{"id":13745,"date":"2023-05-04T20:38:34","date_gmt":"2023-05-05T00:38:34","guid":{"rendered":"https:\/\/theprogressives.ca\/?p=13745"},"modified":"2023-05-09T10:42:21","modified_gmt":"2023-05-09T14:42:21","slug":"deuxieme-lecture-du-projet-de-loi-c-226-projet-de-loi-sur-la-strategie-nationale-relative-au-racisme-environnemental-et-a-la-justice-environnementale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/au-senat\/discours\/deuxieme-lecture-du-projet-de-loi-c-226-projet-de-loi-sur-la-strategie-nationale-relative-au-racisme-environnemental-et-a-la-justice-environnementale\/","title":{"rendered":"Deuxi\u00e8me lecture du projet de loi C-226, Projet de loi sur la strat\u00e9gie nationale relative au racisme environnemental et \u00e0 la justice environnementale"},"content":{"rendered":"<p><iframe title=\"Le s\u00e9nateur Klyne prend la parole \u00e0 la 2e lecture du projet de loi C-226 - 4 mai 2023 (FR)\" width=\"640\" height=\"360\" data-src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/7Ddh5eaguH8?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" class=\"lazyload\" data-load-mode=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p><b>L\u2019honorable Marty Klyne :\u00a0<\/b>Honorables s\u00e9nateurs, je prends la parole pour appuyer le projet de loi\u00a0C-226, qui est parrain\u00e9 par la s\u00e9natrice McCallum. Le projet de loi propose d\u2019obliger le ministre de l\u2019Environnement et du Changement climatique \u00e0 \u00e9laborer une strat\u00e9gie nationale pour promouvoir les efforts visant \u00e0 r\u00e9parer les dommages caus\u00e9s par le racisme environnemental. C\u2019est la deuxi\u00e8me fois que l\u2019on tente de faire adopter le projet de loi au Parlement. Son pr\u00e9d\u00e9cesseur, le projet de loi\u00a0C-230, est mort au Feuilleton \u00e0 la fin de la 43<sup>e<\/sup>\u00a0l\u00e9gislature. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019ensemble, nous parviendrons \u00e0 faire en sorte que cette version du projet de loi franchisse la ligne d\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>J\u2019appuie le projet de loi parce que le racisme environnemental est une question que les gouvernements successifs ont omis d\u2019aborder, et parce que les efforts pour s\u2019attaquer \u00e0 ce probl\u00e8me n\u2019ont que trop tard\u00e9 et qu\u2019il est temps de s\u2019y attaquer. Le projet de loi\u00a0C-226 est un \u00e9l\u00e9ment important de la r\u00e9conciliation, non seulement avec les peuples autochtones, mais aussi avec toutes les personnes dont les terres ou les eaux ont \u00e9t\u00e9 empoisonn\u00e9es, dont la qualit\u00e9 de l\u2019air s\u2019est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e et dont la vie a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 mal \u00e0 cause de ce type de discrimination\u00a0\u2014 une forme d\u2019autoritarisme, en quelque sorte.<\/p>\n<p>Il n\u2019existe pas de d\u00e9finition universellement accept\u00e9e du \u00ab racisme environnemental \u00bb. Comme nous l\u2019a appris le discours de la s\u00e9natrice McCallum, l\u2019une des d\u00e9finitions, plut\u00f4t g\u00e9n\u00e9rale, parle de discrimination dans l\u2019\u00e9laboration des politiques environnementales. J\u2019ajouterais, ou en l\u2019absence de telles politiques. Cela peut vouloir dire prendre des d\u00e9cisions sans faire preuve de la prudence et de l\u2019attention n\u00e9cessaires, dans le cas d\u2019installations de traitement des d\u00e9chets et d\u2019infrastructures connexes qui touchent de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e des communaut\u00e9s racialis\u00e9es ou marginalis\u00e9es, permettre la pr\u00e9sence de niveaux \u00e9lev\u00e9s de polluants potentiellement mortels dans des r\u00e9gions principalement peupl\u00e9es de groupes minoritaires, ou encore exclure les voix minoritaires de dirigeants du mouvement \u00e9cologiste. Bien que les d\u00e9finitions exactes diff\u00e8rent, le probl\u00e8me est simple.<\/p>\n<p>Si le racisme est largement reconnu et compris, le concept de racisme environnemental est parfois remis en question. De quoi s\u2019agit-il, alors?<\/p>\n<p>Depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, les gouvernements et les soci\u00e9t\u00e9s civiles prennent des d\u00e9cisions en mati\u00e8re d\u2019environnement dont les effets n\u00e9fastes touchent de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e les communaut\u00e9s racialis\u00e9es et marginalis\u00e9es. Bon nombre de ces d\u00e9cisions ont \u00e9t\u00e9 prises sans que les communaut\u00e9s concern\u00e9es soient consult\u00e9es ou aient leur mot \u00e0 dire. Il suffit de regarder le bilan du Canada en mati\u00e8re de politique environnementale pour conclure que le racisme environnemental est ind\u00e9niable. J\u2019en donnerai des exemples dans un instant.<\/p>\n<p>Les s\u00e9nateurs ont peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 entendu un autre argument d\u00e9concertant, \u00e0 savoir que le changement climatique a une composante raciale. En fait, cela tombe sous le sens si l\u2019on consid\u00e8re que les pays occidentaux industrialis\u00e9s ont b\u00e2ti leur \u00e9conomie en br\u00fblant de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e des combustibles fossiles, ce qui a caus\u00e9 en m\u00eame temps des dommages disproportionn\u00e9s dans les r\u00e9gions moins d\u00e9velopp\u00e9es du monde. D\u2019ailleurs, \u00e0 la COP 26, la Conf\u00e9rence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2021, les dirigeants de l\u2019Afrique ont fait valoir qu\u2019il faudrait des investissements d\u2019une valeur de 1,3\u00a0billion de dollars au cours des deux prochaines d\u00e9cennies pour que ce continent puisse mettre en place des mesures d\u2019adaptation aux changements climatiques et d\u2019att\u00e9nuation des risques.<\/p>\n<p>Les effets sont d\u00e9j\u00e0 visibles. Dans un rapport publi\u00e9 par la F\u00e9d\u00e9ration internationale des Soci\u00e9t\u00e9s de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, on apprend que les catastrophes climatiques et les ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames sont responsables du d\u00e9c\u00e8s de plus de 410\u00a0000 personnes, principalement dans des pays \u00e0 faible revenu.<\/p>\n<p>Quand il est question de racisme environnemental, l\u2019un des plus grands d\u00e9fis est que la discussion tourne souvent autour des emplois et du d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Quand on parle de racisme environnemental, on pense habituellement aux usines de papier, aux usines de fabrication, aux stations de traitement des eaux us\u00e9es et \u00e0 l\u2019exploitation mini\u00e8re, qui sont des exemples d\u2019entreprises pouvant avoir un impact majeur sur l\u2019environnement et \u00e9tant habituellement situ\u00e9es loin de la banlieue urbaine. Ces installations emploient de nombreuses personnes et elles soutiennent une grande part de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique au Canada. Par ailleurs, les emplois dans ces entreprises sont souvent bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et assortis d\u2019avantages sociaux et d\u2019un r\u00e9gime de retraite. Nous ne pouvons pas et ne devons pas mettre de c\u00f4t\u00e9 ces facteurs.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, lorsqu\u2019on demande au gouvernement de s\u2019attaquer au racisme environnemental, cela signifie souvent qu\u2019il doit avoir des conversations difficiles avec des entreprises qui emploient nos amis, les membres de notre famille et nos voisins. Il n\u2019est pas facile pour les \u00e9lus de d\u00e9cider de fermer une scierie locale ou de dire \u00e0 un grand employeur qu\u2019il doit faire plus pour r\u00e9pondre aux pr\u00e9occupations environnementales. Il est encore plus difficile de dire \u00e0 ces entreprises que leurs actions ont affect\u00e9 de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les personnes racialis\u00e9es. Souvent, ces entreprises riposteront et les gouvernements reculeront, pr\u00e9f\u00e9rant laisser perdurer le statu quo plut\u00f4t que de se battre pour ce qui est juste.<\/p>\n<p>C\u2019est pour cela que je soutiens ce projet de loi, car il aidera le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 op\u00e9rer un changement positif\u00a0\u2014 \u00e0 tout le moins, \u00e0 op\u00e9rer un changement, m\u00eame s\u2019il peut \u00eatre difficile.<\/p>\n<p>Permettez-moi de vous pr\u00e9senter quelques exemples de racisme environnemental au Canada. Je vais commencer par ma province. Comme nous le savons tous, le Canada rural est parsem\u00e9 de petites localit\u00e9s et de petits villages. Le Nord de la Saskatchewan ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle. C\u2019est un vaste espace peu peupl\u00e9 qui foisonne de beaut\u00e9s naturelles. La population du Nord est compos\u00e9e en grande partie\u00a0d\u2019Autochtones qui entretiennent un lien sacr\u00e9 avec la terre. Toutefois, le Nord de la Saskatchewan est aussi bien connu pour ses mines d\u2019uranium. En fait, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on retrouve le plus important gisement de minerai d\u2019uranium \u00e0 haute teneur au monde. Comme c\u2019est le cas pour la plupart des industries d\u2019extraction de ressources, l\u2019extraction de l\u2019uranium peut avoir des r\u00e9percussions sur l\u2019environnement. Malheureusement, ces r\u00e9percussions semblent avoir frapp\u00e9 de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les peuples autochtones qui vivent dans la r\u00e9gion depuis des temps imm\u00e9moriaux.<\/p>\n<p>Prenons l\u2019exemple d\u2019Uranium City. C\u2019est une petite bourgade situ\u00e9e juste au sud de la fronti\u00e8re entre la Saskatchewan et les Territoires du Nord-Ouest, sur le territoire traditionnel des D\u00e9n\u00e9s Chipewyans. Comme son nom le laisse entendre, Uranium City a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 un haut lieu de l\u2019extraction d\u2019uranium et sa population a explos\u00e9 dans les ann\u00e9es 1950. Pendant une courte p\u00e9riode, cette ville et d\u2019autres semblables ont fait fortune pendant que les mines \u00e9taient en activit\u00e9. Aujourd\u2019hui, la ville qu\u2019\u00e9tait autrefois Uranium City n\u2019est plus qu\u2019un lointain souvenir.<\/p>\n<p>M\u00eame si l\u2019extraction de l\u2019uranium \u00e9tait rentable, les D\u00e9n\u00e9s et d\u2019autres peuples autochtones \u00e9taient souvent dans l\u2019impossibilit\u00e9 de profiter de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique apport\u00e9e par les mines. Non seulement ils ont subi le racisme et des pratiques d\u2019embauche discriminatoires, mais ils \u00e9taient aussi expos\u00e9s \u00e0 la poussi\u00e8re radioactive et aux r\u00e9sidus dangereux des mines. Nombre de travailleurs autochtones n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s des dangers li\u00e9s au travail dans les mines, et beaucoup sont morts plus tard du cancer ou ont \u00e9prouv\u00e9 d\u2019autres probl\u00e8mes de sant\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019exploitation des mines pr\u00e8s d\u2019Uranium City a cess\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980. Malheureusement, initialement, tr\u00e8s peu a \u00e9t\u00e9 fait pour assainir la terre. Il a fallu des d\u00e9cennies pour assainir les anciens sites d\u2019exploitation mini\u00e8re, et le processus a \u00e9t\u00e9 enlis\u00e9 dans des litiges et des querelles de comp\u00e9tence. Entretemps, ceux qui ont travaill\u00e9 dans des mines semblables et aux alentours ont pr\u00e9sent\u00e9 des taux \u00e9lev\u00e9s de cancer du poumon et d\u2019autres probl\u00e8mes de sant\u00e9 plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s avoir cess\u00e9 d\u2019y travailler.<\/p>\n<p>La voix des D\u00e9n\u00e9s de la r\u00e9gion n\u2019a pas pu se faire entendre au moment de la construction des mines. Elle n\u2019a pas pu se faire entendre lorsque les travailleurs ont commenc\u00e9 \u00e0 avoir des probl\u00e8mes de sant\u00e9. Et elle n\u2019a pas pu se faire entendre lorsque les gouvernements et les soci\u00e9t\u00e9s ont laiss\u00e9 la terre dans un \u00e9tat lamentable apr\u00e8s la fermeture des mines.<\/p>\n<p>Malheureusement, les mines d\u2019uranium du Nord du Canada ne constituent pas le seul exemple de racisme environnemental au pays. Je m\u2019en voudrais de ne pas souligner que, de nos jours, ces mines tiennent ad\u00e9quatement compte des enjeux environnementaux et sociaux et des enjeux li\u00e9s \u00e0 la gouvernance et \u00e0 la responsabilit\u00e9 des entreprises. Il faut \u00eatre r\u00e9aliste\u00a0: ces mines, usines, cimenteries et autres installations du genre ne peuvent pas prendre les lignes \u00e9lectriques, les canalisations de gaz et les d\u00e9p\u00f4ts de minerais et s\u2019en aller ailleurs en laissant la communaut\u00e9 \u00e0 son sort.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, nous avons entendu parler d\u2019exemples similaires de racisme environnemental notamment \u00e0 Boat Harbour, en Nouvelle-\u00c9cosse, o\u00f9 des effluents ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s dans les cours d\u2019eau dont la Premi\u00e8re Nation de Pictou Landing se sert depuis des d\u00e9cennies. Il y a un autre exemple ici, en Ontario, sur le territoire de la Premi\u00e8re Nation de Grassy Narrows. L\u00e0-bas, l\u2019eau a \u00e9t\u00e9 rendue insalubre et les impacts ont \u00e9t\u00e9 subis par des g\u00e9n\u00e9rations de familles.<\/p>\n<p>Depuis des g\u00e9n\u00e9rations, il y a une usine de papier \u00e0 Dryden, en Ontario. Il y a encore \u00e0 ce jour une usine de papier. Son pass\u00e9 est entach\u00e9. Dans les ann\u00e9es 1960 et 1970, l\u2019usine de produits chimiques connexe a d\u00e9vers\u00e9 9\u00a0000 kilogrammes de mercure dans la rivi\u00e8re English-Wabigoon. Le mercure a empoisonn\u00e9 la rivi\u00e8re dont la population de Grassy Narrows avait besoin pour la p\u00eache. Il y a des probl\u00e8mes d\u2019empoisonnement au mercure dans la communaut\u00e9 depuis cette \u00e9poque. Au d\u00e9part, ni l\u2019entreprise ni le gouvernement provincial n\u2019acceptaient la responsabilit\u00e9 de ce qui s\u2019\u00e9tait produit. Il a fallu des ann\u00e9es avant d\u2019arriver \u00e0 un r\u00e8glement, mais il \u00e9tait alors d\u00e9j\u00e0 beaucoup trop tard.<\/p>\n<p>Enfin, mon dernier exemple provient de la Nouvelle-\u00c9cosse. Il s\u2019agit de l\u2019histoire d\u2019une communaut\u00e9 historique dont la m\u00e9moire se perp\u00e9tue. Il y a plusieurs d\u00e9cennies, dans le secteur Nord d\u2019Halifax, se trouvait une communaut\u00e9 baptis\u00e9e Africville. C\u2019\u00e9tait une petite communaut\u00e9 majoritairement noire, que les anciens habitants d\u00e9crivent comme agr\u00e9able, dynamique, et dot\u00e9e d\u2019une ambiance familiale. Pourtant, cette communaut\u00e9 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 bien trait\u00e9e par la Ville d\u2019Halifax, qui lui a refus\u00e9 des services qui avaient pourtant \u00e9t\u00e9 consentis \u00e0 d\u2019autres quartiers au fil des ann\u00e9es, comme l\u2019\u00e9clairage public, le ramassage des ordures, et l\u2019eau courante dans les foyers. Pire encore, la ville s\u2019est souvent servie d\u2019Africville et de ses environs pour y implanter des services dont personne ne voulait dans d\u2019autres quartiers, comme une usine d\u2019engrais, une prison, un abattoir et, oui, une d\u00e9charge. Tous ces services ont \u00e9t\u00e9 implant\u00e9s dans une communaut\u00e9 de 400 personnes et dans ses environs imm\u00e9diats, sans tenir compte de ses habitants.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on parle de racisme environnemental, on devrait penser ni aux usines de p\u00e2tes et papiers ni aux mines d\u2019uranium, pas plus qu\u2019\u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique que g\u00e9n\u00e8rent ces entreprises. Lorsqu\u2019on parle de racisme environnemental, on devrait plut\u00f4t penser aux hommes de la nation d\u00e9n\u00e9e qui ont travaill\u00e9 dans ces mines et qui sont morts du cancer. On devrait aussi penser aux grands-m\u00e8res qui vivent sur le territoire de la Premi\u00e8re Nation de Grassy Narrows et qui craignent que le mercure qui a d\u00e9truit leur sant\u00e9 n\u2019affecte aussi la sant\u00e9 de leurs petites-filles. On devrait aussi penser \u00e0 une petite communaut\u00e9 noire, ignor\u00e9e par la ville o\u00f9 elle r\u00e9side et dont le milieu de vie est utilis\u00e9 comme d\u00e9potoir. Voil\u00e0 des exemples de racisme environnemental, et c\u2019est aux victimes de ce racisme que nous devrions penser lors de l\u2019\u00e9tude du projet de loi\u00a0C-226.<\/p>\n<p>Une strat\u00e9gie nationale aidera de fa\u00e7ons bien pr\u00e9cises. Premi\u00e8rement, nous devons nous assurer que les communaut\u00e9s marginalis\u00e9es sont consult\u00e9es et que leurs voix sont entendues et prises en consid\u00e9ration dans la prise de d\u00e9cisions li\u00e9es \u00e0 leur environnement. Ces communaut\u00e9s doivent avoir voix au chapitre par rapport \u00e0 ce qui se produit dans leurs voisinages. Une strat\u00e9gie nationale nous permettra d\u2019apprendre des erreurs du pass\u00e9 et de progresser de mani\u00e8re plus inclusive. De plus, elle aidera \u00e0 d\u00e9terminer les prochaines \u00e9tapes et les investissements cibl\u00e9s n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement durable des communaut\u00e9s marginalis\u00e9es si r\u00e9silientes.<\/p>\n<p>Une strat\u00e9gie nationale est un premier pas important vers la planification d\u2019un avenir meilleur et l\u2019\u00e9limination du racisme environnemental.<\/p>\n<p>Personnellement, je trouve bien peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments dans ce projet de loi auxquels on pourrait s\u2019opposer. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9tonn\u00e9 d\u2019apprendre qu\u2019il n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 \u00e0 l\u2019autre endroit. Par cons\u00e9quent, j\u2019aimerais revenir sur certaines des pr\u00e9occupations soulev\u00e9es au cours du d\u00e9bat.<\/p>\n<p>Certains ont remis en question l\u2019efficacit\u00e9 de la cr\u00e9ation d\u2019une strat\u00e9gie nationale suppl\u00e9mentaire. Selon moi, cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec le choix de l\u2019intervention la plus facile ou la plus difficile. D\u2019autres ont soulign\u00e9 l\u2019importance de reconna\u00eetre les diff\u00e9rences entre les r\u00e9gions et les provinces. Faisons des progr\u00e8s. Intervenons. Je comprends ces critiques, mais je crois qu\u2019un outil l\u00e9gislatif tel qu\u2019une strat\u00e9gie nationale s\u2019impose pour rem\u00e9dier aux probl\u00e8mes que vivent les victimes de racisme environnemental.<\/p>\n<p>Bien que je comprenne les pr\u00e9occupations li\u00e9es au fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une \u00e9ni\u00e8me strat\u00e9gie nationale et qu\u2019elle ajoute un \u00e9l\u00e9ment de plus au r\u00e9gime complexe de la politique environnementale du Canada, il est \u00e9vident qu\u2019une telle strat\u00e9gie est n\u00e9cessaire pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes auxquels sont confront\u00e9es les personnes racis\u00e9es. Elles ont autant le droit \u00e0 un environnement sain que les autres Canadiens, et, alors que nous sommes en 2023, elles se voient encore refuser ce droit.<\/p>\n<p>Lorsque nous voterons sur ce projet de loi, j\u2019esp\u00e8re que les s\u00e9nateurs penseront aux communaut\u00e9s les plus touch\u00e9es par le racisme environnemental. Ces communaut\u00e9s ne peuvent pas attendre plus longtemps, et c\u2019est un probl\u00e8me que nous ne pouvons plus ignorer. J\u2019esp\u00e8re que les s\u00e9nateurs appuieront le projet de loi\u00a0C-226 afin que nous puissions le renvoyer au comit\u00e9 et faire un pas de plus vers un Canada plus \u00e9quitable pour tous. Je vous remercie.\u00a0<i>Hiy kitatam\u00eehin<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019honorable Marty Klyne :\u00a0Honorables s\u00e9nateurs, je prends la parole pour appuyer le projet de loi\u00a0C-226, qui est parrain\u00e9 par la s\u00e9natrice McCallum. Le projet de loi propose d\u2019obliger le ministre de l\u2019Environnement et du Changement climatique \u00e0 \u00e9laborer une strat\u00e9gie nationale pour promouvoir les efforts visant \u00e0 r\u00e9parer les dommages caus\u00e9s par le racisme environnemental&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1904,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"wds_primary_category":98,"footnotes":""},"categories":[98],"tags":[],"senator_posts":[34],"class_list":["post-13745","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-discours","senator_posts-l-hon-marty-klyne"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13745","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13745"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13745\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1904"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13745"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13745"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13745"},{"taxonomy":"senator_posts","embeddable":true,"href":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/senator_posts?post=13745"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}