Les distinctions militaires

Par: L’hon. Marty Klyne

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National War Memorial, Ottawa

L’honorable Marty Klyne : Honorables sénateurs, depuis des générations, les Canadiens qui portent l’uniforme servent ce pays avec un courage extraordinaire, au péril de leur vie, pour protéger notre liberté et notre démocratie. Il est essentiel que notre pays rende dûment hommage aux actes de bravoure dont font preuve les soldats quand ils servent leur pays et se sacrifient pour lui. Que penser d’un pays qui ne le fait pas?

En 1993, le Canada a créé sa plus haute distinction, la Croix de Victoria, destinée à récompenser les actes de bravoure les plus remarquables. Cependant, le Canada n’a encore jamais décerné cette distinction.

Parmi les cas exceptionnels de bravoure observés pendant la guerre en Afghanistan, il y a celui du soldat Jess Larochelle, originaire de l’Ontario. Le soldat Larochelle, dont les camarades avaient été tués ou blessés et qui était lui-même grièvement blessé, a défendu seul son poste contre un groupe de 20 à 40 assaillants talibans, sauvant ainsi la vie de ses frères d’armes.

Il y a aussi le cas de l’adjudant-maître William MacDonald, de la Saskatchewan, héros de la bataille de l’école blanche. Les Canadiens étaient en nette infériorité numérique, mais l’adjudant-maître MacDonald a traversé un terrain découvert et a bravé à plusieurs reprises de violentes rafales de projectiles pour secourir ses camarades blessés.

Ces exemples, parmi d’autres, nous amènent à nous demander : « Qu’est-ce qu’un soldat pourrait faire de plus pour son pays? » Voilà pourquoi, comme beaucoup d’autres, je demande au gouvernement de mettre en place une commission indépendante chargée d’examiner les distinctions militaires.

Je crains également que par le passé, lors de conflits antérieurs, on ait possiblement omis d’attribuer la Croix de Victoria parce que les faits qui auraient pu justifier cet honneur n’ont pas été pris en considération en raison d’une quelconque forme de discrimination.

C’est ce qui s’est passé aux États-Unis, où le président Obama a agi en décernant la médaille d’honneur à 19 personnes dans cette situation en 2014.

Au Canada, l’intérêt pour un examen indépendant grandit. Parmi ses partisans, mentionnons l’ancien chef d’état-major de la défense, le général à la retraite Rick Hillier, le lieutenant-général à la retraite et ancien sénateur Roméo Dallaire, le major-général à la retraite Lewis MacKenzie, le lieutenant-colonel à la retraite Ed Staniowski, l’honorable Erin O’Toole, plus d’une centaine d’associations militaires, de nombreuses villes et plusieurs commandants de brigade canadiens qui ont dirigé des groupes de combat en Afghanistan.

En décembre dernier, l’Assemblée législative de la Saskatchewan a adopté à l’unanimité une motion en faveur de cette initiative. Le gouvernement de l’Ontario l’appuie également.

Une pétition à la Chambre des communes compte plus de 16 000 signatures. Elle est marrainée par la députée Pauline Rochefort et elle a été lancée par des anciens combattants, notamment l’organisme à but non lucratif Valour in the Presence of the Enemy, qui a été fondé par le caporal à la retraite Bruce Moncur. En mars dernier, le Sénat a adopté ma motion en faveur d’un examen indépendant.

Honorables sénateurs, faisons en sorte que nos héros en uniforme soient reconnus comme il se doit pour leur bravoure remarquable, et célébrons ceux qui incarnent ce que le Canada a de mieux à offrir.

Merci. Hiy kitatamihin.

Des voix : Bravo!

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