{"id":14834,"date":"2023-10-31T12:27:37","date_gmt":"2023-10-31T16:27:37","guid":{"rendered":"https:\/\/theprogressives.ca\/?p=14834"},"modified":"2023-11-01T12:46:44","modified_gmt":"2023-11-01T16:46:44","slug":"le-quinzieme-rapport-du-comite-des-peuples-autochtones","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/au-senat\/discours\/le-quinzieme-rapport-du-comite-des-peuples-autochtones\/","title":{"rendered":"Le quinzi\u00e8me rapport du Comit\u00e9 des peuples autochtones"},"content":{"rendered":"<p><iframe title=\"Le s\u00e9nateur Francis parle du quinzi\u00e8me rapport du Comit\u00e9 des peuples autochtones (C-29) (FR)\" width=\"480\" height=\"360\" data-src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/waLnxAx7qsk?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" class=\"lazyload\" data-load-mode=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p><b>L\u2019honorable Brian Francis : <\/b>Honorables s\u00e9nateurs, je tiens \u00e0 reconna\u00eetre, tout d\u2019abord, que je prends la parole sur le territoire traditionnel non c\u00e9d\u00e9 du peuple algonquin anishinabe.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, \u00e0 titre de pr\u00e9sident du Comit\u00e9 des peuples autochtones, j\u2019ai l\u2019honneur de prendre la parole au sujet du projet de loi\u00a0C-29, Loi pr\u00e9voyant la constitution d\u2019un conseil national de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>En bref, ce projet de loi vise \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel \u00e0 l\u2019action n<sup>o<\/sup>\u00a053 du rapport final de la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation du Canada, qui demande au Parlement du Canada d\u2019adopter, en consultation et en collaboration avec les peuples autochtones, des dispositions l\u00e9gislatives visant \u00e0 mettre sur pied un conseil national de r\u00e9conciliation. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le projet de loi propose la cr\u00e9ation d\u2019un organisme national de surveillance permanent et ind\u00e9pendant, constitu\u00e9 en organisme sans but lucratif et charg\u00e9, entre autres, d\u2019observer et d\u2019\u00e9valuer les progr\u00e8s accomplis en mati\u00e8re de r\u00e9conciliation ainsi que d\u2019en rendre compte.<\/p>\n<p>Le projet de loi jette \u00e9galement les bases des appels \u00e0 l\u2019action n<sup>os<\/sup>\u00a055 et 56, qui pr\u00e9cisent les fonds qui devraient \u00eatre affect\u00e9s au conseil et les donn\u00e9es et les renseignements dont il a besoin de la part des diff\u00e9rents ordres de gouvernement. De plus, le premier ministre du Canada serait tenu de r\u00e9pondre officiellement au rapport annuel du conseil,\u00a0\u2014 qui d\u00e9crirait les progr\u00e8s accomplis par tous les gouvernements et tous les secteurs au pays et formulerait des recommandations\u00a0\u2014, en publiant un rapport annuel sur la situation des Autochtones et les plans du gouvernement du Canada pour faire progresser la r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Je souhaite maintenant me pencher sur l\u2019\u00e9tude du projet de loi\u00a0C-29 au Comit\u00e9 des peuples autochtones. Au total, nous avons tenu 12 r\u00e9unions totalisant plus de 20 heures. Dans le cadre de cette \u00e9tude, nous avons entendu plus de 50 t\u00e9moins et re\u00e7u 23 m\u00e9moires, dont 7 r\u00e9ponses \u00e0 des questions en suspens.<\/p>\n<p>Je remercie les membres du comit\u00e9 d\u2019avoir abord\u00e9 ce travail de fa\u00e7on respectueuse et productive. Par exemple, pour \u00e9laborer et finaliser un plan de travail solide, nous avons demand\u00e9 aux membres et aux non-membres de proposer des t\u00e9moins et nous avons essay\u00e9 d\u2019accorder les places de fa\u00e7on juste et \u00e9quitable.<\/p>\n<p>Afin d\u2019entendre le plus grand nombre de personnes et de groupes possible, nous avons \u00e9galement lanc\u00e9 un appel ouvert pour obtenir des m\u00e9moires et nous avons encourag\u00e9 nos coll\u00e8gues \u00e0 diffuser l\u2019invitation dans leurs r\u00e9seaux.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019ils soient loin d\u2019\u00eatre exhaustifs, je crois que les t\u00e9moignages entendus par le comit\u00e9 sont repr\u00e9sentatifs des divers points de vue des Autochtones et d\u2019autres \u00e0 l\u2019\u00e9gard du conseil national de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Jeudi dernier, le 26 octobre, le Comit\u00e9 s\u00e9natorial permanent des peuples autochtones a pr\u00e9sent\u00e9 son quinzi\u00e8me rapport sur le projet de loi\u00a0C-29 avec des amendements et des observations, que j\u2019ai l\u2019intention de r\u00e9sumer ici.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les amendements, le comit\u00e9 a modifi\u00e9 l\u2019article\u00a02, qui d\u00e9finit les termes utilis\u00e9s dans le projet de loi. Nous avons modifi\u00e9 le terme \u00ab gouvernements \u00bb et ajout\u00e9 l\u2019expression \u00ab corps dirigeant autochtone \u00bb, qui englobe le leadership et la structure organisationnelle choisis par les Premi\u00e8res Nations, les Inuits et les M\u00e9tis.<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 a \u00e9galement modifi\u00e9 l\u2019article\u00a06 afin qu\u2019il indique plus clairement que le conseil a pour mission de faire progresser la r\u00e9conciliation entre les peuples autochtones et non autochtones. Cet amendement vise \u00e0 souligner le fait que la r\u00e9conciliation s\u2019\u00e9tend \u00e0 tous les pouvoirs publics et \u00e0 toute la soci\u00e9t\u00e9. Elle est en outre la responsabilit\u00e9 commune des diff\u00e9rentes populations autochtones et non autochtones qui composent le Canada.<\/p>\n<p>L\u2019article\u00a07, qui \u00e9nonce les attributions du conseil, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 amend\u00e9.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment au libell\u00e9 de l\u2019appel \u00e0 l\u2019action n<sup>o<\/sup>\u00a053, l\u2019accent est mis sur la surveillance, l\u2019\u00e9valuation et la production de rapports. Nous avons \u00e9galement ajout\u00e9 au plan d\u2019action national pluriannuel des \u00e9l\u00e9ments relatifs \u00e0 l\u2019\u00e9laboration de politiques et aux programmes de sensibilisation destin\u00e9s au public. Enfin, nous avons pr\u00e9cis\u00e9 que le conseil doit encourager le dialogue, ainsi que les partenariats entre les organismes des secteurs public et priv\u00e9 et des initiatives visant la r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 a ajout\u00e9 de nouveaux articles, les articles 7.1 et 7.2, qui r\u00e9pondent \u00e0 plusieurs pr\u00e9occupations soulev\u00e9es par l\u2019Inuit Tapiriit Kanatami et par d\u2019autres t\u00e9moins. En plus de l\u2019amendement \u00e0 l\u2019article\u00a02, il est indiqu\u00e9 explicitement que la loi n\u2019a pas pour effet d\u2019autoriser le conseil \u00e0 agir au nom d\u2019un corps dirigeant autochtone ou \u00e0 en repr\u00e9senter les int\u00e9r\u00eats. Le fait de consulter le conseil ne lib\u00e9rerait pas un gouvernement, ou une autre entit\u00e9, de son obligation de consulter.<\/p>\n<p>En outre, il est indiqu\u00e9 que le conseil ne devrait pas s\u2019ing\u00e9rer dans les m\u00e9canismes bilat\u00e9raux actuels ou futurs \u00e9tablis entre le Canada et les Premi\u00e8res Nations, les Inuits ou les M\u00e9tis, comme le Comit\u00e9 de partenariat entre les Inuits et la Couronne.<\/p>\n<p>Il y a aussi un amendement \u00e0 l\u2019article\u00a016, qui porte sur la communication de renseignements. Dans le projet de loi, les paragraphes 16(1) et 16(2) obligent le ministre \u00e0 \u00e9laborer, en collaboration avec le conseil, un protocole pour la communication de renseignements afin que le conseil puisse remplir sa mission. Si des renseignements pertinents ne sont pas communiqu\u00e9s, le paragraphe\u00a016(3) ajoute que le conseil peut d\u00e9poser un recours devant la Cour f\u00e9d\u00e9rale. Je souligne que le mot utilis\u00e9 est \u00ab peut \u00bb, et non \u00ab doit \u00bb. Autrement dit, ce n\u2019est qu\u2019une des diverses options que le conseil peut choisir.<\/p>\n<p>L\u2019article\u00a016.1, qui porte sur le rapport annuel du premier ministre, a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 pour pr\u00e9ciser que la fin de l\u2019exercice est le 31 mars.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019article\u00a017.1 a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019une modification corr\u00e9lative qui permet une harmonisation avec les nouvelles exigences en mati\u00e8re de rapports pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article\u00a07.<\/p>\n<p>Le comit\u00e9 a \u00e9galement formul\u00e9 six observations au sujet du projet de loi\u00a0C-29.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, nous avons observ\u00e9 que l\u2019\u00e9tablissement du conseil s\u2019inscrit dans le contexte des r\u00e9percussions interg\u00e9n\u00e9rationnelles accablantes des politiques assimilationnistes du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, notamment les pensionnats indiens, qui ont eu de graves r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur le bien-\u00eatre des peuples autochtones, et qu\u2019il met en lumi\u00e8re la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un organisme ind\u00e9pendant g\u00e9r\u00e9 par les Autochtones qui peut mesurer les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en vue d\u2019\u00e9liminer les in\u00e9galit\u00e9s entre les Autochtones et les non-Autochtones. Les a\u00een\u00e9s, les survivants et leurs descendants doivent \u00e9clairer et orienter ces efforts.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, pour remplir son vaste mandat, le comit\u00e9 a ajout\u00e9 que le conseil doit disposer d\u2019un acc\u00e8s rapide et sans entrave \u00e0 l\u2019information de tous les ordres de gouvernement.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, compte tenu des difficult\u00e9s constantes auxquelles sont confront\u00e9s d\u2019autres organismes, comme le Centre national pour la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9conciliation, le comit\u00e9 a \u00e9galement fait remarquer qu\u2019un m\u00e9canisme de r\u00e8glement des plaintes devrait \u00eatre \u00e9tabli en m\u00eame temps que le protocole pour la communication de renseignements d\u00e9crit au paragraphe\u00a016(1) du projet de loi\u00a0C-29.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, le comit\u00e9 a \u00e9galement recommand\u00e9 que le conseil d\u2019administration s\u2019efforce d\u2019inclure une plus grande repr\u00e9sentation des Autochtones que celle pr\u00e9vue dans la loi.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il doit refl\u00e9ter la diversit\u00e9, les origines et les exp\u00e9riences des Autochtones, peu importe o\u00f9 ils vivent. Tout en \u00e9vitant d\u2019\u00eatre trop prescriptive, cette observation souligne la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une repr\u00e9sentation et d\u2019une mobilisation inclusives.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement, pour tenir compte de l\u2019importance primordiale des m\u00e9canismes bilat\u00e9raux \u00e9tablis entre le gouvernement du Canada et les Premi\u00e8res Nations, les Inuits et les M\u00e9tis, le comit\u00e9 a amend\u00e9 le projet de loi et a pr\u00e9cis\u00e9 explicitement que le conseil ne devrait pas s\u2019ing\u00e9rer dans ces m\u00e9canismes.<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement, tout en se r\u00e9jouissant que le gouvernement du Canada ait affect\u00e9 un fonds de dotation de 126,5 millions de dollars, le comit\u00e9 a convenu, comme les t\u00e9moins, que ce montant \u00e9tait insuffisant.<\/p>\n<p>Afin de s\u2019acquitter de son vaste mandat, le conseil doit b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un financement pluriannuel \u00e0 long terme afin qu\u2019il puisse disposer des ressources financi\u00e8res, humaines et techniques n\u00e9cessaires \u00e0 la conduite de ses travaux. C\u2019est pourquoi nous recommandons fortement que le gouvernement augmente le financement \u00e0 un niveau plus appropri\u00e9, du moins \u00e0 un niveau proportionnel \u00e0 celui de la Fondation autochtone de gu\u00e9rison qui, comme l\u2019a dit le professeur David MacDonald, est devenue un organisme autosuffisant gr\u00e2ce \u00e0 un financement total de 515 millions de dollars. Cette observation fait ressortir une pr\u00e9occupation selon laquelle, en raison d\u2019une insuffisance de fonds, le conseil pourrait manquer des ressources financi\u00e8res, humaines et techniques n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Ce point a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 par Marie Wilson, une des trois commissaires de la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation du Canada, qui a d\u00e9clar\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[&#8230;] sans l\u2019argent et les moyens, tout peut devenir politis\u00e9 et fragile alors qu\u2019il faut que ce soit permanent et stable [&#8230;]\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Cela ne peut \u00eatre per\u00e7u comme un autre organisme d\u00e9muni qui tente d\u2019accomplir des miracles avec les moyens du bord.<\/p>\n<p>Chers coll\u00e8gues, avant de conclure, j\u2019aimerais faire quelques brefs commentaires.<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019examen du projet de loi\u00a0C-29, certains ont \u00e9mis des pr\u00e9occupations au sujet du manque de consultation. Je respecte ces arguments et je comprends d\u2019o\u00f9 ils viennent.<\/p>\n<p>Il est toutefois important de se rappeler que la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation, dont les travaux \u00e9taient fond\u00e9s sur la recherche ainsi que des documents et des t\u00e9moignages recueillis entre 2008 et 2015, a recommand\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019un conseil national de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Cette opinion \u00e9tait partag\u00e9e par Marie Wilson, qui a d\u00e9clar\u00e9 ceci\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Je sais que ce que je vais dire ne fera pas l\u2019affaire de tout le monde, mais j\u2019ai l\u2019impression que la [Commission de v\u00e9rit\u00e9 et de r\u00e9conciliation] \u00e9tait en soi un vaste exercice de consultation. C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire qu\u2019autant de peuples autochtones se r\u00e9unissaient pour mener des consultations qui portaient en principe sur les pensionnats, mais au cours desquelles les participants ont partag\u00e9 des pans beaucoup plus larges de leur vie. C\u2019est pourquoi les appels \u00e0 l\u2019action d\u00e9bordent largement ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans ces \u00e9coles et les solutions \u00e0 apporter. Les appels sont beaucoup plus vastes parce que les cons\u00e9quences vont bien au-del\u00e0.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">C\u2019\u00e9tait une vaste consultation. [&#8230;] C\u2019est assez injuste de dire que personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9. Tout cela n\u2019est pas venu de nulle part. C\u2019est venu de quelque part.<\/p>\n<p>On a \u00e9galement accord\u00e9 beaucoup d\u2019attention \u00e0 la composition du conseil d\u2019administration. Certains t\u00e9moins s\u2019opposaient \u00e0 la nomination de personnes non autochtones. D\u2019autres \u00e9taient d\u2019accord avec l\u2019id\u00e9e, mais voulaient qu\u2019on en nomme moins. Il y a \u00e9galement eu des d\u00e9bats pour d\u00e9terminer quels gouvernements ou organisations autochtones devraient pouvoir nommer un membre du conseil d\u2019administration. Toutefois, la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est qu\u2019avec 9 ou 13 membres, on ne pourra pas repr\u00e9senter toutes les communaut\u00e9s autochtones.<\/p>\n<p>Michael DeGagn\u00e9, l\u2019un des membres du Comit\u00e9 de transition du Conseil national pour la r\u00e9conciliation qui participera \u00e0 la nomination du premier conseil d\u2019administration, nous a dit ceci\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">En int\u00e9grant un groupe, vous en int\u00e9grez peut-\u00eatre quatre, puis encore un autre, et avant de vous en rendre compte, vous vous retrouvez avec l\u2019Organisation des Nations unies.<\/p>\n<p>Il a ajout\u00e9 ceci\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[&#8230;] je suis tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9 quant au fait d\u2019int\u00e9grer tel ou tel groupe comme si la seule fa\u00e7on d\u2019avoir voix au chapitre dans cette structure n\u2019\u00e9tait pas par le dialogue, mais en si\u00e9geant au conseil. Nous qui formons le Comit\u00e9 de transition, nous allons soigneusement s\u00e9lectionner des gens qui ont d\u00e9j\u00e0 une exp\u00e9rience de la r\u00e9conciliation au Canada. Nous sommes \u00e0 la recherche de techniciens. Nous ne cherchons pas \u00e0 cr\u00e9er une organisation politique de plus qui s\u2019interposera entre la population et le gouvernement. Ce n\u2019est pas ce qui nous int\u00e9resse.<\/p>\n<p>Je tiens \u00e9galement \u00e0 faire remarquer que certaines des discussions sur la repr\u00e9sentation au sein du conseil d\u2019administration sont li\u00e9es \u00e0 des d\u00e9bats plus larges sur l\u2019identit\u00e9 autochtone.<\/p>\n<p>C\u2019est aux peuples autochtones, et non aux parlementaires, qu\u2019il appartient de d\u00e9cider qui doit ou peut nous repr\u00e9senter ou prendre des d\u00e9cisions en notre nom. \u00c9tant donn\u00e9 que nous ne sommes pas monolithiques, il n\u2019est pas surprenant qu\u2019il y ait divers points de vue sur ces questions. Il faut tenir compte du contexte historique et contemporain et de nombreux probl\u00e8mes demeurent non r\u00e9solus, notamment en ce qui concerne les personnes qui ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es de leur famille et de leur communaut\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une assimilation forc\u00e9e.<\/p>\n<p>Les peuples autochtones ont besoin d\u2019un espace non seulement pour g\u00e9rer ces tensions, mais aussi pour gu\u00e9rir et nous r\u00e9concilier. Ce point a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 avec \u00e9loquence par le t\u00e9moin Jay Launi\u00e8re-Mathias de Puamun Meshkenu. En parlant de l\u2019importance de la r\u00e9conciliation entre les peuples autochtones, il a dit\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">On parle souvent de la r\u00e9conciliation entre les Autochtones et les institutions, que ce soit le gouvernement canadien, les minist\u00e8res, les municipalit\u00e9s et les gouvernements provinciaux; il y a cette r\u00e9conciliation que l\u2019on doit faire et dans laquelle on chemine pr\u00e9sentement.<\/p>\n<p>Il y a \u00e9galement la r\u00e9conciliation entre les personnes autochtones et la population canadienne; on continue de la faire aussi. Par contre, dans le projet de loi, je vois moins la r\u00e9conciliation entre les Autochtones. Pour moi, cette r\u00e9conciliation est importante et primordiale. En tant que jeune Autochtone, je dois me r\u00e9concilier avec mon histoire, avec les blessures du pass\u00e9, avec les traumas interg\u00e9n\u00e9rationnels qui continuent d\u2019\u00eatre transmis, et on a aussi besoin de se r\u00e9concilier entre nous.<\/p>\n<p>Quand on lui a demand\u00e9 de fournir plus de d\u00e9tails, voici ce que M.\u00a0Launi\u00e8re-Mathias a dit\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Ensuite, dans les communaut\u00e9s, on le voit, il y a beaucoup de racisme entre les Autochtones eux-m\u00eames et entre les diff\u00e9rentes nations, entre les Autochtones d\u2019une m\u00eame communaut\u00e9, entre ceux qui vivent en r\u00e9serve et ceux qui vivent en milieu urbain. On doit se r\u00e9concilier l\u00e0 aussi. [\u2026] On ne peut pas changer le pass\u00e9, et la cr\u00e9ation d\u2019un comit\u00e9 national ne va rien changer au pass\u00e9. Par contre, ce qu\u2019on peut faire, c\u2019est de veiller \u00e0 ce que dans le futur, il y ait des choses qui ne se reproduisent plus, de prendre conscience de ce qu\u2019on peut faire ensemble pour se r\u00e9concilier. [\u2026]\n<p>Le clivage entre les communaut\u00e9s, une dynamique qui n\u2019existait pas avant la colonisation, est tr\u00e8s dommageable pour les peuples autochtones et cela leur cause une profonde souffrance. Alors que nous poursuivons nos discussions sur ce projet de loi, nous devons faire attention de ne pas alimenter la division ni la violence lat\u00e9rale entre les peuples autochtones.\u00a0<i>Wela\u2019lin<\/i>. Merci.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019honorable Brian Francis : Honorables s\u00e9nateurs, je tiens \u00e0 reconna\u00eetre, tout d\u2019abord, que je prends la parole sur le territoire traditionnel non c\u00e9d\u00e9 du peuple algonquin anishinabe. Aujourd\u2019hui, \u00e0 titre de pr\u00e9sident du Comit\u00e9 des peuples autochtones, j\u2019ai l\u2019honneur de prendre la parole au sujet du projet de loi\u00a0C-29, Loi pr\u00e9voyant la constitution d\u2019un conseil&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1910,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"wds_primary_category":98,"footnotes":""},"categories":[98],"tags":[],"senator_posts":[29],"class_list":["post-14834","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discours","senator_posts-l-hon-brian-francis"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14834","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14834"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14834\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1910"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14834"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14834"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14834"},{"taxonomy":"senator_posts","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/senator_posts?post=14834"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}