{"id":2475,"date":"2020-10-27T12:08:17","date_gmt":"2020-10-27T16:08:17","guid":{"rendered":"https:\/\/theprogressives.ca\/non-classifiee\/second-reading-of-bill-s-210-an-act-to-establish-the-office-of-the-commissioner-for-children-and-youth-in-canada\/"},"modified":"2021-06-23T18:03:07","modified_gmt":"2021-06-23T22:03:07","slug":"deuxieme-lecture-du-projet-de-loi-s-210-loi-constituant-le-bureau-du-commissaire-a-lenfance-et-a-la-jeunesse-du-canada-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/au-senat\/discours\/deuxieme-lecture-du-projet-de-loi-s-210-loi-constituant-le-bureau-du-commissaire-a-lenfance-et-a-la-jeunesse-du-canada-2\/","title":{"rendered":"Deuxi\u00e8me lecture du projet de loi S-210, Loi constituant le Bureau du commissaire \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 la jeunesse du Canada"},"content":{"rendered":"<p><iframe title=\"S\u00e9n Munson appuie un commissaire \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 la jeunesse - 27 oct 2020 (Source fran\u00e7aise)\" width=\"640\" height=\"360\" data-src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/NPwQBAlkFro?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" class=\"lazyload\" data-load-mode=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p><strong>L\u2019honorable Jim Munson :<\/strong> Honorables s\u00e9nateurs, selon l\u2019adage, on peut chercher \u00e0 s\u2019assagir en vieillissant tout en continuant \u00e0 regarder le monde avec des yeux d\u2019enfant. Je l\u2019ai r\u00e9p\u00e9t\u00e9 maintes fois dans cette enceinte, ainsi que dans le cadre du travail que j\u2019ai fait au sein de groupes et d\u2019organismes consacr\u00e9s aux enfants au fil des ans. Quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 au S\u00e9nat, un journaliste m\u2019a demand\u00e9 quel r\u00f4le j\u2019aimerais assumer ici. Dans le journal <em>Ottawa Citizen<\/em>, il y avait une petite manchette disant que Jimmy Munson voulait devenir le s\u00e9nateur des enfants. Bien s\u00fbr, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Landon Pearson \u00e9tait mon mentor.<\/p>\n<p>Lors des d\u00e9bats que nous avons tenus sur les enfants au cours de ces 15 \u00e0 16 derni\u00e8res ann\u00e9es, nous avons r\u00e9alis\u00e9 des progr\u00e8s, mais nos efforts ont souvent \u00e9t\u00e9 entrav\u00e9s par les gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du pays et qui n\u2019\u00e9coutaient pas ce que nous avions \u00e0 dire au S\u00e9nat.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, je prends la parole aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la deuxi\u00e8me lecture du projet de loi S-210, Loi constituant le Bureau du commissaire \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 la jeunesse du Canada, pour exprimer mon appui \u00e0 cette mesure l\u00e9gislative pr\u00e9sent\u00e9e par la s\u00e9natrice Moodie.<\/p>\n<p>S\u00e9natrice Moodie, c\u2019est la deuxi\u00e8me fois que vous pr\u00e9sentez un projet de loi qui, \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la deuxi\u00e8me lecture, est en principe solide et n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019un meilleur pays, notamment pour les jeunes et leur avenir.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation du Bureau du commissaire \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 la jeunesse du Canada n\u2019est pas une id\u00e9e nouvelle. D\u2019ailleurs, l\u2019adoption du projet de loi de la s\u00e9natrice Moodie s\u2019impose depuis longtemps. Certains s\u00e9nateurs de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 nous avons adopt\u00e9 un rapport sur les obligations du Canada en vertu de la Convention des Nations unies relative aux droits de l\u2019enfant et sur les promesses qui ont \u00e9t\u00e9 faites aux enfants des Premi\u00e8res Nations et aux enfants autochtones sont toujours parmi nous. \u00c0 ce moment-l\u00e0, nous nous sommes consult\u00e9s et avons pr\u00e9sent\u00e9 un rapport, mais les gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 ne nous ont jamais vraiment \u00e9cout\u00e9s.<\/p>\n<p>Il y a quelque chose que nous ne faisons pas ici : nous ne baissons pas les bras. Les s\u00e9nateurs n\u2019abandonnent jamais. Nous sommes une institution qui se soucie des minorit\u00e9s et qui se soucie des enfants.<\/p>\n<p>La situation impr\u00e9visible dans laquelle nous nous trouvons aujourd\u2019hui \u00e0 cause de la COVID-19 nous a permis de constater qu\u2019on ne tient pas compte des cons\u00e9quences que subissent les enfants lorsque vient le temps de prendre de grandes d\u00e9cisions, on y pense seulement apr\u00e8s coup. Il est \u00e9vident maintenant plus que jamais que les enfants du Canada ont besoin d\u2019un Bureau du commissaire \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 la jeunesse et ils le m\u00e9ritent.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, je tiens \u00e0 dire que je suis tr\u00e8s rassur\u00e9 de savoir que la s\u00e9natrice Moodie continuera de militer en faveur de la cr\u00e9ation d\u2019un poste de commissaire \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 la jeunesse. C\u2019est l\u2019une de ses missions au S\u00e9nat. J\u2019esp\u00e8re sinc\u00e8rement que le Canada se dotera d\u2019un Bureau du commissaire \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 la jeunesse avant que je parte \u00e0 la retraite, dans neuf mois \u00e0 peine. Si ce n\u2019est pas le cas, je sais avec certitude que les enfants du Canada pourront continuer de compter sur vous, madame la s\u00e9natrice Moodie, et sur d\u2019autres s\u00e9nateurs ici pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>S\u00e9natrice Moodie, ne vous en faites pas si vous devez pr\u00e9senter le m\u00eame projet de loi d\u2019initiative parlementaire maintes fois. J\u2019ai d\u00fb pr\u00e9senter mon projet de loi d\u2019initiative parlementaire sur la Journ\u00e9e mondiale de sensibilisation \u00e0 l\u2019autisme cinq fois entre 2008 et 2012 avant qu\u2019il ne soit adopt\u00e9. C\u2019\u00e9tait pourtant un projet de loi bien simple. Toutefois, il y a une prorogation et d\u2019autres difficult\u00e9s, notamment des d\u00e9tracteurs qui n\u2019aimaient pas l\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er une autre journ\u00e9e de sensibilisation. Vous constatez ce qu\u2019ont donn\u00e9 les efforts d\u00e9ploy\u00e9s ici et ailleurs pour la communaut\u00e9 autiste au pays. Faites-moi confiance, avec un peu de pers\u00e9v\u00e9rance, vous y arriverez. Je suis convaincu que le S\u00e9nat vous appuiera.<\/p>\n<p>C\u2019est un conseil qui vaut pour tous les s\u00e9nateurs. N\u2019abandonnez jamais. Continuez de pr\u00e9senter de nouveau vos projets de loi et de faire valoir les dossiers qui vous tiennent \u00e0 c\u0153ur en cet endroit, car, que cela vous plaise ou non, c\u2019est pour cela que nous sommes ici. Faites ce qui, selon vous, s\u2019impose. D\u00e9fendez les minorit\u00e9s. En l\u2019occurrence, d\u00e9fendez les enfants.<\/p>\n<p>Il serait impossible pour moi d\u2019aborder la question des droits des enfants sans parler, comme vous l\u2019avez fait, s\u00e9natrice Moodie, d\u2019une amie et mentor personnel. L\u2019ex-s\u00e9natrice Landon Pearson est celle qui, avec moi, cherchait \u00e0 vous amener de force au S\u00e9nat. Personnellement, je suis venu \u00e0 toute vitesse. Je n\u2019ai pas h\u00e9sit\u00e9 une seconde \u00e0 devenir s\u00e9nateur, parce que cela me donnait l\u2019occasion d\u2019avoir une troisi\u00e8me carri\u00e8re. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la question des enfants et des personnes handicap\u00e9es, et le S\u00e9nat allait me permettre de r\u00e9aliser mes id\u00e9es.<\/p>\n<p>La s\u00e9natrice Pearson, qui avait \u00e9t\u00e9 conseill\u00e8re du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res sur la question des droits des enfants en 1996, est celle qui a men\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de la Journ\u00e9e nationale de l\u2019enfant au S\u00e9nat. Nous avions une dynamique formidable et j\u2019esp\u00e8re que nous arriverons \u00e0 la recr\u00e9er. Il a fallu deux hommes pour faire le travail de la s\u00e9natrice Pearson; le s\u00e9nateur Mercer et moi avons repris le flambeau lorsqu\u2019elle a quitt\u00e9 le S\u00e9nat. Puis, nous avons recrut\u00e9 la s\u00e9natrice Cochrane du Parti conservateur de Terre-Neuve et nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 nos fins, mais il a fallu \u00eatre trois pour abattre la m\u00eame charge de travail que la s\u00e9natrice Pearson. La Journ\u00e9e nationale de l\u2019enfant a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e de belle fa\u00e7on au S\u00e9nat.<\/p>\n<p>Les Barenaked Ladies ont d\u00e9j\u00e0 perform\u00e9 au S\u00e9nat. Des enfants y ont donn\u00e9 des discours et ont parl\u00e9 de leurs enjeux. Tout cela gr\u00e2ce \u00e0 la s\u00e9natrice Pearson. Elle va bient\u00f4t atteindre un certain \u00e2ge et je sais qu\u2019on ne peut pas dire l\u2019\u00e2ge de quelqu\u2019un, mais vous le d\u00e9couvrirez. Faites une recherche sur Google et vous la trouverez. Elle poursuit tout ce travail au Centre de ressources Landon Pearson pour l\u2019\u00e9tude de l\u2019enfance et des droits de l\u2019enfant de l\u2019Universit\u00e9 Carleton.<\/p>\n<p>Au cours de son mandat au S\u00e9nat, elle a lanc\u00e9 l\u2019important travail du comit\u00e9. Elle \u00e9tait vice-pr\u00e9sidente du Comit\u00e9 s\u00e9natorial permanent des droits de la personne lorsque le S\u00e9nat s\u2019est pench\u00e9 sur les obligations du Canada en mati\u00e8re de droits de l\u2019enfant. Nous avons publi\u00e9 un rapport provisoire en 2005.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019elle ait pris sa retraite deux ans plus t\u00f4t, le rapport final intitul\u00e9 <em>Les enfants: des citoyens sans voix<\/em> a finalement \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 gr\u00e2ce au bon travail qui a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 dans cette enceinte en 2007 en collaboration avec les s\u00e9natrices Raynell Andreychuk et Joan Fraser, qui si\u00e9geaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Chers coll\u00e8gues, comme le temps passe vite. Elles ont embo\u00eet\u00e9 le pas \u00e0 la s\u00e9natrice Pearson et r\u00e9alis\u00e9 un excellent travail dans le cadre de ce rapport et ont \u00e9t\u00e9 la pr\u00e9sidente et la vice-pr\u00e9sidente du comit\u00e9, respectivement.<\/p>\n<p>Cela ressemble peut-\u00eatre \u00e0 ce que nous avons d\u00e9j\u00e0 entendu aujourd\u2019hui. L\u2019\u00e9tude du comit\u00e9 demandait un d\u00e9fenseur ind\u00e9pendant des enfants \u00e0 l\u2019\u00e9chelle f\u00e9d\u00e9rale, qui aurait eu le mandat de surveiller la mise en \u0153uvre des droits des enfants au Canada, d\u2019assurer la liaison avec les bureaux provinciaux et territoriaux de protection de l\u2019enfance, d\u2019informer les gens au sujet de la Convention relative aux droits de l\u2019enfant et de promouvoir l\u2019inclusion et la participation des enfants dans les institutions.<\/p>\n<p>Depuis lors, beaucoup d\u2019entre nous ont exerc\u00e9 des pressions sur tous les gouvernements pour qu\u2019ils donnent suite au rapport du comit\u00e9 et \u00e0 la recommandation de cr\u00e9er un bureau f\u00e9d\u00e9ral pour les jeunes au Canada. Les gouvernements ont \u00e9cout\u00e9, mais ils n\u2019ont pas vraiment pris suffisamment de mesures. Voil\u00e0 pourquoi le projet de loi de la s\u00e9natrice Moodie est si important. Demander n\u2019a pas suffi. Nous devons agir pour donner une voix aux jeunes. Nous devons l\u2019inscrire dans la loi.<\/p>\n<p>Je suis d\u00e9\u00e7u parce que, quand je prendrai ma retraite, il se peut que je ne voie pas ce rapport devenir loi. Il faut beaucoup de temps, et nous avons affaire \u00e0 un gouvernement minoritaire. Qui sait ce qui peut se passer d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>Au S\u00e9nat et ailleurs, nous avons tous demand\u00e9 des mesures concr\u00e8tes. Entretemps, environ 60 pays ont cr\u00e9\u00e9 un bureau national de d\u00e9fenseur ind\u00e9pendant des enfants. Nous devons rattraper notre retard.<\/p>\n<p>Le Canada a ratifi\u00e9 la Convention des Nations unies relative aux droits de l\u2019enfant il y a pr\u00e8s de trois d\u00e9cennies. Nous continuons \u00e0 parler des \u00e9carts injustes et du bien-\u00eatre des enfants au Canada, mais, comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, les gouvernements n\u2019ont pas agi assez vigoureusement relativement \u00e0 ces responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>La convention \u00e9nonce clairement ces droits absolus, qui doivent \u00eatre garantis aux enfants dans une d\u00e9mocratie libre et \u00e9quitable, \u00e0 savoir la protection contre les abus et les pr\u00e9judices, le droit de participer au discours public et la promesse que les enfants re\u00e7oivent une \u00e9ducation de qualit\u00e9 et un niveau de vie ad\u00e9quat.<\/p>\n<p>Dans le dernier bilan innocenti de l\u2019UNICEF \u2014 tenez-vous bien, s\u00e9nateurs \u2014, le Canada s\u2019est class\u00e9 au 30e rang sur 38 pays riches en ce qui concerne le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral des enfants. Le bilan pr\u00e9cise que le Canada a obtenu de mauvais r\u00e9sultats en mati\u00e8re de survie, de sant\u00e9 physique et mentale et de bonheur des enfants, et un faible taux de relations de soutien.<\/p>\n<p>Il est facile pour nous de convenir que les enfants ont tout \u00e0 fait le droit de participer, mais nous devons leur donner les moyens et les outils n\u00e9cessaires pour r\u00e9ussir. Nous devons cr\u00e9er des environnements qui leur permettent de s\u2019exprimer. Un d\u00e9fenseur f\u00e9d\u00e9ral ind\u00e9pendant sera un vecteur de la pleine participation des jeunes \u00e0 notre d\u00e9mocratie et de leur participation aux changements politiques qui les concernent directement.<\/p>\n<p>Cela m\u2019am\u00e8ne \u00e0 une autre raison \u00e9thique pour laquelle le Canada est oblig\u00e9 de cr\u00e9er un bureau du commissaire \u00e0 l\u2019enfance. Les enfants ne peuvent pas voter, et il n\u2019existe actuellement aucun organe officiel ind\u00e9pendant qui puisse exiger une reddition de comptes de la part du gouvernement pour les d\u00e9cisions qui les concernent.<\/p>\n<p>De nombreux pays ont abaiss\u00e9 l\u2019\u00e2ge du droit de vote \u00e0 16 ans afin de combler une partie de cette lacune. Des exemples comme celui de l\u2019\u00c9cosse montrent que l\u2019abaissement de l\u2019\u00e2ge du droit de vote a stimul\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat des jeunes pour la politique et l\u2019engagement civique. En fait, lors d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum tenu r\u00e9cemment en \u00c9cosse, le taux de participation des jeunes de 16 et 17 ans a atteint 75 %.<\/p>\n<p>Avant de trop digresser, j\u2019ajouterais qu\u2019un commissariat \u00e0 l\u2019enfance pourrait faciliter la r\u00e9duction de l\u2019\u00e2ge requis pour voter au Canada tout en donnant une voix aux personnes qui ne peuvent pas voter. Je remercie la s\u00e9natrice McPhedran pour son travail dans ce domaine, qui se poursuit, et j\u2019appuie ses efforts.<\/p>\n<p>Ce changement aiderait le Canada \u00e0 satisfaire \u00e0 ses obligations \u00e0 l\u2019\u00e9gard des droits de l\u2019enfant pr\u00e9vus par la convention, particuli\u00e8rement le droit des jeunes d\u2019\u00eatre entendus et d\u2019influencer les politiques qui les concernent. Il aurait aussi d\u2019autres avantages, comme la possibilit\u00e9 d\u2019inclure davantage de points de vue, d\u2019am\u00e9liorer les lois et les politiques gouvernementales et, peut-\u00eatre, d\u2019accro\u00eetre le taux de participation aux suffrages une fois que les jeunes sont en \u00e2ge de voter.<\/p>\n<p>Cr\u00e9er un commissariat \u00e0 l\u2019enfance, c\u2019est investir dans la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 continues des g\u00e9n\u00e9rations futures, tout en cr\u00e9ant un m\u00e9canisme qui pourrait favoriser la participation des jeunes \u00e0 la politique et leur int\u00e9r\u00eat pour ce domaine. Il serait bon, pour des raisons d\u2019\u00e9thique, d\u2019investir dans la prochaine g\u00e9n\u00e9ration et celles qui suivront. Ce serait aussi avantageux sur le plan \u00e9conomique : d\u2019apr\u00e8s un rapport du Conference Board du Canada, 1 $ investi dans l\u2019\u00e9ducation pr\u00e9scolaire nous rapporte 6 $ plus tard.<\/p>\n<p>Un commissaire f\u00e9d\u00e9ral veillera \u00e0 ce que le Canada investisse judicieusement dans les programmes destin\u00e9s aux enfants, en plus de faire avancer la mise en \u0153uvre de la Convention relative aux droits de l\u2019enfant des Nations unies. Le commissariat collaborerait avec les Premi\u00e8res Nations, les M\u00e9tis, les Inuits et les Innus dans le but de surveiller les mesures prises par le gouvernement pour faire suite aux appels \u00e0 l\u2019action de la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation, aux recommandations de l\u2019Enqu\u00eate nationale sur les femmes et les filles autochtones assassin\u00e9es ou port\u00e9es disparues et de la D\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, tout cela dans le but de r\u00e9aliser des r\u00e9sultats mesurables pour les enfants du Canada.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais vous raconter une histoire personnelle. Il y a pr\u00e8s de deux ans, j\u2019ai eu le privil\u00e8ge de pr\u00e9senter Mme Cindy Blackstock lors d\u2019une conf\u00e9rence sur les d\u00e9ficiences intellectuelles \u00e0 Winnipeg, au Manitoba. C\u2019\u00e9tait une journ\u00e9e typique \u00e0 Winnipeg : il faisait froid. Lors de la pr\u00e9sentation de Mme Blackstock, toutes les personnes dans la salle, moi y compris, se sont retrouv\u00e9es captiv\u00e9es par sa pr\u00e9sence chaleureuse. La plupart d\u2019entre vous ont d\u00e9j\u00e0 entendu cette histoire, mais elle m\u00e9rite d\u2019\u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9e. On nous a racont\u00e9 l\u2019histoire d\u00e9chirante d\u2019un bel enfant de cinq ans, Jordan River Anderson, de la nation crie Norway House, qui \u00e9tait atteint du syndrome de Carey-Fineman-Ziter et qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans des circonstances tragiques. Mme Blackstock nous a permis de perp\u00e9tuer la m\u00e9moire de Jordan en nous enseignant \u00e0 nouveau le principe de Jordan. Comme bon nombre d\u2019entre vous le savent, le principe de Jordan est une initiative \u00ab l\u2019enfant d\u2019abord \u00bb en vigueur au Canada qui est ax\u00e9e sur les besoins et qui garantit que tous les enfants des Premi\u00e8res Nations qui vivent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des r\u00e9serves ont un acc\u00e8s \u00e9gal \u00e0 tous les services gouvernementaux. Selon le principe de Jordan, les enfants des Premi\u00e8res Nations ne doivent pas se voir refuser l\u2019acc\u00e8s aux services publics parce que les gouvernements se disputent pour savoir qui doit en assumer les co\u00fbts.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de Jordan et le principe qui a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en son honneur sont rest\u00e9s grav\u00e9s dans ma m\u00e9moire, en partie parce que je connais si bien l\u2019histoire. Dans mon travail visant \u00e0 d\u00e9fendre les droits des enfants et des familles vivant avec l\u2019autisme, les gouvernements se sont renvoy\u00e9 la balle pendant 10 ans, sinon plus, pour \u00e9viter d\u2019avoir \u00e0 prendre les devants dans ce dossier. Pendant que les adultes se chicanent, les enfants souffrent.<\/p>\n<p>L\u2019ind\u00e9cision et la procrastination ont assez dur\u00e9. Il est \u00e9vident que tous les enfants au Canada m\u00e9ritent une approche ax\u00e9e sur \u00ab l\u2019enfant d\u2019abord \u00bb et fond\u00e9e sur les besoins. Nous devons tous tirer des enseignements de l\u2019histoire de Jordan River Anderson. Le principe de Jordan devrait \u00eatre l\u2019objectif \u00e0 atteindre pour tous les enfants.<\/p>\n<p>Un bureau f\u00e9d\u00e9ral ind\u00e9pendant de d\u00e9fense des droits des enfants pourrait enqu\u00eater sur des questions qui portent sur les enfants les plus vuln\u00e9rables du Canada, comme les enfants racialis\u00e9s et ceux qui vivent avec un handicap physique ou intellectuel. Ces groupes sont beaucoup plus souvent victimes de discrimination que les autres enfants canadiens. Ils sont aussi plus susceptibles de vivre des exp\u00e9riences n\u00e9gatives pendant l\u2019enfance, comme de la pauvret\u00e9 et de la violence, et ils tirent souvent peu de satisfaction de la vie.<\/p>\n<p>Nous savons que les enfants atteints d\u2019une d\u00e9ficience intellectuelle sont au moins deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvret\u00e9 que leurs pairs et qu\u2019ils sont beaucoup plus susceptibles que les enfants sans handicap d\u2019\u00e9prouver un sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Son Honneur la Pr\u00e9sidente suppl\u00e9ante :<\/strong> Voulez-vous avoir quelques minutes de plus?<\/p>\n<p><strong>Le s\u00e9nateur Munson :<\/strong> J\u2019aimerais bien avoir quelques minutes de plus.<\/p>\n<p><strong>Son Honneur la Pr\u00e9sidente suppl\u00e9ante :<\/strong> Le consentement est-il accord\u00e9?<\/p>\n<p><strong>Des voix :<\/strong> D\u2019accord.<\/p>\n<p><strong>Le s\u00e9nateur Munson :<\/strong> Qui plus est, il est \u00e9tabli que les enfants noirs, m\u00e9tis, inuits et les enfants des Premi\u00e8res Nations sont surrepr\u00e9sent\u00e9s dans le syst\u00e8me des services de protection de l\u2019enfance et le syst\u00e8me judiciaire pour les jeunes et qu\u2019ils sont aussi plus susceptibles d\u2019\u00eatre victimes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Ainsi, il leur arrive plus souvent qu\u2019\u00e0 leurs pairs d\u2019\u00eatre expuls\u00e9s ou suspendus.<\/p>\n<p>Les enfants constituent le groupe le plus d\u00e9pendant de la population. Nous devons, en tant que d\u00e9cideurs, assumer la responsabilit\u00e9 de leur protection. Le commissaire pourrait agir comme interm\u00e9diaire et serait mieux \u00e0 m\u00eame d\u2019examiner les in\u00e9galit\u00e9s qui existent entre les enfants et les adultes, et les multiples obstacles auxquels font face les enfants vuln\u00e9rables au Canada.<\/p>\n<p>Notre pays compte plus de 10 millions de jeunes. Plus du tiers de ces jeunes disent ne pas avoir une enfance leur permettant d\u2019\u00eatre en s\u00e9curit\u00e9 et en sant\u00e9. Le quart des enfants indiquent qu\u2019il leur arrive souvent de partir pour l\u2019\u00e9cole ou de se coucher le ventre vide. Comment imaginer ne pas avoir assez \u00e0 manger dans ce pays? Et on n\u2019a pas \u00e0 aller bien loin de la Colline du Parlement \u2014 je vis ici depuis longtemps \u2014 pour en voir des exemples ici m\u00eame dans la capitale nationale.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, les enfants du monde entier ont vu leur routine bris\u00e9e. La pand\u00e9mie de COVID-19 a chang\u00e9 leur fa\u00e7on de vivre; nous le voyons. Comme nous en parlons ici depuis le printemps, la pand\u00e9mie soul\u00e8ve des questions de sant\u00e9 mentale et a fait augmenter les cas de violence familiale.<\/p>\n<p>Les enfants d\u2019abord Canada sont un groupe incroyable qui dispose de donn\u00e9es sur la sant\u00e9 mentale qui proviennent de Statistique Canada et qui indiquent que les enfants estiment que leur sant\u00e9 mentale se d\u00e9t\u00e9riore \u00e0 cause de la pand\u00e9mie. Ce sont ces chiffres qui m\u2019attristent. Le suicide demeure la deuxi\u00e8me cause de d\u00e9c\u00e8s chez les jeunes de 15 \u00e0 24 ans, mais il est d\u00e9sormais aussi la principale cause de d\u00e9c\u00e8s chez les enfants de 10 \u00e0 14 ans. Les enfants canadiens souffrent mentalement et physiquement plus que jamais.<\/p>\n<p>Le Centre national contre l\u2019exploitation des enfants de la GRC a constat\u00e9 une hausse du nombre de cas d\u2019exploitation sexuelle des enfants signal\u00e9s, tout comme la ligne de d\u00e9nonciation du Centre canadien de protection de l\u2019enfance qui permet de signaler l\u2019exploitation sexuelle des enfants en ligne. Cette derni\u00e8re a connu une hausse de 81 % en avril, mai et juin de cette ann\u00e9e. Pensons-y un instant.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, je termine en disant que le bien-\u00eatre des enfants au Canada a d\u00e9clin\u00e9 au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie. Des facteurs de risque qui se recoupent comme la pauvret\u00e9, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, l\u2019acc\u00e8s aux services de sant\u00e9 mentale et les luttes familiales ont \u00e9t\u00e9 aggrav\u00e9s par la pand\u00e9mie et ont accru les effets n\u00e9gatifs sur les jeunes. La pand\u00e9mie a rendu encore plus \u00e9vident le fait que le Canada a besoin d\u2019un porte-parole f\u00e9d\u00e9ral ind\u00e9pendant des enfants et des jeunes.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais citer un extrait du rapport unanime produit par le comit\u00e9 en 2007 pour le S\u00e9nat, qui porte sur l\u2019importance de l\u2019inclusion :<\/p>\n[\u2026] le point de vue des enfants est rarement pris en compte dans les d\u00e9cisions gouvernementales, m\u00eame s\u2019ils forment l\u2019un des groupes les plus touch\u00e9s par l\u2019action ou l\u2019inaction gouvernementale. Les enfants ne sont pas simplement sous-repr\u00e9sent\u00e9s, ils ne sont pratiquement pas repr\u00e9sent\u00e9s du tout.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, j\u2019ai eu l\u2019honneur de parrainer la Loi canadienne sur l\u2019accessibilit\u00e9, et pendant cette p\u00e9riode, nous avons appris un mantra du milieu des personnes handicap\u00e9es : <em>rien de nous sans nous<\/em>. En ce qui me concerne, c\u2019est le mantra qui devrait \u00eatre utilis\u00e9 dans l\u2019\u00e9laboration des politiques. N\u2019excluons pas les enfants du processus d\u00e9cisionnel. Leur voix permettra d\u2019obtenir de meilleurs r\u00e9sultats et de garantir un meilleur avenir pour nous tous. Nous devons les inclure. L\u2019inclusion, comme vous le savez, est ma devise.<\/p>\n<p>Honorables s\u00e9nateurs, en principe, le projet de loi se rendra \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la deuxi\u00e8me lecture et il m\u00e9rite d\u2019\u00eatre adopt\u00e9 le plus rapidement possible et d\u2019\u00eatre renvoy\u00e9 au comit\u00e9. J\u2019ai h\u00e2te qu\u2019il soit devant le comit\u00e9 pour \u00e9couter les points de vue des jeunes Canadiens de tout le pays.<\/p>\n<p>Madame la s\u00e9natrice Moodie, je tiens \u00e0 vous remercier de votre travail dans ce dossier, de votre amour des enfants et de la d\u00e9fense de leurs droits. Merci beaucoup, honorables s\u00e9nateurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019honorable Jim Munson : Honorables s\u00e9nateurs, selon l\u2019adage, on peut chercher \u00e0 s\u2019assagir en vieillissant tout en continuant \u00e0 regarder le monde avec des yeux d\u2019enfant. 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