La Journée internationale des femmes

Par: L'hon. Julie Miville-Dechêne

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L’honorable Julie Miville-Dechêne : Honorables sénateurs, au Québec, la Journée internationale des droits des femmes s’est déroulée sur fond de violence genrée et d’études troublantes faisant craindre des reculs.

Depuis le début de l’année, donc en deux mois, au Québec, il y a eu sept féminicides qui ont fait les manchettes. C’est plus que d’habitude. Ces femmes sont mortes assassinées : Sonia Maricela Gonzalez Vasquez, Marie-Kate Ottawa, Véronic Champagne, Susana Rocha Cruz, Mary Tukalak Iquiquq, Tadjan’ah Désir et la plus récente victime, Danielle Lascelles.

Cette dernière a été présumément tuée à Saint-Jérôme par son conjoint, qui, comme plusieurs autres, avait des antécédents de violence conjugale. Le frère de la victime a prononcé ces mots : « Il faut trouver un moyen de mieux protéger nos femmes au Québec. Elles méritent plus de respect que ça. »

Une autre histoire à glacer le sang et rappelant la série britannique à succès Adolescence s’est déroulée sur le terrain d’une école secondaire de Montréal. Dans une entrevue accordée à La Presse, l’étudiante a raconté les événements : elle était en retard à l’école et elle marchait d’un pas pressé quand elle a remarqué qu’un ancien camarade la suivait. Tout à coup, il a commencé à la poignarder près de l’œil, une fois, puis deux fois.

Elle a cru qu’elle allait mourir. L’adolescente ne répétait qu’une chose à son assaillant : « Je suis désolée. » Elle l’avait tout de suite reconnu. Ce garçon, elle l’avait rejeté à plusieurs reprises. La jeune fille s’en est tirée, et elle a accepté de dévoiler son histoire pour dénoncer la violence envers les filles.

Incident isolé ou symptôme d’un climat qui se dégrade dans les écoles? Le professeur Francis Dupuis-Déri, de l’Université du Québec à Montréal, a interrogé 110 personnes dans 200 écoles publiques de huit régions du Québec. La grande majorité des enseignants qui ont témoigné jugent que les problèmes de misogynie, d’homophobie et de transphobie sont plus fréquents qu’avant, et que c’est avant tout le fait des garçons. Il s’agit d’une minorité de garçons, soit, mais ces garçons lancent des insultes aux filles.

Voici un exemple : « Toi, ta place, c’est dans la cuisine. » On traite les jeunes filles de salopes, de putes. Des garçons affirment que les filles ne devraient pas aspirer à certains métiers masculins, mais qu’elles devraient plutôt rester à la maison et s’occuper des enfants et de leur mari. Des garçons banalisent aussi la violence sexuelle.

Des enseignantes qui se disent féministes se font accuser d’être contre les hommes et se font dire qu’elles ne servent à rien dans la société. Il s’agit d’une étude qualitative, donc il est impossible de savoir à quel point ce discours misogyne est répandu, mais les données montrent que les filles expriment peu d’intolérance ouvertement.

Ne nous fermons pas les yeux sur ces indices inquiétants. Les réseaux sociaux et les influenceurs y contribuent, et il faut trouver les moyens d’avoir un climat sain et inclusif dans nos écoles. Merci.

Des voix : Bravo!

 

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