers la grandeur.
Chers collègues, il y a deux jours, lors de la cérémonie de dévoilement du portrait officiel de l’ancien premier ministre Stephen Harper sur la Colline du Parlement, un événement auquel j’ai eu l’honneur d’assister, comme beaucoup d’entre vous, M. Harper a déclaré ce qui suit :
Il faut protéger le Canada, ce pays que nous a été légué par la providence, que nos ancêtres ont protégé et dont nous sommes fiduciaires pour nos descendants. Nous devons faire tous les sacrifices nécessaires pour préserver l’indépendance et l’unité de cette terre bénie.
En terminant, permettez-moi de paraphraser un extrait d’une lettre envoyée il y a un an par les cinq anciens premiers ministres toujours en vie — Joe Clark, Kim Campbell, Jean Chrétien, Paul Martin et Stephen Harper — pour souligner le 60e anniversaire du drapeau :
Ces dernières semaines, nous avons assisté à un élan de fierté et de patriotisme canadien. Face aux menaces et insultes […], les Canadiens ont exprimé à l’unisson leur amour pour notre pays et leur détermination à défendre les valeurs du Canada et notre indépendance.
[Français]La lettre disait également ce qui suit : « En tant qu’anciens premiers ministres du Canada, nous saluons cet esprit national ».
Les anciens premiers ministres exhortaient leurs concitoyens canadiens à arborer le drapeau avec fierté « comme jamais auparavant » lors de la Journée du drapeau national du Canada. La déclaration commune disait également : « Montrons au monde que nous sommes fiers de notre histoire et fiers de notre pays ».
[Traduction]Issus tous les cinq de partis politiques différents, nous avons eu notre part de batailles dans le passé. Mais nous sommes tous d’accord sur un point : le Canada est le meilleur pays au monde; il mérite d’être célébré et qu’on se batte pour lui.
Leurs sentiments sont aussi pertinents aujourd’hui qu’ils l’étaient l’année dernière. Merci.

