Période des questions : Le Programme des travailleurs étrangers temporaires

Par: L'hon. Julie Miville-Dechêne

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L’honorable Julie Miville-Dechêne : Sénateur Moreau, je reviens à la charge au sujet de la crise que nous vivons au Québec en raison des restrictions au Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Le milieu des affaires québécois demande unanimement au gouvernement Carney une clause de droits acquis, connue également sous le nom de « clause grand-père », afin de garder ces travailleurs étrangers et de faire en sorte que leur permis de travail soit renouvelé.

Allez-vous accepter cette demande, ou à tout le moins l’étudier?

L’honorable Pierre Moreau (représentant du gouvernement au Sénat) : Vous étiez présente ce matin à un petit-déjeuner avec la ministre de la Sécurité publique, qui a affirmé que le gouvernement est bien conscient que l’immigration est un enjeu important, notamment pour les communautés rurales au Canada, et que l’avenir du Canada passe par l’immigration.

Il y a une réelle volonté de la part du gouvernement de reconnaître l’importance de l’immigration au Canada. Quant à la situation des travailleurs temporaires, qui est reconnue notamment dans le monde agricole, c’est une situation qui est tout à fait particulière, étant donné que le gouvernement fédéral doit créer un équilibre entre la remise en question des relations avec les États‑Unis et le fait de garantir des emplois au Canada.

Dans cette situation, le gouvernement est conscient qu’il doit tout de même porter une attention particulière à la question des travailleurs temporaires, parce que l’industrie et divers secteurs de l’économie le demandent. Cependant, le Québec doit lui aussi agir dans ce domaine; vous savez que des discussions doivent se tenir entre le gouvernement fédéral et notamment les gouvernements des provinces atlantiques.

La sénatrice Miville-Dechêne : Comme vous le savez, cette situation n’existe pas seulement dans le monde agricole, mais aussi dans des entreprises manufacturières à l’extérieur de Montréal, où l’on a vraiment peur de perdre de la main-d’œuvre.

Cette demande semble raisonnable, puisque le succès des entreprises dépend de leur accès à la main-d’œuvre. Votre limite de 10 % de travailleurs étrangers à bas salaire est-elle justifiée dans le contexte d’une pénurie de main-d’œuvre en région?

Le sénateur Moreau : Cette limite est justifiée dans la mesure où le gouvernement a renforcé les règles pour s’assurer que les programmes qui touchent les travailleurs étrangers répondent aux demandes des secteurs agricole et manufacturier et que la priorité est accordée aux talents locaux — aux Canadiens, finalement.

Cette situation est toujours en évolution, et nous en sommes tout à fait conscients. Des discussions se poursuivent entre le gouvernement fédéral et les provinces, notamment le Québec. Je ne peux pas vous dire quelle en sera la conclusion à l’heure actuelle, mais je souligne que c’est une situation — [temps est écoulé]

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