{"id":19835,"date":"2025-12-02T11:01:42","date_gmt":"2025-12-02T16:01:42","guid":{"rendered":"https:\/\/theprogressives.ca\/?p=19835"},"modified":"2025-12-03T11:23:08","modified_gmt":"2025-12-03T16:23:08","slug":"letape-du-rapport-du-projet-de-loi-s-2-loi-modifiant-la-loi-sur-les-indiens-nouveaux-droits-a-linscription-avec-amendement-et-observations-senatrice-white","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/au-senat\/discours\/letape-du-rapport-du-projet-de-loi-s-2-loi-modifiant-la-loi-sur-les-indiens-nouveaux-droits-a-linscription-avec-amendement-et-observations-senatrice-white\/","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9tape du rapport du projet de loi S-2, Loi modifiant la Loi sur les Indiens (nouveaux droits \u00e0 l&rsquo;inscription), avec amendement et observations\u2014S\u00e9natrice White"},"content":{"rendered":"<p><iframe title=\"La s\u00e9natrice White prend la parole \u00e0 l&#039;\u00e9tape du rapport du projet de loi S-2 - 2 d\u00e9cembre 2025 (FR)\" width=\"640\" height=\"360\" data-src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Lu47QiipyhE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" class=\"lazyload\" data-load-mode=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p><b>L\u2019honorable Judy A. White :<span>\u00a0<\/span><\/b>Honorables s\u00e9nateurs, je souscris enti\u00e8rement \u00e0 ces amendements, mais je ne peux pas les appuyer pour le moment. Je m\u2019explique.<\/p>\n<p>Ma perspective repose sur le principe mi\u2019kmaq que l\u2019a\u00een\u00e9 Albert Marshall d\u2019Eskasoni a fait sien, celui du \u00ab double regard \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019apprendre \u00e0 voir, d\u2019un \u0153il, les avantages du savoir autochtone et, de l\u2019autre, les vertus des institutions et des lois occidentales. Ce principe nous apprend que l\u2019\u00e9quilibre est n\u00e9cessaire au v\u00e9ritable progr\u00e8s, qu\u2019au lieu de choisir une fa\u00e7on de voir le monde au d\u00e9triment d\u2019une autre, il vaut mieux s\u2019inspirer des deux visions pour assurer le bien-\u00eatre de nos gens.<\/p>\n<p>Je me rappelle \u00e9galement que, dans le discours du Tr\u00f4ne qu\u2019il a prononc\u00e9 devant le Parlement, Sa Majest\u00e9 le roi Charles III a parl\u00e9 de ce qu\u2019il a appel\u00e9 \u00ab confronter la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire faire face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, aussi dure soit-elle, sans lunettes roses, reconna\u00eetre les lacunes des syst\u00e8mes et s\u2019engager \u00e0 apporter de mani\u00e8re honn\u00eate les correctifs n\u00e9cessaires, malgr\u00e9 le malaise que cela peut cr\u00e9er.<\/p>\n<p>C\u2019est dans cet esprit, avec la perspective autochtone et avec en t\u00eate la responsabilit\u00e9 de confronter la r\u00e9alit\u00e9, que j\u2019entends me prononcer sur le projet de loi\u00a0S-2.<\/p>\n<p>Le projet de loi\u00a0S-2 cherche \u00e0 corriger certaines iniquit\u00e9s qui se retrouvent depuis longtemps dans la Loi sur les Indiens. Il mise pour ce faire sur trois grandes modifications. Premi\u00e8rement, il remplace certains termes d\u00e9suets et offensants; deuxi\u00e8mement, il cr\u00e9e un nouveau processus pour les personnes qui souhaitent retirer leur nom du registre des Indiens; et troisi\u00e8mement, il s\u2019attaque aux iniquit\u00e9s cr\u00e9\u00e9es par l\u2019\u00e9mancipation, en plus de redonner aux personnes concern\u00e9es le droit de r\u00e9clamer le statut d\u2019Indien et aux femmes qui se sont mari\u00e9es avant 1985 celui de r\u00e9int\u00e9grer leur bande natale.<\/p>\n<p>Ce projet de loi corrige des injustices pr\u00e9cises qui touchent les familles autochtones depuis bien trop longtemps. Il repr\u00e9sente un progr\u00e8s, m\u00eame s\u2019il est modeste, et il met fin \u00e0 des pr\u00e9judices.<\/p>\n<p>Comme l\u2019a dit la s\u00e9natrice Audette \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la deuxi\u00e8me lecture, ce projet de loi est\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[&#8230;] le d\u00e9but d\u2019une r\u00e9ponse\u00a0\u2014 une r\u00e9ponse \u00e0 des d\u00e9cennies d\u2019injustices que des gens, des humains, des hommes et des femmes ont v\u00e9cues et continuent de vivre.<\/p>\n<p>Le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd\u2019hui s\u2019appuie sur des exp\u00e9riences v\u00e9cues, les connaissances de la communaut\u00e9 et un engagement ind\u00e9fectible envers la justice.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, je vais vous donner quelques pr\u00e9cisions sur la port\u00e9e du projet de loi\u00a0S-2. Je veux parler des pr\u00e9judices qui seront r\u00e9par\u00e9s au moyen de ce projet de loi. Ce projet de loi n\u2019est qu\u2019une pi\u00e8ce du casse-t\u00eate. Il est important de reconna\u00eetre qu\u2019il existe de nombreuses formes de discrimination qui pr\u00e9valent encore dans la Loi sur les Indiens, et ce projet de loi ne vise pas \u00e0 les \u00e9liminer toutes.<\/p>\n<p>J\u2019aborderai certaines questions qui subsistent concernant l\u2019appartenance \u00e0 une Premi\u00e8re Nation, notamment en ce qui a trait \u00e0 l\u2019exclusion apr\u00e8s la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ral et au cas particulier de la Premi\u00e8re Nation Qalipu dans ma province, Terre-Neuve-et-Labrador. Je soulignerai \u00e9galement l\u2019importance historique du fait que ce projet de loi soit marrain\u00e9 par des femmes des Premi\u00e8res Nations dans les deux Chambres du Parlement, et je conclurai en insistant sur l\u2019importance de poursuivre la lutte contre le colonialisme et l\u2019injustice dans la Loi sur les Indiens et partout ailleurs.<\/p>\n<p>Je viens d\u2019une petite communaut\u00e9 mi\u2019kmaq sur la c\u00f4te Ouest de la portion insulaire de notre province, Flat Bay. Notre communaut\u00e9 est gouvern\u00e9e par un chef et par un conseil. Il n\u2019y a pas de municipalit\u00e9s. Nous sommes membres de l\u2019Assembl\u00e9e des Premi\u00e8res Naitons. Nous \u00e9tions des Indiens avant que ce soit tendance d\u2019\u00eatre un Indien.<\/p>\n<p>Quand Terre-Neuve s\u2019est jointe \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration, en 1949, notre province est devenue la 10<sup>e<\/sup><span>\u00a0<\/span>du Canada, mais les Mi\u2019kmaqs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment laiss\u00e9s de c\u00f4t\u00e9, ni plus ni moins. Au moment de l\u2019Union, la Loi sur les Indiens n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e. Sur papier, l\u2019identit\u00e9 autochtone \u00e0 Terre-Neuve-et-Labrador a pour ainsi dire \u00e9t\u00e9 effac\u00e9e. Il ne s\u2019agissait pas d\u2019une m\u00e9prise. Cette d\u00e9cision refl\u00e9tait la mentalit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque\u00a0: pour \u00e9liminer le \u00ab probl\u00e8me indien \u00bb, il faut \u00e9liminer les Indiens. Sur papier, nous n\u2019existions pas. La plupart d\u2019entre nous l\u2019ignorions. Nous continuions de vivre notre vie comme nous l\u2019avions toujours v\u00e9cue.<\/p>\n<p>Vu les contraintes de temps qui nous sont impos\u00e9es, je vais m\u2019en tenir \u00e0 une version abr\u00e9g\u00e9e\u00a0\u2014 vous verrez, m\u00eame les Coles Notes vous sembleront particuli\u00e8rement succinctes.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, les peuples autochtones de la province ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019unir. Ils ont tra\u00een\u00e9 le gouvernement devant les tribunaux\u00a0\u2014 pour cause de discrimination, rien de moins\u00a0\u2014 au motif qu\u2019il ne traitait pas les Indiens de Terre-Neuve-et-Labrador comme ceux du reste du pays. Apr\u00e8s de nombreuses ann\u00e9es de n\u00e9gociations, et m\u00eame une gr\u00e8ve de la faim de la part de neuf guerriers de Conne River, une r\u00e9serve a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Terre-Neuve. Flat Bay, ma communaut\u00e9, devait suivre, et d\u2019autres apr\u00e8s elle, mais les vents politiques ont tourn\u00e9 et nous sommes tomb\u00e9s dans l\u2019oubli. La contestation judiciaire a suivi son cours, et c\u2019est ce qui nous am\u00e8ne \u00e0 la formation de la Premi\u00e8re Nation de Qalipu, en 2009.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles coloniales continuent de dicter qui le Canada doit reconna\u00eetre et qui il doit renier. L\u2019identit\u00e9 demeure entre les mains du f\u00e9d\u00e9ral, au lieu d\u2019\u00eatre enti\u00e8rement entre les mains des Autochtones, et l\u2019exp\u00e9rience de la Premi\u00e8re Nation de Qalipu en est le plus parfait exemple.<\/p>\n<p>Quand la Premi\u00e8re Nation de Qalipu a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, il s\u2019agissait d\u2019une bande sans territoire, autrement dit d\u2019une personne morale. Le but consistait \u00e0 corriger un tort historique, \u00e0 faire en sorte que notre province reconnaisse de nouveau les Mi\u2019kmaq, qui \u00e9taient exclus des politiques f\u00e9d\u00e9rales depuis des g\u00e9n\u00e9rations. Or, le processus comportait des lacunes. Au total, 100\u00a0000 personnes ont demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre inscrites. Notre province ne compte que 500\u00a0000 habitants. Les gens pr\u00e9sentaient une demande de bonne foi, mais les r\u00e8gles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9crites par apr\u00e8s.<\/p>\n<p>Certaines familles ayant des racines culturelles bien ancr\u00e9es et une forte pr\u00e9sente communautaire ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es. Par contre, beaucoup de personnes n\u2019ayant aucun lien v\u00e9ritable avec le patrimoine mi\u2019kmaq ont obtenu le statut d\u2019Indien. Chez nous, nous disons qu\u2019ils sont des Indiens seulement sur papier. Le r\u00e9sultat est un registre incoh\u00e9rent, car des noms qui ne devraient pas y \u00eatre s\u2019y trouvent et d\u2019autres noms qui auraient toujours d\u00fb y figurer n\u2019y figurent pas.<\/p>\n<p>Cette situation a caus\u00e9 de v\u00e9ritables pr\u00e9judices. Certaines familles mi\u2019kmaq l\u00e9gitimes ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9es de la reconnaissance et des droits qu\u2019elles m\u00e9ritaient. Elle a permis \u00e0 la bureaucratie f\u00e9d\u00e9rale de d\u00e9finir l\u2019appartenance autochtone \u00e0 la place des communaut\u00e9s autochtones. \u00c0 cause d\u2019elle, certaines personnes de ma communaut\u00e9, moi y compris, ont d\u00fb se plier \u00e0 un processus d\u00e9faillant pour faire reconna\u00eetre leur identit\u00e9.<\/p>\n<p>Voici quelques exemples qui illustrent \u00e0 quel point le processus est d\u00e9faillant. Il y a le cas des trois enfants; le plus vieux et le plus jeune ont eu droit au statut d\u2019Indien, mais pas celui du milieu. Les trois ont pourtant les m\u00eames parents. Je pense aussi \u00e0 ce jeune homme et \u00e0 sa s\u0153ur; lui a \u00e9t\u00e9 inscrit, mais pas elle, parce qu\u2019elle fr\u00e9quentait l\u2019universit\u00e9. Voil\u00e0 \u00e0 quel point le processus d\u2019inscription est d\u00e9faillant.<\/p>\n<p>La Premi\u00e8re Nation Qalipu et ses membres tentent de nous effacer en nous rempla\u00e7ant, en essayant de faire dispara\u00eetre ma communaut\u00e9 de l\u2019Assembl\u00e9e des Premi\u00e8res Nations, en ne reconnaissant pas nos a\u00een\u00e9s de mani\u00e8re respectueuse, en disant \u00ab Oh, ne parlez pas aux a\u00een\u00e9s de Flat Bay \u00bb, ces m\u00eames personnes qui sont \u00e0 la base du mouvement autochtone \u00e0 Terre-Neuve-et-Labrador. C\u2019est de l\u2019injustice pure et simple.<\/p>\n<p>Avant que mes comptes explosent sur les r\u00e9seaux sociaux, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser qu\u2019il existe des Indiens inscrits l\u00e9gitimement au sein de la Premi\u00e8re Nation Qalipu, quoique beaucoup ne le sont pas. Je fournis cette information afin de mettre en contexte les le\u00e7ons qui ont \u00e9t\u00e9 apprises et les changements qui doivent \u00eatre apport\u00e9s \u00e0 l\u2019avenir dans le cadre de la Loi sur les Indiens.<\/p>\n<p>Nous devons veiller \u00e0 ce que l\u2019inscription soit men\u00e9e \u00e0 l\u2019avenir par la communaut\u00e9, afin que la communaut\u00e9 elle-m\u00eame d\u00e9finisse le lien avec la communaut\u00e9 et qui sont ses membres.<\/p>\n<p>Toute future inscription doit ob\u00e9ir \u00e0 des r\u00e8gles claires, fiables et transparentes. Elle doit inclure les a\u00een\u00e9s et les porteurs du savoir. Elle doit respecter l\u2019identit\u00e9 v\u00e9cue, et non les formalit\u00e9s administratives, et elle doit pr\u00e9voir des recours \u00e9quitables qui r\u00e9tablissent la dignit\u00e9, plut\u00f4t que de la nier.<\/p>\n<p>Le projet de loi\u00a0S-2 r\u00e9pond \u00e0 la question urgente de l\u2019\u00e9mancipation, une pratique historique qui continue d\u2019avoir des effets d\u00e9vastateurs sur les communaut\u00e9s autochtones. Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 entendu, l\u2019\u00e9mancipation \u00e9tait la politique qui permettait aux membres des Premi\u00e8res Nations de renoncer \u00e0 leur statut afin d\u2019obtenir certains avantages, notamment le droit de vote. Certaines personnes ont accept\u00e9 cette proc\u00e9dure de leur plein gr\u00e9, d\u2019autres non.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure actuelle, la Loi sur les Indiens ne mentionne pas que les personnes touch\u00e9es par l\u2019\u00e9mancipation ont le droit d\u2019\u00eatre inscrites. Ce projet de loi cr\u00e9erait une nouvelle disposition qui donnerait le droit de s\u2019inscrire aux personnes qui se sont vu refuser le statut d\u2019Indien ou qui ont perdu leur statut en raison de leur \u00e9mancipation.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mancipation a pris fin vers les ann\u00e9es 1960, mais ses cons\u00e9quences se sont transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mancip\u00e9s, et leurs descendants, demeurent priv\u00e9s de leur statut. Le projet de loi \u00e0 l\u2019\u00e9tude offre un moyen de leur rendre ce qui leur a \u00e9t\u00e9 injustement retir\u00e9.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages ont confirm\u00e9 pourquoi ce travail ne peut attendre. Kathryn Fournier a affirm\u00e9 que l\u2019\u00e9mancipation \u00ab relevait du g\u00e9nocide par sa port\u00e9e \u00bb. Le chef autochtone Wilton Littlechild, qui est avocat, a relev\u00e9 des incoh\u00e9rences entre la Loi sur les Indiens et les obligations du Canada en vertu de la D\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, en particulier les articles 6, 7, 8 et 9, qui prot\u00e8gent l\u2019identit\u00e9 autochtone et interdisent l\u2019assimilation forc\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans l\u2019affaire<span>\u00a0<\/span><i>Nicholas<\/i>, la Cour supr\u00eame de la Colombie-Britannique a confirm\u00e9 que certaines dispositions de la Loi sur les Indiens violent les droits \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 des familles touch\u00e9es au titre de l\u2019article\u00a015 de la Charte canadienne des droits et libert\u00e9s. La cour a donn\u00e9 au Canada jusqu\u2019\u00e0\u00a0avril\u00a02026 pour rem\u00e9dier \u00e0 cette violation. Le projet de loi\u00a0S-2 est la solution. L\u2019adoption de ce projet de loi n\u2019est pas facultative. C\u2019est une obligation morale et une obligation en vertu de la Charte.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement important de noter les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l\u2019inscription qui ne sont pas abord\u00e9s dans le projet de loi\u00a0S-2. Au comit\u00e9, de nombreux t\u00e9moins ont pr\u00e9cis\u00e9ment indiqu\u00e9 que l\u2019exclusion apr\u00e8s la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration au titre du paragraphe\u00a06(2) de la Loi sur les Indiens est une priorit\u00e9. Nous avons entendu de nombreux t\u00e9moignages, comme l\u2019ont soulign\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment nos coll\u00e8gues, sur les pr\u00e9judices caus\u00e9s par le paragraphe\u00a06(2). Il ne fait aucun doute qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question urgente qui cause des pr\u00e9judices et qui doit \u00eatre trait\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile au comit\u00e9. Beaucoup de larmes ont \u00e9t\u00e9 vers\u00e9es, non seulement par les t\u00e9moins, mais aussi par nous, les membres du comit\u00e9. Nous sommes tous touch\u00e9s par cette question, tous les Indiens inscrits qui se trouvent ici, dans la tribune et dans la salle. La ministre elle-m\u00eame est touch\u00e9e.<\/p>\n<p>Je f\u00e9licite les membres du Comit\u00e9 s\u00e9natorial permanent des peuples autochtones. Je salue le travail que vous accomplissez et que vous essayez d\u2019accomplir. Toutefois, l\u2019inscription est une question complexe qui n\u00e9cessite son propre processus d\u2019\u00e9laboration.<\/p>\n<p>\u00c0 plusieurs reprises, la ministre des Services aux Autochtones a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 son engagement \u00e0 travailler avec les communaut\u00e9s autochtones afin de trouver une solution \u00e9labor\u00e9e conjointement, de nation \u00e0 nation, et provenant des communaut\u00e9s elles-m\u00eames.<\/p>\n<p>Nous ne devons pas entraver ce travail en ajoutant des amendements au projet de loi\u00a0S-2. Il est tr\u00e8s important que nous fassions bien les choses. Nous devons laisser \u00e0 la ministre le temps n\u00e9cessaire pour continuer \u00e0 rechercher des solutions et \u00e0 \u00e9couter les communaut\u00e9s avant d\u2019agir en ce qui concerne le paragraphe\u00a06(2).<\/p>\n<p>Adopter ce projet de loi sans amendement ne met pas fin \u00e0 nos efforts pour modifier la Loi sur les Indiens. Cela ne veut pas dire que nous ne tenons pas compte d\u2019autres probl\u00e8mes urgents en ce qui concerne l\u2019appartenance et les autres dispositions discriminatoires de la Loi sur les Indiens.<\/p>\n<p>Cela signifie plut\u00f4t que nous faisons un pas vers la justice. Nous poursuivrons ces efforts comme il se doit dans un esprit de r\u00e9conciliation, de fa\u00e7on conjointe, et conform\u00e9ment \u00e0 nos obligations en vertu de la Charte et de la D\u00e9claration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.<\/p>\n<p>Le double regard nous enseigne \u00e0 faire les choses de fa\u00e7on responsable et respectueuse. Ce ne sont pas que de simples modifications qui sont demand\u00e9es; il faut un dialogue approfondi de nation \u00e0 nation et des solutions communautaires.<\/p>\n<p>Nous devons avoir la lucidit\u00e9 et l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de reconna\u00eetre que, si nous adoptons des amendements \u00e0 ce projet de loi \u00e0 la h\u00e2te, nous risquons de retarder la justice pour les familles \u00e9mancip\u00e9es qui attendent d\u00e9j\u00e0 depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Honorables coll\u00e8gues, pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire du Canada, le poste de ministre des Services aux Autochtones est occup\u00e9 par une femme autochtone qui a \u00e9t\u00e9 grande cheffe au sein de nos syst\u00e8mes traditionnels, ce qui n\u2019est pas anodin. Son leadership est important. Trop souvent, on s\u2019attend \u00e0 ce que les femmes autochtones en position de pouvoir portent le poids de la perfection, justifient leur pr\u00e9sence, et fassent tout pour tout le monde. Aujourd\u2019hui, je rejette ces attentes. Je prends la parole non pas pour critiquer ou contester, mais pour offrir mon soutien.<\/p>\n<p>Je tiens \u00e0 saluer Cindy Woodhouse Nepinak, cheffe nationale de l\u2019Assembl\u00e9e des Premi\u00e8res Nations. Je vous remercie de votre leadership.<\/p>\n<p>\u00c0 la marraine du projet de loi, la s\u00e9natrice Audette\u00a0: vous \u00eates ph\u00e9nom\u00e9nale. Vous d\u00e9cortiquez chaque question morceau par morceau. Je suis fi\u00e8re de ce que vous faites. C\u2019est un honneur de faire partie\u00a0de cette auguste assembl\u00e9e en votre compagnie.<\/p>\n<p>\u00c0 la ministre Gull-Masty\u00a0: vous \u00eates en train d\u2019\u00e9crire une page\u00a0d\u2019histoire, mais surtout, vous faites bouger les choses. Vous cr\u00e9ez de nouveaux souvenirs dans la m\u00e9moire de nos enfants. Vous montrez \u00e0 des g\u00e9n\u00e9rations de jeunes Autochtones\u00a0\u2014 surtout aux filles\u00a0\u2014 qu\u2019en plus d\u2019appartenir \u00e0 ces espaces, nous y sommes essentiels.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais que ce moment marque une transition, sur le plan de la repr\u00e9sentation, certes, mais aussi sur celui du respect; qu\u2019il ne se traduise pas seulement par des paroles, mais aussi par des actes; qu\u2019il s\u2019inscrivent non seulement dans une d\u00e9marche politique, mais qu\u2019il ouvre la voie \u00e0 une v\u00e9ritable r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Une ancienne grande cheffe, je tiens \u00e0 la r\u00e9p\u00e9ter, exerce aujourd\u2019hui les fonctions de ministre des Services aux Autochtones\u00a0\u2014 jamais je n\u2019aurais cru que ce jour arriverait\u00a0\u2014, prend les devants, prend sur elle de restaurer la confiance et de rendre justice \u00e0 notre peuple. Elle est en train de faire tomber des obstacles qui existent depuis des si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 sans \u00e9quivoque. Elle ne peut accepter aucun amendement pour le moment. M\u00eame si j\u2019entends ceux qui voudraient aller plus loin\u00a0\u2014 et je suis tout \u00e0 fait d\u2019accord pour dire, moi aussi, qu\u2019il faut en faire plus\u00a0\u2014, je ne peux pas appuyer des amendements qui risquent de compromettre les progr\u00e8s qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s aujourd\u2019hui. Je choisis plut\u00f4t de soutenir cette ministre autochtone dans le r\u00f4le historique qu\u2019elle joue, et je m\u2019engage \u00e0 travailler avec elle pour veiller \u00e0 ce que le prochain chapitre de ce processus soit \u00e0 la hauteur des normes que notre peuple m\u00e9rite.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019heure actuelle, avec le \u00ab double regard \u00bb et une honn\u00eatet\u00e9 lucide, je me dois d\u2019appuyer cette ministre. L\u2019adoption du projet de loi\u00a0S-2 est \u00e0 la fois un imp\u00e9ratif moral et une obligation l\u00e9gale. Bien que l\u2019adoption de ce projet de loi ne r\u00e9glera pas toutes les dispositions discriminatoires qui subsistent dans la Loi sur les Indiens, elle repr\u00e9sente n\u00e9anmoins une avanc\u00e9e historique, une \u00e9tape vers la justice pour les familles, les hommes et les femmes autochtones, qui attendent depuis d\u00e9j\u00e0 trop longtemps.<\/p>\n<p>Adoptons ce projet de loi sans amendements, non pas parce qu\u2019il est parfait, mais parce que la justice diff\u00e9r\u00e9e est une justice refus\u00e9e. Nous maintiendrons la pression. Nous continuerons de rem\u00e9dier \u00e0 la situation. Nous n\u2019arr\u00eaterons pas tant que les communaut\u00e9s et les nations autochtones ne d\u00e9termineront pas enti\u00e8rement leur identit\u00e9, leur citoyennet\u00e9 et leur avenir.<\/p>\n<p>Nous devons adopter ce projet de loi, non pas parce que c\u2019est la solution d\u00e9finitive, mais parce que c\u2019est un d\u00e9but et que certains d\u2019entre nous, comme Beverly Asmann et la Michel Callihoo Nation Society, attendent ce moment depuis bien trop longtemps.<\/p>\n<p><i>Wela\u2019 lin<\/i>. Je vous remercie.<\/p>\n<p><b>Des voix :<span>\u00a0<\/span><\/b>Bravo!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019honorable Judy A. White :\u00a0Honorables s\u00e9nateurs, je souscris enti\u00e8rement \u00e0 ces amendements, mais je ne peux pas les appuyer pour le moment. Je m\u2019explique. Ma perspective repose sur le principe mi\u2019kmaq que l\u2019a\u00een\u00e9 Albert Marshall d\u2019Eskasoni a fait sien, celui du \u00ab double regard \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019apprendre \u00e0 voir, d\u2019un \u0153il, les avantages du savoir&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1918,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"wds_primary_category":0,"footnotes":""},"categories":[98],"tags":[],"senator_posts":[177],"class_list":["post-19835","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discours","senator_posts-l-hon-judy-white"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19835","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19835"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19835\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1918"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19835"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19835"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19835"},{"taxonomy":"senator_posts","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/senator_posts?post=19835"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}