{"id":3127,"date":"2021-06-09T09:15:37","date_gmt":"2021-06-09T13:15:37","guid":{"rendered":"https:\/\/theprogressives.ca\/?p=3127"},"modified":"2021-06-11T09:19:15","modified_gmt":"2021-06-11T13:19:15","slug":"lhonorable-jim-munson-remerciements","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/au-senat\/declarations\/lhonorable-jim-munson-remerciements\/","title":{"rendered":"L&rsquo;honorable Jim Munson\u2014Remerciements"},"content":{"rendered":"<p><b>L\u2019honorable Jim Munson :\u00a0<\/b>Votre Honneur, je sais qu\u2019il est interdit d\u2019utiliser des accessoires au S\u00e9nat, mais je vais bien dormir ce soir. S\u00e9nateur Cotter et tout le monde, voici le coussin dont le s\u00e9nateur Cotter a parl\u00e9 plus t\u00f4t. La d\u00e9claration que vous avez faite au nom de votre fille \u00e9tait touchante. Nous allons tous bien dormir ce soir avec ces coussins.<\/p>\n<p>Soit dit en passant, il est \u00e9galement formidable de recevoir des hommages quand on est vivant. Le simple fait de les entendre est incroyable. Je suis profond\u00e9ment touch\u00e9. J\u2019aime toujours dire que l\u2019on peut bien chercher \u00e0 s\u2019assagir en vieillissant, mais qu\u2019il faut toujours regarder le monde avec des yeux d\u2019enfant.<\/p>\n<p>Le 2\u00a0f\u00e9vrier\u00a02004, la s\u00e9natrice Landon Pearson, comme le veut la tradition\u00a0\u2014 et vous savez ce que c\u2019est\u00a0\u2014 m\u2019a pris par le bras, m\u2019a men\u00e9 dans l\u2019enceinte du S\u00e9nat et m\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 comme le nouveau s\u00e9nateur. \u00c0 partir de ce moment, la s\u00e9natrice Pearson m\u2019a guid\u00e9 et a fait des droits des enfants le fil d\u2019Ariane de mon travail au S\u00e9nat. Je reviendrai sur la s\u00e9natrice Pearson un peu plus tard.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, je m\u2019adresse \u00e0 vous en tant qu\u2019enfant qui est devenu s\u00e9nateur \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. J\u2019esp\u00e8re raconter une histoire qui illustre mon propre parcours, celle des personnes qui m\u2019ont aid\u00e9 en cours de route et de leur influence sur moi.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, vous faites partie\u00a0int\u00e9grante de cette histoire, car c\u2019est ici, au S\u00e9nat du Canada, que j\u2019ai d\u00e9couvert des penseurs et des chefs de file inspir\u00e9s, forg\u00e9 de nouvelles amiti\u00e9s, trouv\u00e9 des mentors et acquis une passion pour l\u2019altruisme. C\u2019est ici, au S\u00e9nat, que j\u2019ai compris le sens r\u00e9el du service \u00e0 la population, o\u00f9 j\u2019ai eu le privil\u00e8ge de faire partie\u00a0d\u2019une institution vou\u00e9e \u00e0 b\u00e2tir un Canada meilleur, ce \u00e0 quoi chacun de vous contribue en mettant \u00e0 profit votre v\u00e9cu. Je le crois profond\u00e9ment et sinc\u00e8rement.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, ce que nous faisons ici a de l\u2019importance, car nous consacrons notre temps \u00e0 am\u00e9liorer les projets de loi, \u00e0 \u00e9tudier et \u00e0 analyser les enjeux de l\u2019heure en comit\u00e9 dans une optique collective \u00e9clair\u00e9e par les conseils et l\u2019exp\u00e9rience d\u2019experts. Notre travail a de l\u2019importance parce que nous travaillons en collaboration et avons le temps de le faire.<\/p>\n<p>J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 un homme press\u00e9. Or, le S\u00e9nat m\u2019a appris que, ici, on peut en fait s\u2019arr\u00eater, apprendre \u00e0 r\u00e9ellement \u00e9couter les autres et saisir l\u2019essentiel d\u2019une question avant de s\u2019y engager \u00e0 fond.<\/p>\n<p>Comme vous tous, j\u2019ai n\u00e9anmoins eu une vie avant le S\u00e9nat. Je suis arriv\u00e9 au S\u00e9nat avec un bagage d\u2019exp\u00e9riences dont j\u2019avais tir\u00e9 des le\u00e7ons. En tant que correspondant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour le r\u00e9seau d\u2019actualit\u00e9s national de la CTV, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin des pires aspects de l\u2019humanit\u00e9 et des meilleurs aspects de l\u2019humanit\u00e9. J\u2019ai vu de l\u2019amour et j\u2019ai vu de la haine. C\u2019est le meilleur de l\u2019humanit\u00e9 qui m\u2019inspire et c\u2019est parfois le pire de l\u2019humanit\u00e9 qui me fait passer \u00e0 l\u2019action.<\/p>\n<p>Durant mon enfance dans le nord du Nouveau-Brunswick, dans les ann\u00e9es 1950, j\u2019ai nourri mon imagination et ma curiosit\u00e9. Je me demandais comment \u00e9tait le monde au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de ma ville natale, Campbellton. J\u2019\u00e9tais aventureux et espi\u00e8gle. J\u2019adorais le hockey et j\u2019\u00e9tais un fier rat de patinoire. La radio et les journaux \u00e9taient pour moi des sources de connaissances et de r\u00eaves. Nous n\u2019avions pas de t\u00e9l\u00e9vision. En fait, il y avait tr\u00e8s peu de t\u00e9l\u00e9visions dans ma ville. Nous avions toutefois des enseignants qui donnaient vie au monde en dehors de ma petite ville et qui savaient satisfaire la curiosit\u00e9 d\u2019un jeune enfant au sujet du Canada et du monde entier.<\/p>\n<p>En septi\u00e8me ann\u00e9e, une enseignante suppl\u00e9ante a pass\u00e9 une ann\u00e9e enti\u00e8re \u00e0 nous enseigner la Chine, o\u00f9 elle avait v\u00e9cu pendant un an. J\u2019\u00e9tais loin de me douter que, 30\u00a0ans plus tard, je vivrais \u00e0 P\u00e9kin et que je d\u00e9couvrirais tous les coins d\u2019un pays qui avait captiv\u00e9 mon imagination \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 12\u00a0ans.<\/p>\n<p>Mon autre fa\u00e7on de d\u00e9couvrir le monde se trouvait devant chez moi, sur la plateforme de la gare ferroviaire de Campbellton, o\u00f9 arrivait le train de l\u2019apr\u00e8s-midi. J\u2019ai vraiment l\u2019impression que je vais avoir 75\u00a0ans maintenant. Alors que je regardais \u00e0 travers la vapeur s\u2019exhalant de la locomotive, je pouvais voir une pile de journaux\u00a0\u2014 ma pile. Avant de livrer les journaux \u00e0 mes clients, je d\u00e9vorais chaque mot du\u00a0<i>Telegraph-Journal\u00a0<\/i>de Saint John. Mes clients \u00e9taient peut-\u00eatre parfois agac\u00e9s de recevoir leur journal tardivement, mais je satisfaisais ma curiosit\u00e9 de notre grand monde pour la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, une gare ferroviaire \u00e9tait le point d\u2019entr\u00e9e et de sortie du monde. Il permettait d\u2019en prendre conscience. \u00c0 un moment donn\u00e9, il \u00e9tait question de politique. Imaginez un gar\u00e7on de 12\u00a0ans emmitoufl\u00e9 dans des v\u00eatements d\u2019hiver en 1958, lors d\u2019une ann\u00e9e \u00e9lectorale, qui accompagne son p\u00e8re \u00e0 la gare pour attendre l\u2019arriv\u00e9e du train de campagne. Imaginez la sc\u00e8ne\u00a0: la locomotive \u00e0 vapeur et les banderoles politiques aux couleurs du parti qui recouvrent le dernier wagon. Qui est sorti du train? John Diefenbaker. J\u2019ai essay\u00e9 de lui serrer la main. J\u2019ai vraiment essay\u00e9 de lui serrer la main apr\u00e8s son discours. Il ne m\u2019a pas remarqu\u00e9 et ne m\u2019a pas serr\u00e9 la main, peut-\u00eatre \u00e0 cause de ma taille, qui a fait l\u2019objet de nombreux commentaires. Mon p\u00e8re a tent\u00e9 de me consoler. Toutefois, quelques jours plus tard\u00a0\u2014 et je regrette d\u2019avoir \u00e0 le dire, s\u00e9nateur Plett\u00a0\u2014, un sc\u00e9nario semblable s\u2019est reproduit avec Lester Pearson. Apr\u00e8s son discours \u00e9lectoral, je lui ai pr\u00e9sent\u00e9 ma main. Cette fois-ci, le politicien l\u2019a serr\u00e9e. On m\u2019a dit que je suis un lib\u00e9ral depuis ce temps.<\/p>\n<p><b>Des voix :\u00a0<\/b>Oh, oh!<\/p>\n<p><b>Le s\u00e9nateur Munson :\u00a0<\/b>La politique est entr\u00e9e dans ma vie et elle a \u00e9t\u00e9 un nouveau moyen de captiver ma curiosit\u00e9 et mon imagination. J\u2019avais maintenant 19\u00a0ans et, comme on l\u2019a dit, j\u2019\u00e9tais annonceur de radio \u00e0 la station classique de 250 watts de Yarmouth, en Nouvelle-\u00c9cosse. Une fois de plus, John Diefenbaker a jou\u00e9 un r\u00f4le dans la r\u00e9alisation de mon r\u00eave de travailler un jour sur la Colline du Parlement \u00e0 titre de reporter national. Il y avait une \u00e9lection partielle. C\u2019\u00e9tait en 1965 et Diefenbaker \u00e9tait en ville pour aider le candidat local\u00a0\u2014 je n\u2019ai jamais oubli\u00e9 son nom\u00a0\u2014 John O. Bower. Il a gagn\u00e9. L\u00e0, devant la station de radio, se trouvaient les journalistes dans leur imperm\u00e9able, fumant leurs cigarettes et attendant l\u2019arriv\u00e9e du chef. Je me suis dit\u00a0: \u00ab Peut-\u00eatre que si je fais une bonne entrevue, quelqu\u2019un le remarquera et m\u2019offrira un emploi sur la Colline du Parlement? \u00bb<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est produit, du moins, pas ce jour-l\u00e0, ni \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 mon entrevue en souhaitant la bienvenue \u00e0 Yarmouth \u00e0 M.\u00a0Diefenbaker. J\u2019ai termin\u00e9 l\u2019entrevue en le remerciant. En l\u2019espace de 30 minutes, je ne lui avais pos\u00e9 aucune question. Avais-je eu le trac? Pensez-en ce que vous voulez, mais ce fut la meilleure entrevue de toute ma carri\u00e8re. Mes auditeurs ont bien ri, et j\u2019ai eu une le\u00e7on d\u2019humilit\u00e9.<\/p>\n<p>En passant, mon vocabulaire et ma compr\u00e9hension de la politique et de l\u2019\u00e9conomie n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Je me pr\u00e9occupais plus d\u2019\u00e9conomiser suffisamment sur ma paie hebdomadaire de 36 $ pour pouvoir m\u2019acheter quelques bi\u00e8res le vendredi soir.<\/p>\n<p>Un jour, en lisant le bulletin de nouvelles du midi, je me suis but\u00e9 \u00e0 un mot que je n\u2019avais jamais vu auparavant. Rappelez-vous, nous \u00e9tions en 1965. J\u2019ai dit\u00a0: \u00ab Le premier ministre Lester B. Pearson a d\u00e9clar\u00e9 aujourd\u2019hui que les Canadiens pourraient devoir se serrer la ceinture parce que nous allons probablement tous souffrir d\u2019une grave in-fa-la-tion. \u00bb Je n\u2019ai pas dit \u00ab inflation \u00bb, mais \u00ab infalation \u00bb. Je pensais qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un trouble de la digestion. Je n\u2019avais aucune id\u00e9e de ce que je lisais et ce n\u2019est pas la derni\u00e8re fois o\u00f9 cela m\u2019est arriv\u00e9 dans la vie. Ce jour-l\u00e0, les auditeurs ont bien rigol\u00e9 et j\u2019ai eu une autre le\u00e7on d\u2019humilit\u00e9.<\/p>\n<p>Pendant ces ann\u00e9es de radio, j\u2019ai d\u00e9couvert des mentors et des copains fantastiques. J\u2019ai d\u00e9couvert des communaut\u00e9s accueillantes et des gestes de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. J\u2019ai vu des gestes d\u2019amour et j\u2019ai rencontr\u00e9 l\u2019amour de ma vie, Ginette.<\/p>\n<p>Ce long chemin a aussi \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par la mort d\u2019un enfant et la naissance de deux autres fils. La vie semblait vraiment cruelle dans les ann\u00e9es 1960, lorsque Timothy James Alexander Munson est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de neuf mois. Comme on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 dit, il \u00e9tait atteint du syndrome de Down et souffrait d\u2019une pneumonie. Sa courte vie m\u2019a inspir\u00e9 et a guid\u00e9 tout ce que j\u2019ai fait pour d\u00e9fendre les droits des enfants, des enfants handicap\u00e9s, de ceux qui vivent dans le monde unique et sp\u00e9cial de l\u2019autisme et, bien s\u00fbr, de ceux qui s\u2019\u00e9panouissent dans l\u2019organisation qui a \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur de toute ma vie au S\u00e9nat, les Jeux olympiques sp\u00e9ciaux.<\/p>\n<p>Pendant 17\u00a0ans, j\u2019ai souvent c\u00f4toy\u00e9 les athl\u00e8tes des Jeux olympiques sp\u00e9ciaux. Peu importe si nous \u00e9tions pr\u00e8s de Navan, en Ontario, ou \u00e0 Nagano, au Japon, chaque fois qu\u2019un athl\u00e8te me serrait dans ses bras, c\u2019\u00e9tait un moment rempli d\u2019amour, rempli de la joie du moment pr\u00e9sent et de la devise des Jeux olympiques sp\u00e9ciaux\u00a0: \u00ab Donnez-moi l\u2019occasion de gagner. Mais si je n\u2019y arrive pas, donnez-moi la chance de concourir avec courage \u00bb.<\/p>\n<p>Dans le monde inclusif des Jeux olympiques sp\u00e9ciaux, c\u2019est ce qu\u2019on appelle \u00eatre un vrai gagnant.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, je sais que chacun d\u2019entre vous a une histoire \u00e0 raconter. Vos exp\u00e9riences de vie continuent de guider mon propre parcours et mon engagement envers les personnes qui vivent avec l\u2019autisme. Vous, s\u00e9natrice Wanda Bernard, ainsi que votre petit-fils; vous, s\u00e9nateur Peter Boehm, ainsi que votre fils; vous, s\u00e9nateur Cotter, ainsi que votre fille; et vous, s\u00e9nateur Leo Housakos, qui travaillez aupr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole \u00c0 pas de g\u00e9ant, \u00e0 Montr\u00e9al, vous \u00eates tous mes guides. Je pense \u00e0 tous ceux d\u2019entre vous qui ont un proche ou un voisin qui vit avec l\u2019autisme. Je pense aux gestes qui sont pos\u00e9s au quotidien pour aider ces personnes.<\/p>\n<p>Ces efforts m\u2019ont permis de cr\u00e9er des liens avec vous et avec presque tous les organismes du pays qui viennent en aide aux personnes qui vivent avec l\u2019autisme, en particulier l\u2019Alliance canadienne des troubles du spectre autistique, ainsi que l\u2019organisme QuickStart Autism, qui se trouve ici m\u00eame, \u00e0 Ottawa. Merci. Chaque ann\u00e9e, nous avons pris la Colline d\u2019assaut pour livrer notre message, et je pense que les politiciens nous ont enfin \u00e9cout\u00e9s.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 notre volont\u00e9 collective, nous sommes sur le point de mettre en \u0153uvre une strat\u00e9gie nationale pour l\u2019autisme. Cette initiative est maintenant entre les mains du gouvernement. Par ailleurs, le rapport\u00a0<i>Payer maintenant ou payer plus tard\u00a0: Les familles d\u2019enfants autistes en crise<\/i>, auquel j\u2019ai collabor\u00e9 avec fiert\u00e9, a aliment\u00e9 la discussion et a servi de mod\u00e8le pour les personnes qui vivent avec l\u2019autisme. Il a jet\u00e9 des bases sur lesquelles nous pouvons prendre appui.<\/p>\n<p>Les droits de la personne et l\u2019inclusion dans notre soci\u00e9t\u00e9 sont des id\u00e9es puissantes porteuses de changement, de transformation et d\u2019action. C\u2019est pourquoi je suis fier de mon projet de loi d\u2019initiative parlementaire, qui est devenu une loi il y a quelques ann\u00e9es. La reconnaissance de la Journ\u00e9e mondiale de sensibilisation \u00e0 l\u2019autisme, soulign\u00e9e le 2 avril, a non seulement fait conna\u00eetre le milieu de l\u2019autisme, mais je crois qu\u2019elle a contribu\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un milieu accueillant pour ceux qui sont atteints d\u2019autisme.<\/p>\n<p>\u00c0 vous, amis de l\u2019Alliance canadienne des troubles du spectre autistique, aux autres organisations sur l\u2019autisme, ainsi qu\u2019aux d\u00e9fenseurs de l\u2019autisme et des familles, vous avez \u00e9t\u00e9 le moteur de la vision, de la connaissance, de l\u2019expertise et de la sagesse qui nous ont permis d\u2019arriver ensemble \u00e0 ces r\u00e9alisations. Je vous remercie humblement.<\/p>\n<p>L\u2019inclusion m\u00e8ne \u00e0 des vies productives pour tous les Canadiens. Nous ne devons jamais oublier que 6,2 millions de Canadiens vivent avec au moins un handicap. Cela repr\u00e9sente 22\u00a0% de notre population; un Canadien sur cinq vit avec un handicap.<\/p>\n<p>Je crois qu\u2019un des \u00e9pisodes dont je suis le plus fier au S\u00e9nat du Canada, c\u2019est d\u2019avoir contribu\u00e9 \u00e0 piloter la Loi canadienne sur l\u2019accessibilit\u00e9 au S\u00e9nat, afin d\u2019en faire une loi. Souvenez-vous, s\u00e9nateurs, que nous y avons apport\u00e9 des amendements pour transformer un bon projet de loi en une loi encore meilleure.<\/p>\n<p>Bien entendu, il reste encore beaucoup \u00e0 faire. Toutefois, comme je l\u2019ai dit au d\u00e9but de mon discours, vous disposez des connaissances, de la sagesse, de l\u2019exp\u00e9rience et du temps n\u00e9cessaires pour rendre le pays plus inclusif, et pour en faire un pays o\u00f9 les personnes qui vivent avec une diff\u00e9rence sont en mesure de participer pleinement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Pendant ma carri\u00e8re de journaliste, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin du bon comme du mauvais et j\u2019en ai fait des reportages. La plupart du temps, mon travail me remplissait d\u2019\u00e9nergie. Parfois, j\u2019avais peur. Le plus souvent, j\u2019\u00e9tais conscient que je voyais l\u2019histoire s\u2019\u00e9crire. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 stup\u00e9fi\u00e9 par l\u2019instinct de survie et la force de l\u2019\u00eatre humain. Je pense \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s \u00e0 Belfast, \u00e0 Beyrouth et \u00e0 P\u00e9kin, \u00e0 l\u2019assassinat du ministre du Qu\u00e9bec Pierre Laporte pendant la crise du FLQ, \u00e0 l\u2019assassinat d\u2019Indira Gandhi, \u00e0 la premi\u00e8re guerre du Golfe, \u00e0 la guerre entre l\u2019Iran et l\u2019Irak, et \u00e0 la couverture de nombreuses campagnes \u00e9lectorales brutales. J\u2019ai eu le privil\u00e8ge d\u2019avoir cette fen\u00eatre sur le monde.<\/p>\n<p>Les questions qui me venaient \u00e0 l\u2019esprit portaient toujours sur les gens\u00a0: quelles sont les r\u00e9percussions de ces \u00e9v\u00e9nements sur la vie des gens ordinaires? Je me posais cette question tous les jours alors que je pr\u00e9parais un reportage. Pendant ces 35 ann\u00e9es, o\u00f9 j\u2019ai c\u00f4toy\u00e9 de v\u00e9ritables professionnels \u00e0 la radio et \u00e0 CTV, j\u2019ai appris \u00e0 travailler fort et j\u2019ai d\u00e9velopp\u00e9 les comp\u00e9tences essentielles d\u2019un journaliste.<\/p>\n<p>Je tiens \u00e0 saluer un vieil ami, Sidney Margles, de Montr\u00e9al. Apr\u00e8s nos d\u00e9buts \u00e0 la radio \u00e0 Montr\u00e9al, nous avons travaill\u00e9 ensemble \u00e0 Standard Broadcast News, \u00e0 Ottawa. Il m\u2019a montr\u00e9 les premi\u00e8res \u00e9tapes \u00e0 franchir\u00a0: devenir un peu plus dur, devenir un peu plus percutant et respecter l\u2019heure de tomb\u00e9e. On ne peut pas d\u00e9passer l\u2019heure de tomb\u00e9e. Les bulletins de nouvelles ne sont pas diffus\u00e9s \u00e0 23\u00a0h\u00a05, mais bien \u00e0 23 heures pr\u00e9cises.<\/p>\n<p>Parmi les professionnels de l\u2019information qui m\u2019ont profond\u00e9ment influenc\u00e9, je tiens \u00e0 saluer Tim Kotcheff, Lloyd Robertson, Craig Oliver et tant d\u2019autres. Et vous, Pamela, ainsi que le s\u00e9nateur Duffy. Il est si important de rendre hommage aux autres. Merci pour le travail que vous avez accompli dans le monde du journalisme.<\/p>\n<p>Vous savez qui vous \u00eates. Je ne peux pas nommer tout le monde. Je voudrais remercier les producteurs et les \u00e9quipes qui travaillent dur dans les bureaux et les principales salles de r\u00e9daction de Toronto. Je tiens particuli\u00e8rement \u00e0 remercier John Konig, Fran\u00e7ois Bisson et Mike Nolan, le producteur et les cameramen qui ont \u00e9t\u00e9 mes yeux, sur la route. Vous m\u2019avez aid\u00e9 \u00e0 \u00e9crire les histoires et \u00e0 les montrer. Vous m\u2019avez fa\u00e7onn\u00e9.<\/p>\n<p>Il y a une personne sp\u00e9ciale dans ma vie et c\u2019est Roger Smith, mon ancien coll\u00e8gue du r\u00e9seau CTV. Merci, Roger, d\u2019avoir toujours \u00e9t\u00e9 de mon c\u00f4t\u00e9, dans la vie et sur la patinoire.<\/p>\n<p>Pendant les cinq ann\u00e9es o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu et travaill\u00e9 en Chine, notre famille n\u2019aurait pas pu survivre sans les conseils et le soutien de notre interpr\u00e8te sur place, Zhao Feng Yu, aujourd\u2019hui Frank Zhao. Aujourd\u2019hui, il est canadien et les choses vont plut\u00f4t bien pour lui. J\u2019appr\u00e9cie vraiment M.\u00a0Zhao. Lorsque je suis arriv\u00e9, avec Ginette, \u00e0 l\u2019a\u00e9roport, en Chine\u00a0\u2014 d\u2019autres reporters s\u2019\u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s en m\u00eame temps\u00a0: Dennis Macintosh, Tom Clark, Roger et d\u2019autres\u00a0\u2014 il m\u2019a dit, apr\u00e8s m\u2019avoir regard\u00e9 et que je lui ai rendu son regard\u00a0: \u00ab Enfin, un journaliste \u00e0 qui je peux parler face \u00e0 face. \u00bb Il voulait dire que nous \u00e9tions de la m\u00eame taille. Il \u00e9tait tellement heureux de me rencontrer.<\/p>\n<p>En parlant de Canadiens et des personnes merveilleuses avec qui j\u2019entretiens une amiti\u00e9 profonde et \u00e9ternelle, j\u2019aimerais saluer Don Connolly, Kevin Ryan, Ron MacIsaac, Steven Boyd et Robert McKelvie, qui nous manquera toujours. Je salue ces amis de la Nouvelle-\u00c9cosse et des Maritimes, des amis qui m\u2019ont appuy\u00e9 tout au long de ma vie et qui ont v\u00e9cu avec moi tant d\u2019aventures.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 et plus tard, vers la fin des ann\u00e9es 1990, en compagnie de mes coll\u00e8gues de la tribune de la presse sur la Colline du Parlement\u00a0\u2014 soit dit en passant, nous n\u2019avions pas de d\u00eeners prolong\u00e9s, mais nous avions des soir\u00e9es prolong\u00e9es le vendredi\u00a0\u2014 \u00e0 l\u2019insu du Cercle des journalistes, j\u2019ai mis \u00e0 l\u2019essai mes aptitudes de commando des couloirs, pourchassant et interceptant des politiciens afin d\u2019obtenir une d\u00e9claration ou un extrait vid\u00e9o. J\u2019ai appris l\u2019histoire sur le pouce ou\u00a0<i>History on the Run<\/i>, pour reprendre le titre d\u2019un documentaire de Peter Raymont, parrain\u00e9 par l\u2019Office national du film, concernant l\u2019\u00e9lection g\u00e9n\u00e9rale de 1979 et la dynamique entre quatre journalistes, y compris moi-m\u00eame, et Pierre Elliott Trudeau et Joe Clark. C\u2019est ce qu\u2019on appelle apprendre sa profession sur le tas. Bien des histoires color\u00e9es ont vu le jour \u00e0 cette \u00e9poque. Un jour, elles figureront peut-\u00eatre dans un livre.<\/p>\n<p>Plus tard, \u00e0 titre de correspondant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, respecter les heures de tomb\u00e9e et composer avec la mort \u00e9tait un d\u00e9fi en soi, mais une question est demeur\u00e9e sans r\u00e9ponse\u00a0: qu\u2019advient-il le lendemain pour les personnes qui ne font pas les manchettes? Je vous raconte une histoire qui m\u2019a particuli\u00e8rement touch\u00e9.<\/p>\n<p>Transportons-nous \u00e0 Phnom Penh, au Cambodge, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, dans les ruelles de cette ville tortur\u00e9e o\u00f9 des \u00eatres humains luttaient pour leur survie. Des b\u00e9b\u00e9s orphelins, dont bon nombre \u00e9taient manifestement atteints d\u2019un handicap \u00e9taient jet\u00e9s dans des poubelles. Une Canadienne nomm\u00e9e Naomi Bronstein, qui venait de Montr\u00e9al, dirigeait un orphelinat au c\u0153ur de cette ville assi\u00e9g\u00e9e. Elle sauvait des vies. J\u2019ai racont\u00e9 son histoire et celle des b\u00e9b\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Qui adopterait ces b\u00e9b\u00e9s? Vivraient-ils assez longtemps pour \u00eatre adopt\u00e9s? Est-ce quelqu\u2019un se souciait de leur sort? C\u2019est l\u2019histoire qui m\u2019a le plus touch\u00e9e et a influenc\u00e9 tout le reste de ma vie. Je m\u2019\u00e9tais dit que, si plus tard dans ma vie, j\u2019\u00e9tais en mesure de faire plus que raconter des histoires, je ferais quelque chose pour l\u2019amour des enfants.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s huit\u00a0ans \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, CTV m\u2019a ramen\u00e9 au Canada. Premi\u00e8rement \u00e0 Halifax, o\u00f9 je travaillais avec les membres de mon \u00e9quipe, Gord Danielson et Charlie MacDonald, puis de nouveau \u00e0 Ottawa. Un jour, j\u2019\u00e9tais en train de travailler d\u2019arrache-pied \u00e0 la pr\u00e9paration de mon prochain reportage sur la Colline sans savoir que j\u2019allais y trouver bient\u00f4t une autre vie que celle de journaliste. Par sa nature m\u00eame, le milieu de l\u2019information peut \u00eatre cruel parfois. En 2001, j\u2019ai perdu mon emploi. \u00c0 55\u00a0ans, qu\u2019est-ce qui pouvait m\u2019attendre?<\/p>\n<p>Je n\u2019oublierai jamais l\u2019appel du premier ministre qui a chang\u00e9 ma vie. Comme je l\u2019ai dit, au d\u00e9but, il y a eu John Diefenbaker et Lester Pearson et, avant d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, il y a eu Pierre Trudeau, Joe Clark et Brian Mulroney, dont j\u2019ai couvert les campagnes \u00e9lectorales et les gouvernements en tant que journaliste. J\u2019aimais la politique\u00a0\u2014 je ne voulais pas \u00eatre un politicien, mais j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par le r\u00f4le que jouent les politiciens et les partis politiques dans nos vies. J\u2019aimais les histoires et j\u2019aimais les raconter dans mon journalisme.<\/p>\n<p>Un matin, j\u2019ai re\u00e7u un appel du Cabinet du premier ministre. Je n\u2019oublierai jamais sa voix\u00a0: \u00ab Jimmy! \u00bb Parfois, m\u2019a-t-il dit, t\u2019\u00e9tais un bon gars, et d\u2019autres fois pas mal moins, mais je t\u2019aime bien. Aimerais-tu venir travailler pour moi? J\u2019ai h\u00e9sit\u00e9. J\u2019\u00e9tais au ch\u00f4mage \u00e0 55\u00a0ans. Pourquoi irais-je travailler, comme on dit dans le milieu journalistique, pour les forces obscures? Sans la sagesse de mon \u00e9pouse, j\u2019aurais peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 au ch\u00f4mage pendant longtemps.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j\u2019ai eu une illumination. Travailler avec le premier ministre de l\u2019\u00e9poque, Jean Chr\u00e9tien, a \u00e9t\u00e9 le plus grand privil\u00e8ge de ma vie. Il m\u2019a redonn\u00e9 une vie que je croyais avoir perdue. Il a donn\u00e9 un sens \u00e0 ma vie et, pendant pr\u00e8s de deux\u00a0ans, j\u2019ai \u00e9volu\u00e9 dans un monde o\u00f9 les d\u00e9cisions prises comptaient pour tous les Canadiens et bien d\u2019autres gens \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. J\u2019\u00e9tais dans la salle o\u00f9 on a pris la d\u00e9cision de ne pas participer \u00e0 la guerre en Iraq. Jean Chr\u00e9tien \u00e9tait un homme de d\u00e9cision\u00a0: humble, tr\u00e8s intelligent, fier et acharn\u00e9. C\u2019est l\u2019un des grands premiers ministres que le Canada a eus. M.\u00a0Chr\u00e9tien a bien servi son pays, et j\u2019ai eu l\u2019honneur de travailler pour lui, de concert avec l\u2019\u00e9quipe incroyable qui dirigeait son Cabinet. Depuis lors, beaucoup sont demeur\u00e9s de bons amis. Vous savez qui vous \u00eates, et je vous remercie de votre amiti\u00e9. Surtout, je tiens \u00e0 saluer mes trois\u00a0<i>amigos<\/i>, Bruce Hartley, Stephen Hogue et Paul Genest.<\/p>\n<p>Pour en revenir au S\u00e9nat, on ne sait jamais ce que la vie nous r\u00e9serve. Ma nomination au S\u00e9nat m\u2019a offert une tribune dont je n\u2019aurais jamais cru pouvoir disposer. Honorables s\u00e9nateurs, vous souvenez-vous de votre premi\u00e8re journ\u00e9e au S\u00e9nat, de l\u2019\u00e9nervement, de l\u2019attente et m\u00eame de f\u00e9brilit\u00e9? Vous \u00eates entour\u00e9 des membres de votre famille, qui vous aiment. Comme le veut la tradition, un s\u00e9nateur d\u2019exp\u00e9rience vous escorte, un s\u00e9nateur que vous respectez ou que vous connaissez. Vous regardez autour de vous et vous vous demandez\u00a0\u2014 cela m\u2019arrive encore\u00a0\u2014\u00a0: comment suis-je arriv\u00e9 ici? Comme je vous l\u2019ai dit, c\u2019est l\u2019ex-s\u00e9natrice Landon Pearson qui a agripp\u00e9 mon bras pour me faire entrer dans le S\u00e9nat. C\u2019\u00e9tait tout simplement mon h\u00e9ro\u00efne, une d\u00e9fenseure des droits des enfants. Elle \u00e9tait intelligente, chaleureuse et gentille, et elle \u00e9tait pour moi l\u2019exemple de ce qu\u2019on pouvait accomplir ici. Grande d\u00e9fenseure des droits des enfants bien avant son arriv\u00e9e au S\u00e9nat, elle n\u2019a pas perdu de temps avant de faire la promotion des droits des enfants \u00e9nonc\u00e9s dans la Convention des Nations unies. J\u2019ai pens\u00e9 encore une fois aux enfants avec qui j\u2019avais grandi et qui avaient v\u00e9cu dans la pauvret\u00e9. J\u2019ai pens\u00e9 aux b\u00e9b\u00e9s orphelins au Cambodge. J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 un nourrisson d\u00e9c\u00e9d\u00e9 il y a longtemps. Ensuite, je me suis demand\u00e9 ce que je pouvais faire pour essayer de changer la vie des enfants.<\/p>\n<p>Comme cela a \u00e9t\u00e9 dit, apr\u00e8s Mme\u00a0Pearson, nous avons pris la rel\u00e8ve pour encadrer chaque ann\u00e9e les c\u00e9l\u00e9brations de la Journ\u00e9e nationale de l\u2019enfant. Imaginez l\u2019ancienne salle du S\u00e9nat remplie d\u2019enfants le 20 novembre. C\u2019\u00e9tait l\u2019occasion d\u2019exprimer leur voix et de nous montrer la voie et, pour nous, de se porter \u00e0 leur d\u00e9fense. Comme le disait Mme\u00a0Pearson, chaque enfant est une nouvelle chance pour l\u2019humanit\u00e9. Alors que je m\u2019appr\u00eate \u00e0 partir, j\u2019esp\u00e8re que l\u2019un d\u2019entre vous\u00a0\u2014 ou plut\u00f4t une personne de chaque groupe ou caucus\u00a0\u2014 se joindra \u00e0 l\u2019effort d\u00e9ploy\u00e9 pour raviver cette c\u00e9l\u00e9bration et la reconnaissance de l\u2019enfant. Il reste toutefois du travail \u00e0 faire.<\/p>\n<p>D\u2019abord, en collaboration avec l\u2019incomparable ancienne s\u00e9natrice Raynell Andreychuk, il y a eu le rapport\u00a0<i>Les enfants : des citoyens sans voix\u00a0<\/i>et l\u2019appel en vue de cr\u00e9er un poste de commissaire national \u00e0 l\u2019enfance. Aujourd\u2019hui, gr\u00e2ce au travail de la s\u00e9natrice Rosemary Moodie, j\u2019esp\u00e8re, s\u00e9nateurs, que cet appel sera entendu. J\u2019esp\u00e8re que le gouvernement \u00e9coutera vraiment. Nous l\u2019avons dit et r\u00e9p\u00e9t\u00e9\u00a0: le pays a besoin d\u2019un commissaire national \u00e0 l\u2019enfance.<\/p>\n<p>Je vais continuer de regarder le monde avec les yeux d\u2019un enfant. Si Landon Pearson, par le biais de son centre d\u2019\u00e9tude de l\u2019enfance et des droits des enfants \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Carleton, peut continuer de le faire \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 90\u00a0ans, pourquoi pas moi? Tout ce qu\u2019il faut, c\u2019est un peu de temps.<\/p>\n<p>Cela me rappelle une anecdote avec M.\u00a0Chr\u00e9tien, dans le nord du Nouveau-Brunswick, apr\u00e8s un \u00e9v\u00e9nement tenu \u00e0 Bathurst. Nous \u00e9tions sur une route de campagne, en chemin vers l\u2019a\u00e9roport. Il a demand\u00e9 que l\u2019on arr\u00eate la voiture. Il voulait rencontrer des gens qui se tenaient debout pr\u00e8s d\u2019une cl\u00f4ture. C\u2019\u00e9tait une journ\u00e9e d\u2019un froid cinglant typique du nord du Nouveau-Brunswick, mais il insistait pour sortir. J\u2019avais froid et j\u2019ai choisi de demeurer dans la voiture. Il s\u2019est entretenu avec eux pendant environ 25 minutes, sans cam\u00e9ra autour. Je lui ai dit : \u00ab M.\u00a0Chr\u00e9tien, c\u2019est un beau geste que vous venez de poser. C\u2019est aimable de votre part. \u00bb Il m\u2019a regard\u00e9 et il m\u2019a r\u00e9pondu : \u00ab Qu\u2019est-ce que cela m\u2019a co\u00fbt\u00e9, Jimmy? Du temps. \u00bb J\u2019ai conserv\u00e9 cette le\u00e7on dans mon c\u0153ur. Tout ce qu\u2019il faut, c\u2019est un peu de temps\u00a0\u2014 s\u2019arr\u00eater, \u00e9couter et pr\u00eater attention aux autres. C\u2019est un conseil que j\u2019ai adopt\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup appris au S\u00e9nat, mais je dois maintenant parler franchement. Malgr\u00e9 toutes les possibilit\u00e9s que j\u2019ai eues de me renseigner sur le monde et mon pays, malgr\u00e9 toutes les occasions de montrer davantage de curiosit\u00e9 et d\u2019int\u00e9r\u00eat envers les Premi\u00e8res Nations et leurs communaut\u00e9s, je ne leur ai pas pr\u00eat\u00e9 suffisamment attention. Imaginez\u00a0: j\u2019\u00e9tais un journaliste plein de curiosit\u00e9 et de questions, et je n\u2019ai jamais assez pr\u00eat\u00e9 attention.<\/p>\n<p>Au milieu des ann\u00e9es 1990, j\u2019ai couvert une nouvelle majeure \u00e0 Davis Inlet, au Labrador. Des enfants innus de Davis Inlet \u00e9taient devenus accrocs en respirant des vapeurs d\u2019essence. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s empathique. J\u2019ai \u00e9crit de nombreux articles sur la question, mais je n\u2019avais pas vraiment compris ce qui sous-tendait ce drame : le racisme syst\u00e9mique et le fait que tout un syst\u00e8me avait vol\u00e9 la vie de familles, de communaut\u00e9s et d\u2019enfants autochtones. Je ne connaissais pas bien l\u2019histoire de mon pays.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019en 2004, lorsque je suis entr\u00e9 au S\u00e9nat, que j\u2019ai vraiment commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9couter. J\u2019ai rencontr\u00e9 les anciens s\u00e9nateurs Charlie Watt et Willie Adams, et la s\u00e9natrice Lovelace Nicholas. Je suis \u00e9galement devenu membre du Comit\u00e9 des peuples autochtones. Lillian Dyck\u00a0\u2014 mon Dieu, elle me manque\u00a0\u2014 a \u00e9t\u00e9 un mentor et une conseill\u00e8re. J\u2019ai acquis une meilleure compr\u00e9hension des questions autochtones.<\/p>\n<p>En fait, la connaissance est le fondement de la compr\u00e9hension. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide de la s\u00e9natrice Dyck et d\u2019autres s\u00e9nateurs autochtones, j\u2019ai d\u00e9couvert les droits des peuples autochtones et la v\u00e9ritable histoire du Canada. J\u2019ose esp\u00e9rer que les s\u00e9nateurs autochtones dans cette enceinte me pardonnent de ne pas avoir \u00e9t\u00e9 mieux inform\u00e9 plus t\u00f4t dans la vie.<\/p>\n<p>Mais on n\u2019est jamais trop vieux pour apprendre, n\u2019est-ce pas? Je suis reconnaissant envers mes coll\u00e8gues du S\u00e9nat pour ce qu\u2019ils m\u2019ont enseign\u00e9. Aujourd\u2019hui, nous sommes tous en \u00e9tat de choc, et je vais avoir du mal \u00e0 en parler. Je croyais que ce serait facile, mais c\u2019est tout le contraire. Il est vraiment difficile d\u2019exprimer le choc que nous avons ressenti \u00e0 la d\u00e9couverte des tombes de 215 enfants du pensionnat autochtone de Kamloops.<\/p>\n<p>Les enfants autochtones de Kamloops font \u00e9clater la v\u00e9rit\u00e9. Leur esprit est vivant, et il nous parle. Le Canada est en \u00e9tat de choc. L\u2019ensemble de la population r\u00e9alise enfin le traitement injuste qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 aux Premi\u00e8res Nations. Tout le monde parle de notre histoire avec tristesse et col\u00e8re.<\/p>\n<p>Je crois que la r\u00e9conciliation est la responsabilit\u00e9 de tous les Canadiens. Je dis bien la responsabilit\u00e9 de tous. Nous devons r\u00e9apprendre notre histoire. Nous devons apprendre cette histoire.<\/p>\n<p>Notre ancien coll\u00e8gue Murray Sinclair compte parmi les \u00e9minents s\u00e9nateurs dont les enseignements ont eu une grande importance pour nous. Il a pr\u00e9sid\u00e9 la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation. Les appels \u00e0 l\u2019action de la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation contiennent une invitation \u00e0 agir qui nous est tous destin\u00e9e. En pr\u00e9sentant les conclusions de la commission, le s\u00e9nateur Sinclair a dit ceci\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[&#8230;] nous vous avons d\u00e9crit une montagne, nous vous avons montr\u00e9 comment vous rendre au sommet et nous vous demandons maintenant de la gravir.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, comment peut-il y avoir une r\u00e9conciliation alors que nous sommes encore nombreux \u00e0 en savoir peu sur l\u2019histoire des Premi\u00e8res Nations?<\/p>\n<p>Les Premi\u00e8res Nations du Qu\u00e9bec ont perdu derni\u00e8rement un grand sage et un communicateur formidable en la personne de l\u2019anthropologue et \u00e9crivain Serge Bouchard. Il n\u2019est pas tellement connu dans le Canada anglais mais, si vous souhaitez voir la version anglaise de ses documentaires, vous pouvez chercher le nom \u00ab Serge Bouchard \u00bb sur Internet et \u00e9couter ce qu\u2019il avait \u00e0 dire. Pendant 30\u00a0ans, il a partag\u00e9 ses connaissances avec son auditoire le dimanche soir, \u00e0 Radio-Canada, \u00e0 propos du Nord, des Premi\u00e8res Nations et de la vie en g\u00e9n\u00e9ral. C\u2019\u00e9tait un grand ami des peuples autochtones et il avait un vaste public. La le\u00e7on qu\u2019il nous a transmise, c\u2019est d\u2019\u00eatre curieux, d\u2019\u00e9couter et de traiter chaque personne avec respect et bienveillance, comme un \u00eatre bel et bien unique. C\u2019\u00e9tait un vulgarisateur de l\u2019histoire et de la m\u00e9moire. Ses livres sont un bon point de d\u00e9part pour r\u00e9apprendre notre histoire.<\/p>\n<p>Pour reprendre la question que j\u2019ai pos\u00e9e plus t\u00f4t, comment peut-il y avoir une r\u00e9conciliation alors que nous sommes encore nombreux \u00e0 en savoir peu sur l\u2019histoire des Premi\u00e8res Nations? Est-ce trop nous demander, \u00e0 nous, les Canadiens, de r\u00e9pondre individuellement et collectivement \u00e0 l\u2019appel \u00e0 l\u2019action 62 et d\u2019apprendre \u00e0 voir notre relation avec les Premi\u00e8res Nations autrement?<\/p>\n<p>\u00c0 la suite de la terrible trag\u00e9die survenue \u00e0 London, en Ontario, je tiens aussi \u00e0 dire \u00e0 la communaut\u00e9 musulmane du Canada que je souffre avec elle. Nous tous au S\u00e9nat partageons sa souffrance.<\/p>\n<p>Je tiens \u00e0 adresser ces mots \u00e0 mon honorable coll\u00e8gue la s\u00e9natrice Salma Ataullahjan. Salma, vous avez \u00e9t\u00e9 pour moi une amie pr\u00e9cieuse. N\u2019oubliez jamais que vous ne serez jamais seule pour porter ce deuil. Nous serons l\u00e0 pour vous aider \u00e0 vous en remettre. L\u2019amour l\u2019emportera toujours sur la haine.<\/p>\n<p>Il y a tant de personnes \u00e0 remercier. Dans mon bureau seulement, j\u2019ai pu compter, au cours des 17 derni\u00e8res ann\u00e9es, sur la confiance et les services attentionn\u00e9s de plusieurs conseillers. Je pense notamment \u00e0 Alex Asselin, Am\u00e9lie Crosson, Andr\u00e9e Chenard, Marie Russell, Elizabeth Laforest et Christian Dicks, qui ont fait preuve d\u2019un d\u00e9vouement exceptionnel. Je suis encore accompagn\u00e9 de deux anges\u00a0\u2014 l\u2019une de ces personnes est assise ici\u00a0\u2014 qui me guident, qui veillent sur moi et qui m\u2019aident \u00e0 rester calme\u00a0\u2014 quand c\u2019est possible\u00a0\u2014 et organis\u00e9\u00a0: Lisa Thibedeau et Lillian Kruzsely.<\/p>\n<p>Ma ch\u00e8re Lisa, qui m\u2019a accompagn\u00e9 pendant la plus grande partie\u00a0de mon mandat au S\u00e9nat, mettra bient\u00f4t au monde une nouvelle petite personne; c\u2019est incroyable. Comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019ancienne s\u00e9natrice Landon Pearson, chaque enfant donne une nouvelle chance \u00e0 toute l\u2019humanit\u00e9. Lisa, je vous offre, ainsi qu\u2019\u00e0 Chris, tous mes v\u0153ux de bonheur. Il n\u2019y a rien, en ce bas monde, comme l\u2019amour d\u2019un enfant.<\/p>\n<p>Lillian, vous \u00eates la personne la plus talentueuse qui soit pour m\u2019aider \u00e0 tout mettre en ordre dans mon bureau avant mon d\u00e9part. Nous avons deux mois, mais il nous faudra peut-\u00eatre plus de temps.<\/p>\n<p>Je remercie Lisa et Lillian de m\u2019avoir accompagn\u00e9 \u00e0 distance durant cette p\u00e9riode tr\u00e8s exigeante et charg\u00e9e. Je ne sais pas comment je m\u2019en sortirai sans vous.<\/p>\n<p>Je m\u2019en voudrais d\u2019oublier les stagiaires qui ont pass\u00e9 leur \u00e9t\u00e9 avec nous et qui se trouvent maintenant \u00e0 l\u2019aube d\u2019une nouvelle carri\u00e8re. Je m\u2019adresse \u00e0 eux et je leur dis\u00a0: j\u2019esp\u00e8re que votre s\u00e9jour parmi nous vous sera utile au cours de votre vie. Je sais que votre travail avec nous vous a donn\u00e9 un aper\u00e7u du paysage politique et vous a permis d\u2019appr\u00e9hender sous un angle particulier la condition de citoyen canadien.<\/p>\n<p>Il y a aussi Michael Trinque. Tout le monde a d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 Michael dans les corridors du S\u00e9nat. Comme vous le savez, Michael est atteint du syndrome de Down. Il fait partie\u00a0de notre \u00e9quipe depuis 12\u00a0ans. Michael nous a apport\u00e9 de l\u2019affection et du d\u00e9vouement. Il nous a permis de comprendre que nous sommes tous dans le m\u00eame bateau, comme le veut l\u2019expression. C\u2019est le bateau de l\u2019inclusion. Comme l\u2019a mentionn\u00e9 la s\u00e9natrice Cordy, Michael ne se retrouvera pas au ch\u00f4mage, car il se joindra \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de la s\u00e9natrice Coyle.<\/p>\n<p>S\u00e9natrice Coyle, je souhaite que votre exemple incite d\u2019autres s\u00e9nateurs \u00e0 faire de la place \u00e0 ceux qui ont la capacit\u00e9\u00a0\u2014 quoiqu\u2019ils soient handicap\u00e9s\u00a0\u2014 d\u2019apporter une contribution valable \u00e0 ce que nous faisons.<\/p>\n<p>Parlant de valeur, honorables s\u00e9nateurs, il n\u2019y a rien de plus pr\u00e9cieux que les nouvelles amiti\u00e9s que j\u2019ai nou\u00e9es au S\u00e9nat. J\u2019ai particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 les cercles d\u2019amis qui s\u2019y cr\u00e9ent\u00a0: les amiti\u00e9s au comit\u00e9, les amiti\u00e9s au caucus et les amiti\u00e9s tout court. Je regarde la s\u00e9natrice Martin et ce que je vois, c\u2019est une amie. Vous avez tous enrichi ma vie. Vous avez \u00e9gay\u00e9 ma vie.<\/p>\n<p>Merci, Terry Mercer, d\u2019\u00eatre qui vous \u00eates. Nous sommes arriv\u00e9s au S\u00e9nat le m\u00eame jour. On peut dire que nous sommes des voisins de banquette pour la vie. Bien s\u00fbr, l\u2019exp\u00e9rience que notre petit groupe combatif a v\u00e9cue sous la direction de Jane Cordy a \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressante. Nous verrons quelles nouvelles exp\u00e9riences vivront les s\u00e9nateurs dans le futur.<\/p>\n<p>Je veux exprimer toute ma gratitude pour le personnel de l\u2019Administration du S\u00e9nat. Vous \u00eates des fonctionnaires loyaux et d\u00e9vou\u00e9s qui veulent assurer le bon fonctionnement du S\u00e9nat. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de votre professionnalisme et de votre d\u00e9vouement. Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un petit bonjour amical le matin, d\u2019une conversation informelle ou de conseils donn\u00e9s en tant que sp\u00e9cialistes, vous avez toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 pour m\u2019\u00e9pauler. Chaque jour, vous donnez l\u2019exemple de ce que signifie r\u00e9ellement la fonction publique.<\/p>\n<p>Monsieur le Pr\u00e9sident Furey, vous \u00eates un pr\u00e9sident gentil et attentionn\u00e9 et un leader sage. Vous repr\u00e9sentez la modernisation du S\u00e9nat et vous guidez cette institution dans son \u00e9volution. J\u2019appr\u00e9cie votre amiti\u00e9. Vous avez dirig\u00e9 nos travaux avec respect, gr\u00e2ce et dignit\u00e9.<\/p>\n<p>Je veux dire aux pages que j\u2019ai aim\u00e9 entendre leurs histoires, leurs r\u00eaves et leurs aspirations. Je vous remercie de votre aide. Gardez toujours en vous la curiosit\u00e9 de savoir ce que la vie vous r\u00e9serve.<\/p>\n<p>Pensez \u00e0 donner un peu de votre temps aux gardiens de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et aux chauffeurs de nos petits autobus\u00a0\u2014 nous les voyons tous les jours et je sais que vous le faites parfois\u00a0\u2014 et \u00e9coutez ce qu\u2019ils ont \u00e0 dire. C\u2019est important. Ils font un travail immense pour nous prot\u00e9ger et nous amener l\u00e0 o\u00f9 nous devons aller.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la prochaine \u00e9tape de ma vie professionnelle, je suis heureux de vous informer qu\u2019il existe un avenir apr\u00e8s 75\u00a0ans. En effet, le 15 juillet, le lendemain de ma date de retraite obligatoire, j\u2019entrerai en fonction comme cadre en r\u00e9sidence \u00e0 l\u2019\u00c9cole de commerce Peter B. Gustavson de l\u2019Universit\u00e9 de Victoria. J\u2019ai demand\u00e9 s\u2019il \u00e9tait possible de remplacer le titre de \u00ab cadre \u00bb par celui de \u00ab sage \u00bb, mais on m\u2019a dit que non. Je serai aussi conseiller sp\u00e9cial du Forum de Victoria. C\u2019est ce qu\u2019on appelle un petit boulot \u00e0 temps partiel.<\/p>\n<p>Je sais que vous connaissez le Forum de Victoria parce que de nombreux s\u00e9nateurs ont particip\u00e9 par le pass\u00e9 \u00e0 ses assembl\u00e9es pl\u00e9ni\u00e8res et webinaires. Le prochain forum se d\u00e9roulera du 20 au 22\u00a0avril\u00a02022. Il portera sur le th\u00e8me du territoire, de la v\u00e9rit\u00e9 et de la confiance, et il r\u00e9unira des d\u00e9cideurs, des chefs d\u2019entreprise, des universitaires, des jeunes et des dirigeants de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Nous discuterons de l\u2019ensemble des \u00e9carts et des dissensions qui existent au sein de la soci\u00e9t\u00e9 canadienne, en ce qui concerne notamment l\u2019identit\u00e9, le territoire, la religion, la race, la situation \u00e9conomique, la culture et la politique. Le tout se terminera par la formulation de recommandations pour les dirigeants politiques.<\/p>\n<p>Je suis tr\u00e8s reconnaissant. Je sais que son p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et qu\u2019il ne peut donc pas \u00eatre ici aujourd\u2019hui, mais le s\u00e9nateur Peter Boehm assurera la liaison entre le forum et le S\u00e9nat. Je ne serai donc pas compl\u00e8tement parti, Votre Honneur, parce que je travaillerai avec vous et Peter, et que je poursuivrai ce partenariat avec le Forum de Victoria.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, les gens me disent\u00a0: \u00ab Vous avez v\u00e9cu beaucoup d\u2019aventures et rencontr\u00e9 beaucoup de personnes importantes dans votre vie, comme Nelson Mandela et le Dala\u00ef-Lama. Pourtant, il semble que ce sont les personnes les plus proches de vous, votre famille, votre communaut\u00e9, vos coll\u00e8gues de travail, qui ont le plus d\u2019influence sur vous, dans la vie. \u00bb C\u2019est au sein de sa famille qu\u2019on commence \u00e0 pr\u00f4ner des valeurs qui nous suivront toute notre vie.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re Eddie, ou Ed ou J.E., ministre de l\u2019\u00c9glise Unie, \u00e9tait le chef spirituel des congr\u00e9gations qu\u2019il servait. Il accompagnait les membres de ses congr\u00e9gations tout au long du cycle de leur vie, du bapt\u00eame des b\u00e9b\u00e9s au mariage des jeunes couples, en passant par le r\u00e9confort qu\u2019il apportait aux malades \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, et enfin le r\u00e9confort qu\u2019il apportait aux familles lors de fun\u00e9railles. C\u2019\u00e9tait un homme plein d\u2019empathie, que les graves difficult\u00e9s qu\u2019il avait rencontr\u00e9es dans sa jeunesse dans le petit village d\u2019Alma, au Nouveau-Brunswick, avaient fa\u00e7onn\u00e9. Ces valeurs s\u2019apprennent.<\/p>\n<p>Avant de parler de ma m\u00e8re, j\u2019ai un petit secret \u00e0 vous confier avant de terminer. Dans la congr\u00e9gation de mon p\u00e8re, parce que j\u2019\u00e9tais assez rebelle et que je remettais beaucoup de choses en question, un jour, un membre de la congr\u00e9gation m\u2019a dit\u00a0: \u00ab Tu ne seras jamais le digne successeur de ton p\u00e8re. \u00bb Eh bien, s\u00e9nateur, il a \u00e9t\u00e9 dit il y a un instant que je ne serais jamais le digne successeur de mon p\u00e8re, mais aujourd\u2019hui je suis ses traces. Je lui ai embo\u00eet\u00e9 le pas et nos pas s\u2019ajustent parfaitement. La piste qu\u2019il a laiss\u00e9e m\u2019a permis de bien m\u2019ancrer dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Vous ne serez pas surpris d\u2019apprendre que ma m\u00e8re, Dora, \u00e9tait petite, mais d\u00e9termin\u00e9e. Elle \u00e9tait ferme, mais bienveillante, et fougueuse. Elle adorait les gens et s\u2019entendait bien avec tout le monde, et c\u2019\u00e9tait r\u00e9ciproque.<\/p>\n<p>En bons enfants de pasteur, mon fr\u00e8re David, ma s\u0153ur Mary et moi avons d\u00fb d\u00e9velopper une grande r\u00e9silience au fait de toujours avoir l\u2019impression de vivre dans un bocal en verre. Tous les trois, nous avons perp\u00e9tu\u00e9 les valeurs d\u2019amour et de liens familiaux. Nous sommes tiss\u00e9s serr\u00e9. Simplement dit, nous nous adorons. Nos parents seraient fiers des quatre petits-enfants et des deux arri\u00e8re-petits-enfants qu\u2019ils ont jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Ma famille comprend les s\u0153urs de Ginette, Fran\u00e7oise et Denise, ainsi que mon beau-fr\u00e8re, Andr\u00e9, qui fait partie\u00a0de l\u2019imposant clan des Aubut. Ils viennent de la \u00ab r\u00e9publique \u00bb du Madawaska. Ils en parlent comme d\u2019une r\u00e9publique, mais c\u2019est bel et bien au Nouveau-Brunswick, au Canada. C\u2019est de l\u00e0 qu\u2019ils viennent et ils forment une part importante de ma vie.<\/p>\n<p>Je ne sais pas quelle partie\u00a0choisir, car je ne serai peut-\u00eatre pas capable de finir les quatre derni\u00e8res pages. J\u2019ai presque fini. Ginette, bien s\u00fbr, a \u00e9t\u00e9 l\u2019amour de ma vie, avec les deux gar\u00e7ons qui sont ici\u00a0: James, mais nous l\u2019appelons Jamie, et Claude Mathieu, que nous appelons Claude. Nous sommes tellement chanceux de recevoir le cadeau d\u2019un enfant, de deux enfants, plus tard dans la vie apr\u00e8s avoir perdu Timmy. \u00c0 toi, Ginette, et aux gar\u00e7ons, je n\u2019ai qu\u2019une seule chose \u00e0 dire\u00a0: je vous aime tellement. Vous m\u2019avez aid\u00e9 \u00e0 garder la t\u00eate froide. Vous avez compris mon \u00e9trange sens de l\u2019humour. S\u2019il y a une chose qui compte dans la vie, c\u2019est la famille. Je voudrais dire \u00e0 tous les s\u00e9nateurs\u00a0: chaque jour, quand vous rentrez chez vous, embrassez vos enfants. Je te fais gros c\u00e2lin affectueux, Ginette.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9prouve une \u00e9norme gratitude pour la tribune que le S\u00e9nat m\u2019a offerte afin de sensibiliser la population \u00e0 ce qui am\u00e9liore la vie des gens, mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la d\u00e9ficience intellectuelle, du pouvoir des Jeux olympiques sp\u00e9ciaux, des familles qui vivent avec l\u2019autisme, du pouvoir de la d\u00e9fense des droits, et j\u2019en passe.<\/p>\n<p>L\u2019un des derniers grands privil\u00e8ges que j\u2019ai eus au S\u00e9nat a \u00e9t\u00e9 de parrainer le projet de loi sur la Semaine de la gentillesse le mois dernier. Inspir\u00e9 par le rabbin Reuven Bulka, un des chefs spirituels d\u2019Ottawa et le cofondateur du Kindness Project, je suis pass\u00e9 \u00e0 l\u2019action et, avec l\u2019appui unanime de la Chambre des communes et, bien s\u00fbr, celui du S\u00e9nat, c\u2019\u00e9tait acquis\u00a0: ce fut fait. Un projet de loi pour cr\u00e9er la Semaine de la gentillesse au Canada a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 par le Parlement, avec l\u2019aide de Michael Barrett du Parti conservateur et de la d\u00e9put\u00e9e lib\u00e9rale Emmanuella Lambropoulos.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que la Semaine de la gentillesse? Pourquoi la gentillesse est si cruciale \u00e0 notre bien-\u00eatre en tant qu\u2019individus et en tant que soci\u00e9t\u00e9? Pour paraphraser les propos du Dr\u00a0Brian Goldman\u00a0\u2014 oui, le m\u00e9decin qui anime \u00ab White Coat, Black Art \u00bb \u00e0 la radio de la CBC\u00a0\u2014, la gentillesse et l\u2019empathie sont essentielles \u00e0 notre vie de tous les jours. Dr\u00a0Goldman, le journaliste, a publi\u00e9 un ouvrage sur la gentillesse et l\u2019empathie en 2017. Tout ce dont on a besoin pour comprendre pourquoi la gentillesse est essentielle aux individus d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 est contenu dans ce livre.<\/p>\n<p>Pour ce qui est du projet de loi, je n\u2019\u00e9tais que le messager, car c\u2019est le rabbin Bulka qui a pr\u00e9sent\u00e9 sa vision \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale\u00a0: une semaine consacr\u00e9e \u00e0 r\u00e9pandre les connaissances sur la gentillesse et la mani\u00e8re dont elle change couramment des vies. Nous l\u2019avons fait, rabbin, nous l\u2019avons fait\u00a0\u2014 une loi sur la gentillesse au pays, qui, je l\u2019esp\u00e8re, sera une source d\u2019inspiration pour d\u2019autres pays. Le Canada\u00a0: un endroit o\u00f9 des actes de gentillesse suscitent d\u2019autres actes de gentillesse.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment, nous avons perdu un employ\u00e9 du S\u00e9nat. Il s\u2019appelait Isma\u00ebl Ocal et il occupait les fonctions de concierge. Il avait un fils autiste. Il \u00e9tait toujours souriant. Il \u00e9tait arriv\u00e9 au S\u00e9nat bien avant moi. Nous aimions discuter ensemble, souvent. Ces conversations \u00e9taient tr\u00e8s importantes pour moi. Elles donnaient un sens \u00e0 notre pr\u00e9sence au S\u00e9nat. Elles \u00e9taient empreintes d\u2019humanit\u00e9. Isma\u00ebl \u00e9tait l\u2019un des n\u00f4tres.<\/p>\n<p>Je vous remercie de votre patience. Je voulais vraiment avoir la chance de m\u2019exprimer pour vous dire comment j\u2019ai v\u00e9cu les 17 derni\u00e8res ann\u00e9es et demie.<\/p>\n<p>En terminant, au fil des\u00a0ans, j\u2019ai relu des lettres du fr\u00e8re de mon p\u00e8re, mon oncle Lloyd Munson, qui a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Il faisait partie\u00a0de l\u2019Aviation royale canadienne en tant que membre d\u2019\u00e9quipage\u00a0d\u2019un bombardier Lancaster. Je suis n\u00e9 en 1946. Nous ne nous sommes jamais rencontr\u00e9s, mais j\u2019ai pu conna\u00eetre son esprit. Chaque ann\u00e9e, je participe aux c\u00e9r\u00e9monies au Monument comm\u00e9moratif de guerre pour honorer sa m\u00e9moire, mais aussi pour rendre hommage \u00e0 cinq de mes oncles qui, eux, sont revenus \u00e0 la maison. On m\u2019a donn\u00e9 le pr\u00e9nom d\u2019oncle Lloyd. Mon nom complet est James Lloyd Munson.<\/p>\n<p>Chaque lettre que mon oncle envoyait \u00e0 mon p\u00e8re durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale\u00a0\u2014 lettres qui provenaient de l\u2019\u00c9cosse, de l\u2019\u00c9gypte ou du pays que l\u2019on nommait Ceylan \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u00a0\u2014 se terminait avec ces mots\u00a0: \u00ab Au revoir pour le moment, Lloyd. \u00bb<\/p>\n<p>Alors que j\u2019entame un nouveau chapitre de ma vie, j\u2019esp\u00e8re me laisser guider par les mots de Marcel Proust, qui a dit\u00a0: \u00ab Le v\u00e9ritable voyage de d\u00e9couverte ne consiste pas \u00e0 chercher de nouveaux paysages, mais \u00e0 avoir de nouveaux yeux. \u00bb<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, au revoir pour le moment. Faites preuve de gentillesse et cultivez votre joie de vie. Merci.<\/p>\n<p><b>Des voix :\u00a0<\/b>Bravo!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019honorable Jim Munson :\u00a0Votre Honneur, je sais qu\u2019il est interdit d\u2019utiliser des accessoires au S\u00e9nat, mais je vais bien dormir ce soir. S\u00e9nateur Cotter et tout le monde, voici le coussin dont le s\u00e9nateur Cotter a parl\u00e9 plus t\u00f4t. La d\u00e9claration que vous avez faite au nom de votre fille \u00e9tait touchante. Nous allons tous&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":2032,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"wds_primary_category":99,"footnotes":""},"categories":[99],"tags":[],"senator_posts":[32],"class_list":["post-3127","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-declarations","senator_posts-l-hon-jim-munson"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3127\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2032"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3127"},{"taxonomy":"senator_posts","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/senator_posts?post=3127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}