L’honorable Tracy Muggli : Honorables sénateurs, je prends aujourd’hui la parole pour faire une chose que j’aurais aimé avoir le temps et l’initiative de faire en personne, soit rendre hommage à la grandeur de l’honorable Todd Lewis.
Bon nombre d’entre nous commençaient tout juste à découvrir l’incroyable somme de ses connaissances, son sens de l’humour typiquement saskatchewanais — c’est le terme — et l’immensité de sa générosité.
Pour être honnête, le sénateur Lewis me faisait penser à ce qu’était mon père il y a environ 30 ou 40 ans, à l’époque où nous vivions à la ferme. Il dégageait cette même présence discrète qui témoignait d’un profond respect pour son métier, d’un respect pour la puissance de la terre et de ce qu’elle peut offrir quand on en prend bien soin et d’un profond respect pour sa collectivité.
De toute évidence, Todd savait, comme tous ceux qui vivent dans les petites villes de la Saskatchewan, que chacun doit apporter sa pierre à l’édifice pour que les petites communautés puissent prospérer, voire simplement exister. Il me donnait tout bonnement l’impression que je pouvais rester moi-même, une petite fille de la campagne de la Saskatchewan, et c’est sans doute pour cela que tant de nos conversations n’étaient en réalité que des moments de plaisanterie. D’ailleurs, hier, lors de la cérémonie de prestation de serment des nouveaux sénateurs, je me suis souvenue que j’avais essayé de le convaincre qu’il existait de nombreux protocoles dont on ne l’avait pas informé. Il n’avait pas bronché.
Dès le début de son mandat, j’ai pu constater l’étendue de ses connaissances et, en tant que représentante de la Saskatchewan au Comité de l’agriculture et des forêts, je savais que j’en viendrais à compter sur sa connaissance approfondie de la Saskatchewan et son expertise. Il m’est arrivé si souvent de lui taper sur l’épaule, de l’aborder dans le couloir et de monopoliser son temps autour d’une bière après la séance au D’Arcy McGee’s, qui, soit dit en passant, était notre principal lieu de recrutement lorsque le sénateur Klyne, d’autres membres du Groupe progressiste du Sénat et moi-même tentions de le convaincre de se joindre à nous.
Bien sûr, nous lui avons fait toutes sortes de promesses extravagantes, alors que nous savions très bien que nous n’étions même pas en mesure de les faire, le tout pour plaisanter, mais nous avons toujours su que le sénateur Lewis était exactement là où il devait être. Tout cela se faisait toujours dans la bonne humeur, parfois simplement pour le faire réagir, mais aussi parce que nous aimions sincèrement passer du temps avec lui.
Honnêtement, je cherchais simplement à profiter davantage de ses connaissances et de nos conversations sur des sujets autres que le travail. Ayant moi-même grandi dans une ferme en Saskatchewan, je crois que mes échanges avec lui me permettaient de renouer avec mon enfance campagnarde tout en actualisant mes connaissances.
J’ai un véritable regret : j’aurais vraiment aimé me rendre à sa ferme pour qu’il puisse me montrer à quel point sa couche arable était profonde. La question demeure entière, mais je suis reconnaissante d’avoir eu la chance de constater toute la profondeur de sa bonté.
Puissions-nous perpétuer son héritage en continuant d’adopter de bonnes politiques agricoles, et puisse-t-il, de là-haut, nous guider et être fier de nous. Qu’il repose en paix. Puissent son épouse, Terry, sa fille, Kim, ses frères, Rod et John, ainsi que ses nombreux parents et amis trouver du réconfort dans les souvenirs des moments partagés avec lui. Merci.

