L’honorable Judy A. White : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour dire quelques mots sur un ton positif, à propos de la relation de longue date entre le Canada et Cuba.
En ce moment, Cuba est aux prises avec de graves pénuries de nourriture, de carburant, de médicaments et d’électricité. Les hôpitaux peinent à maintenir les services essentiels. Les familles doivent apprendre à survivre pendant les nombreuses pannes de courant prolongées. Les biens essentiels sont rationnés. Les services d’assainissement des eaux et les infrastructures publiques de base sont gravement perturbés.
L’accès limité aux biens de première nécessité exacerbe la pression sur les habitants. Ces difficultés croissantes causent des souffrances inimaginables aux aînés, aux enfants et aux personnes atteintes de maladies chroniques.
Les facteurs qui alimentent cette crise sont complexes et comprennent entre autres les vulnérabilités économiques structurelles, les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et l’accès restreint au financement international. Après des dizaines d’années d’embargo imposé par les États-Unis, la plus récente mesure, qui vise à interdire la livraison de pétrole à Cuba, a aggravé la situation.
Les Nations unies ont lancé un avertissement : si les besoins de base en carburant ne sont pas comblés, une crise humanitaire risque d’éclater à Cuba, et des millions de Cubains en souffriront. Francisco Pichon, le plus haut représentant des Nations unies à Cuba, constate un mélange de résilience, de peine et d’indignation au sein de la population ainsi qu’une certaine inquiétude au sujet des projets de développement dans la région.
Le Canada entretient des relations diplomatiques continues avec Cuba depuis 1945. Depuis 80 ans, la relation entre les deux pays est fondée sur le dialogue, le respect mutuel et la coopération, même en période de changements et d’incertitude à l’échelle mondiale. Le Canada est l’un des partenaires commerciaux de longue date de Cuba. Il contribue au secteur touristique de ce pays et y fait des investissements. Près de 1 million de Canadiens se rendent à Cuba chaque année, et nos pays entretiennent des liens commerciaux et culturels étroits.
En cette période de difficultés extraordinaires, le Canada doit se montrer solidaire du peuple cubain. Le moment est venu de travailler avec nos partenaires multilatéraux comme les Nations unies et le Programme alimentaire mondial pour veiller à ce que l’aide parvienne aux populations vulnérables et à ce que les services essentiels regagnent en stabilité. Ce n’est pas le moment de choisir un camp dans un débat idéologique. Il faut plutôt prendre le parti de l’humanité. Au fond, il s’agit d’êtres humains et de familles qui cherchent à retrouver de la stabilité, à répondre à leurs besoins fondamentaux et à saisir l’occasion de progresser avec dignité.
Le rôle du Canada doit demeurer enraciné dans les principes humanitaires, les échanges constructifs, le dialogue ouvert et la recherche de solutions pratiques.
Je vous remercie, votre Excellence, d’être parmi nous. Wela’lin. Merci.
Des voix : Bravo!

