{"id":13412,"date":"2023-03-28T14:17:30","date_gmt":"2023-03-28T18:17:30","guid":{"rendered":"https:\/\/theprogressives.ca\/?p=13412"},"modified":"2023-03-29T14:19:05","modified_gmt":"2023-03-29T18:19:05","slug":"deuxieme-lecture-du-projet-de-loi-c-18-projet-de-loi-sur-les-nouvelles-en-ligne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/theprogressives.ca\/fr\/au-senat\/discours\/deuxieme-lecture-du-projet-de-loi-c-18-projet-de-loi-sur-les-nouvelles-en-ligne\/","title":{"rendered":"Deuxi\u00e8me lecture du projet de loi C-18, Projet de loi sur les nouvelles en ligne"},"content":{"rendered":"<p><iframe title=\"Le s\u00e9nateur Klyne prend la parole \u00e0 l&#039;\u00e9tape de la 2e lecture du projet de loi C-18 - 28 mars\/23 (FR)\" width=\"640\" height=\"360\" data-src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/6ynZQ9MLGBw?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" class=\"lazyload\" data-load-mode=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p><b>L\u2019honorable Marty Klyne :\u00a0<\/b>Honorables s\u00e9nateurs, je prends la parole pour appuyer le projet de loi\u00a0C-18, qui vise \u00e0 renforcer l\u2019\u00e9quit\u00e9 sur le march\u00e9 des nouvelles et qui est parrain\u00e9 par le s\u00e9nateur Harder.<\/p>\n<p>Ce projet de loi est un outil n\u00e9cessaire afin d\u2019uniformiser les r\u00e8gles du jeu pour les \u00e9diteurs canadiens. Depuis des ann\u00e9es, l\u2019industrie de l\u2019\u00e9dition se fait \u00e9clipser sans que le gouvernement intervienne. Les gouvernements sont rest\u00e9s les bras crois\u00e9s pendant que l\u2019industrie, qui \u00e9tait autrefois compos\u00e9e de journaux locaux qui appartenaient \u00e0 des propri\u00e9taires locaux et qui avaient \u00e0 c\u0153ur les histoires locales, a \u00e9t\u00e9 supplant\u00e9e par des conglom\u00e9rats et les g\u00e9ants du Web. Ces grandes soci\u00e9t\u00e9s ont fait dispara\u00eetre des journaux communautaires, consolid\u00e9 de grands journaux et mis en place des plateformes en ligne qui sont devenues la source d\u2019information la plus importante.<\/p>\n<p>Les grandes entreprises technologiques comme Google et Facebook ont supplant\u00e9 l\u2019industrie canadienne de l\u2019\u00e9dition et elles sont loin de payer aux \u00e9diteurs un prix juste pour obtenir le droit de diffuser le fruit de leur travail. Le journalisme est un pilier de notre d\u00e9mocratie, et nous devons corriger cette situation. Le projet de loi\u00a0C-18 est un d\u00e9but prometteur.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat sur le projet de loi\u00a0C-18 s\u2019est concentr\u00e9 sur Google, le moteur de recherche le plus populaire au monde, et sur Meta, l\u2019entreprise qui poss\u00e8de Facebook. Les deux plateformes sont utilis\u00e9es par des millions de Canadiens et elles offrent des outils qui leur permettent de communiquer avec leurs amis et leur famille et d\u2019acc\u00e9der \u00e0 de l\u2019information.<\/p>\n<p>Elles sont devenues des passerelles reliant les gens et les nouvelles, surtout les nouvelles locales. Malheureusement, aucune des entreprises ne s\u2019est acquitt\u00e9e de la responsabilit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 ce nouveau r\u00f4le, notamment en ce qui concerne la protection et la promotion de la libert\u00e9 d\u2019expression, et le traitement \u00e9quitable des \u00e9diteurs canadiens lorsqu\u2019elles diffusent le fruit de leur travail.<\/p>\n<p>Ces g\u00e9ants du Web mon\u00e9tisent pour leur profit le travail de ceux qui publient du contenu en ligne, r\u00e9coltent des donn\u00e9es sur les lecteurs et cherchent \u00e0 dominer le secteur de la publicit\u00e9 en ligne.<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019examen du projet de loi, j\u2019ai mis \u00e0 profit mon exp\u00e9rience d\u2019ancien \u00e9diteur et PDG de deux quotidiens importants de Saskatchewan. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que j\u2019ai pu constater de premi\u00e8re main ce qu\u2019impliquait la gestion d\u2019un journal \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique. Le mod\u00e8le d\u2019affaires est simple\u00a0: les \u00e9diteurs\u00a0\u2014 qu\u2019il s\u2019agisse de publications en ligne ou de journaux au format papier\u00a0\u2014 d\u00e9pendent des revenus de la publicit\u00e9 et des abonnements pour financer leurs activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les publicit\u00e9s servent \u00e0 financer la salle de r\u00e9daction, le mat\u00e9riel et le salaire de tous ceux qui contribuent au miracle de la publication d\u2019un quotidien, comme cela se fait depuis plus d\u2019un si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me a bien fonctionn\u00e9 pendant des ann\u00e9es, m\u00eame lorsqu\u2019Internet est arriv\u00e9 et qu\u2019il a chamboul\u00e9 l\u2019industrie. Or, de nos jours, la situation n\u2019est plus la m\u00eame et les \u00e9diteurs n\u2019arrivent plus \u00e0 obtenir une juste r\u00e9mun\u00e9ration pour leur travail.<\/p>\n<p>Permettez-moi de d\u00e9boulonner certains mythes au sujet de ce projet de loi et de l\u2019industrie de l\u2019\u00e9dition. Premi\u00e8rement, j\u2019aimerais r\u00e9futer l\u2019id\u00e9e voulant que les \u00e9diteurs aient fait peu d\u2019effort pour adapter leurs produits lorsqu\u2019Internet a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019implanter dans le secteur de l\u2019\u00e9dition. C\u2019est une fausset\u00e9. Les \u00e9diteurs ont d\u00e9ploy\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment d\u2019efforts pour pr\u00e9senter leurs produits sur de nombreuses plateformes. Ils ont adapt\u00e9 leur contenu de nouvelles et leur publicit\u00e9, en fonction de la plateforme utilis\u00e9e par le lecteur, soit l\u2019ordinateur portable, le t\u00e9l\u00e9phone cellulaire, la tablette ou le journal. Malheureusement, ces efforts ont \u00e9t\u00e9 contrecarr\u00e9s par les pratiques publicitaires d\u00e9loyales de Google, dont je parlerai plus en d\u00e9tail dans un moment.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, je me penche sur les affirmations voulant que ce projet de loi serve \u00e0 subventionner les m\u00e9dias traditionnels. Voil\u00e0 encore une fausset\u00e9. Le projet de loi\u00a0C-18 ne vise pas \u00e0 pr\u00e9server les vieux mod\u00e8les, il vise \u00e0 s\u2019assurer que les \u00e9diteurs canadiens soient convenablement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s pour leur travail. Le projet de loi\u00a0C-18 n\u2019a nullement pour but de soutenir les m\u00e9dias traditionnels.<\/p>\n<p>Enfin, je tiens \u00e0 ce qu\u2019il soit clair que le partage du contenu de nouvelles d\u2019une autre entreprise sans indemnisation ad\u00e9quate ne constitue pas une bonne pratique commerciale. En fait, c\u2019est une pratique injuste qui nuit \u00e0 la libert\u00e9 de presse. Priver les cr\u00e9ateurs de contenu d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration ad\u00e9quate nuit \u00e0 la cr\u00e9ation. Bref, cela signifie qu\u2019il y aura moins de contenu sur les plateformes et moins de nouvelles cr\u00e9dibles pour les Canadiens.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, l\u2019utilisation du travail d\u2019une autre personne sans r\u00e9ciprocit\u00e9 n\u2019est pas une nouveaut\u00e9 dans l\u2019industrie de l\u2019\u00e9dition. Les stations de radio ont raffin\u00e9 la pratique de la reprise laconique de l\u2019information depuis des d\u00e9cennies. Cependant, avec l\u2019av\u00e8nement de plateformes comme Google et Facebook, cette pratique a atteint de nouveaux sommets.<\/p>\n<p>Google n\u2019est pas uniquement le principal moteur de recherche mondial, l\u2019entreprise est devenue l\u2019agence de publicit\u00e9 en ligne qui tient le haut du pav\u00e9 num\u00e9rique. Cette affirmation n\u2019est pas exag\u00e9r\u00e9e. Google a effectivement la mainmise sur le march\u00e9 du placement de la publicit\u00e9 en ligne et ses pratiques anticoncurrentielles font qu\u2019il est difficile pour les \u00e9diteurs d\u2019obtenir leur juste part du placement de la publicit\u00e9 et, partant, de prosp\u00e9rer et de payer leurs activit\u00e9s publicitaires.<\/p>\n<p>Chers coll\u00e8gues, permettez-moi de pr\u00e9senter rapidement l\u2019historique du volet publicitaire de Google et, du m\u00eame coup, de d\u00e9finir en partie\u00a0le probl\u00e8me \u00e0 l\u2019\u00e9tude. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, Google a commenc\u00e9 \u00e0 accro\u00eetre sa pr\u00e9sence dans le monde de la publicit\u00e9 en ligne. Il semble que son objectif n\u2019\u00e9tait pas seulement d\u2019\u00eatre concurrentiel dans ce domaine, mais bien de le dominer. Comme un article\u00a0publi\u00e9 r\u00e9cemment dans le\u00a0<i>National Post<\/i>\u00a0le souligne\u00a0: \u00ab Google n\u2019avait pas pour strat\u00e9gie de demeurer un moteur de recherche, mais plut\u00f4t de prendre de l\u2019expansion et de contr\u00f4ler toute la publicit\u00e9 en ligne. \u00bb<\/p>\n<p>Atteindre cet objectif n\u2019avait toutefois rien de simple. Pour contr\u00f4ler la publicit\u00e9 en ligne, Google devait tout d\u2019abord prendre le contr\u00f4le de ses concurrents. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, Google a donc acquis DoubleClick, qui d\u00e9tenait une part de march\u00e9 de 60\u00a0% dans le logiciel que les diffuseurs utilisaient pour vendre des publicit\u00e9s sur les sites Web. De prime abord, l\u2019achat de DoubleClick par Google avait peut-\u00eatre l\u2019air d\u2019une simple transaction d\u2019affaires, mais il a chang\u00e9 \u00e0 tout jamais la fa\u00e7on d\u2019acheter et de vendre des publicit\u00e9s num\u00e9riques. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019achat de DoubleClick, Google poss\u00e9dait le march\u00e9: il avait d\u00e9sormais une \u00e9norme liste d\u2019annonceurs et \u00e9tait propri\u00e9taire d\u2019une grande partie\u00a0de l\u2019espace publicitaire en ligne.<\/p>\n<p>Google \u00e9tait aussi propri\u00e9taire de AdX, un r\u00e9seau d\u2019\u00e9change de publicit\u00e9s qui cr\u00e9ait des ponts entre acheteurs et vendeurs. L\u2019entreprise avait donc pratiquement le monopole de la publicit\u00e9 en ligne; on pourrait peut-\u00eatre parler d\u2019un quasi-monopole. C\u2019est encore le cas aujourd\u2019hui, et les diffuseurs canadiens ont essay\u00e9 en vain d\u2019\u00eatre comp\u00e9titifs dans un monde num\u00e9rique o\u00f9 les acheteurs, les vendeurs et les courtiers en publicit\u00e9 font tous affaire avec un petit nombre d\u2019entreprises chapeaut\u00e9es par la m\u00eame organisation.<\/p>\n<p>Les chiffres ne mentent pas. Selon le d\u00e9partement de la Justice des \u00c9tats-Unis, Google d\u00e9tient 90\u00a0% de l\u2019inventaire du c\u00f4t\u00e9 de la vente sur le march\u00e9 de la publicit\u00e9 num\u00e9rique. Autrement dit, Google contr\u00f4le la quasi-totalit\u00e9 de l\u2019espace de march\u00e9 que les \u00e9diteurs utilisent pour vendre des publicit\u00e9s sur leurs sites Web. Selon ses propres estimations, Google recueille \u00ab [&#8230;] en moyenne plus de 30\u00a0% des recettes publicitaires qui transitent par ses produits technologiques de publicit\u00e9 num\u00e9rique [&#8230;] \u00bb. Je ne comprends pas pourquoi la Commission f\u00e9d\u00e9rale du commerce des \u00c9tats-Unis n\u2019a pas bloqu\u00e9 l\u2019acquisition de DoubleClick par Google en 2007, mais c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9 avec laquelle les \u00e9diteurs doivent vivre.<\/p>\n<p>La situation est devenue si grave que le procureur g\u00e9n\u00e9ral des \u00c9tats-Unis a r\u00e9cemment intent\u00e9 une poursuite antitrust contre Google pour avoir monopolis\u00e9 les technologies de la publicit\u00e9 num\u00e9rique. Le Royaume-Uni a lanc\u00e9 une poursuite semblable. La poursuite intent\u00e9e par les \u00c9tats-Unis soutient que Google s\u2019est engag\u00e9e dans \u00ab [&#8230;] une campagne syst\u00e9matique pour prendre le contr\u00f4le [&#8230;] \u00bb du march\u00e9 de la publicit\u00e9 en ligne, et estime en outre\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">[&#8230;] qu\u2019une concurrence accrue entre (sa plateforme publicitaire) AdX et les \u00e9diteurs [&#8230;] augmenterait les revenus des \u00e9diteurs de 30\u00a0% \u00e0 40\u00a0%.<\/p>\n<p>Ces statistiques soulignent un fait simple\u00a0: les \u00e9diteurs canadiens sont oblig\u00e9s de faire affaire avec Google, parce que Google est pratiquement le seul joueur sur le march\u00e9. Ainsi, Google peut fixer les conditions et elle refuse d\u2019accorder aux \u00e9diteurs leur juste part depuis des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Certains ont critiqu\u00e9 le projet de loi\u00a0C-18 en disant qu\u2019on s\u2019en sert pour soutenir des \u00e9diteurs qui n\u2019ont pas su s\u2019adapter. Cela ne tient pas la route. Je le sais, parce que j\u2019ai travaill\u00e9 dans ce domaine \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les Canadiens ont fait leur entr\u00e9e dans l\u2019\u00e8re num\u00e9rique. Les \u00e9diteurs traditionnels ont fait \u00e9norm\u00e9ment d\u2019efforts pour assurer la transition vers le Web, et on a vu appara\u00eetre bon nombre de nouveaux \u00e9diteurs privil\u00e9giant le num\u00e9rique. Les \u00e9diteurs traditionnels et les nouvelles entreprises ont fait de leur mieux, mais ils ne pouvaient tout simplement pas et ne peuvent toujours pas soutenir la concurrence dans un domaine o\u00f9 on les emp\u00eache d\u2019\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re \u00e9quitable. Ce n\u2019est pas que les \u00e9diteurs canadiens ne peuvent pas ou ne veulent pas s\u2019adapter, et ils ne laissent pas entendre que l\u2019argent de Google leur revient de droit. Ils demandent simplement \u00e0 recevoir un montant \u00e9quitable.<\/p>\n<p>J\u2019aimerais aussi parler de la fa\u00e7on dont Google a r\u00e9agi publiquement au projet de loi\u00a0C-18, et faire part de mes pr\u00e9occupations \u00e0 l\u2019\u00e9gard des mesures prises r\u00e9cemment par l\u2019entreprise. En f\u00e9vrier, Google a pris la d\u00e9cision de restreindre l\u2019acc\u00e8s des utilisateurs canadiens au contenu journalistique qui se trouve sur son moteur de recherche, et l\u2019entreprise a expliqu\u00e9 que cela faisait partie\u00a0des tests qu\u2019elle effectuait en r\u00e9ponse au projet de loi. Lorsque Google a t\u00e9moign\u00e9 au Comit\u00e9 du patrimoine canadien de la Chambre des communes, le 10 mars, nous avons appris que les tests touchaient \u00ab [&#8230;] moins de 4\u00a0% des utilisateurs canadiens \u00bb. Ce chiffre peut sembler modeste, mais quand on sait que Google compte plus de 30 millions d\u2019utilisateurs au pays, cela repr\u00e9sente plus de 1 million de Canadiens dont on restreint l\u2019acc\u00e8s \u00e0 du contenu journalistique.<\/p>\n<p>Google a le droit d\u2019apporter des changements \u00e0 ses produits, de proc\u00e9der \u00e0 des tests et de modifier ses services. Rien de tout cela n\u2019est remis en question. Toutefois, quand Google d\u00e9cide d\u2019emp\u00eacher des Canadiens de voir des articles publi\u00e9s par leurs \u00e9diteurs locaux, cela \u00e9quivaut \u00e0 de l\u2019intimidation sur la place publique. Nous avons la responsabilit\u00e9 de d\u00e9noncer ce comportement.<\/p>\n<p>Nous avons observ\u00e9 ce type d\u2019agression de la part de Google et de Meta auparavant. En\u00a0d\u00e9cembre\u00a02020, le gouvernement australien a pr\u00e9sent\u00e9 une mesure l\u00e9gislative qui obligeait Facebook et Google \u00e0 payer les m\u00e9dias locaux pour avoir le droit de diffuser leur contenu. Entre le moment o\u00f9 la mesure l\u00e9gislative a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e et le moment o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e, les deux entreprises ont d\u00e9ploy\u00e9 des efforts consid\u00e9rables en Australie pour r\u00e9sister \u00e0 la loi. Google a menac\u00e9 de retirer sa fonction de recherche du pays, et Facebook a emp\u00each\u00e9 temporairement les nouvelles et les publications australiennes d\u2019\u00eatre diffus\u00e9es sur sa plateforme. Selon des messages internes de l\u2019entreprise qui ont fait l\u2019objet d\u2019une fuite, pendant cette p\u00e9riode, Facebook est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 bloquer des pages des services de police locaux et du gouvernement qui contenaient de l\u2019information sur la sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>Les r\u00e9centes actions de Google semblent indiquer que l\u2019entreprise cherche la bagarre. Et maintenant, comme elle l\u2019a fait en Australie, Facebook menace de bloquer les contenus de nouvelles au Canada si le projet de loi\u00a0C-18 est adopt\u00e9. Nous avons d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e de la fa\u00e7on dont cela se passera\u00a0: Google a finalement renonc\u00e9 \u00e0 sa menace de retirer son moteur de recherche de l\u2019Australie, et Facebook a r\u00e9tabli la fonction permettant de partager des articles d\u2019actualit\u00e9 dans ce pays apr\u00e8s quelques jours. J\u2019esp\u00e9rais que ces deux entreprises tireraient des le\u00e7ons de leurs exp\u00e9riences et qu\u2019elles adopteraient une approche plus responsable au Canada, mais cela ne semble pas \u00eatre le cas.<\/p>\n<p>En mena\u00e7ant de bloquer l\u2019acc\u00e8s des Canadiens aux informations locales avant m\u00eame la tenue du vote au S\u00e9nat, Google et Facebook ont fait ressortir la n\u00e9cessit\u00e9 du projet de loi. Ces entreprises ont un pouvoir \u00e9norme sur ce que les Canadiens voient en ligne. En choisissant de restreindre l\u2019acc\u00e8s des Canadiens, elles ont rappel\u00e9 \u00e0 ces m\u00eames Canadiens la valeur des nouvelles locales pour les collectivit\u00e9s. Elles leur ont rappel\u00e9 qu\u2019il leur est vital d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 des nouvelles et \u00e0 des informations locales qui sont \u00e9clairantes, int\u00e9ressantes et divertissantes, et que des soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es semblent s\u2019attaquer \u00e0 ce qui leur fournit non seulement des informations sur l\u2019actualit\u00e9, mais aussi, \u00e0 bien des \u00e9gards, un r\u00e9pit. Ces soci\u00e9t\u00e9s pourraient se rendre compte qu\u2019une baisse de l\u2019audience entra\u00eene une baisse des recettes publicitaires.<\/p>\n<p>Dans une mise \u00e0 jour de son rapport de 2017 intitul\u00e9\u00a0<i>Le miroir \u00e9clat\u00e9<\/i>, le Forum des politiques publiques indique\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Au Canada, chaque communaut\u00e9 continue de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce qui se passe chez elle. Google et Facebook n\u2019ont pas supprim\u00e9 la soif de nouvelles locales. Mais les deux g\u00e9ants am\u00e9ricains ont drain\u00e9 la publicit\u00e9 qui \u00e9tait le pilier \u00e9conomique de la nouvelle locale.<\/p>\n<p>Quand on examine les recettes publicitaires des journaux communautaires, on constate que ces mots sonnent juste. M\u00e9dias d\u2019Info Canada estime que les recettes publicitaires des journaux communautaires ont diminu\u00e9 de 66\u00a0%, passant de 1,21 milliard de dollars en 2011 \u00e0 411 millions de dollars en 2020.<\/p>\n<p>Nous savons que cette mesure l\u00e9gislative peut fonctionner; c\u2019est ce que l\u2019on a constat\u00e9 en Australie. Depuis que ce pays a adopt\u00e9 sa mesure l\u00e9gislative, Google et Facebook ont en effet conclu des ententes avec des \u00e9diteurs d\u2019une valeur de 200 millions de dollars australiens par ann\u00e9e. Le Canada a besoin du projet de loi\u00a0C-18 pour que les \u00e9diteurs d\u2019ici puissent continuer \u00e0 faire ce qu\u2019ils font le mieux\u00a0: demander des comptes aux gens influents, ce qui, \u00e0 toutes fins utiles, constitue un pilier de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Chers coll\u00e8gues, le journalisme cr\u00e9dible est la pierre angulaire de notre d\u00e9mocratie. J\u2019appuie le projet de loi\u00a0C-18, car il vise \u00e0 soutenir le r\u00f4le du journalisme d\u2019enqu\u00eate dans notre soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. Le journalisme joue un r\u00f4le important en exigeant des comptes des tenants du pouvoir. Il contribue \u00e0 faire en sorte que les citoyens soient bien inform\u00e9s afin qu\u2019ils puissent prendre des d\u00e9cisions \u00e9clair\u00e9es au sujet des politiques qui affectent leur vie. Dans une soci\u00e9t\u00e9 complexe et de plus en plus mondialis\u00e9e, il est plus important que jamais d\u2019\u00eatre en mesure de filtrer les parasites afin de pouvoir trouver des sources d\u2019information fiables. \u00c0 cette fin, il faut exiger que des g\u00e9ants du Web comme Google et Facebook traitent de mani\u00e8re \u00e9quitable les \u00e9diteurs canadiens et, par cons\u00e9quent, le travail utile des journalistes d\u2019enqu\u00eate. Le Parlement peut faire en sorte que cela se r\u00e9alise. En tant que s\u00e9nateur, j\u2019ai le devoir d\u2019appuyer le projet de loi\u00a0C-18. Je crois dans le renforcement de cette pierre angulaire de notre d\u00e9mocratie, et c\u2019est pourquoi j\u2019ai cr\u00e9\u00e9 une bourse d\u2019\u00e9tudes en journalisme \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Regina. Chers coll\u00e8gues de tous les groupes, je vous prie de renvoyer rapidement ce projet de loi au comit\u00e9.<\/p>\n<p>Merci,\u00a0<i>hiy kitatamihin<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019honorable Marty Klyne :\u00a0Honorables s\u00e9nateurs, je prends la parole pour appuyer le projet de loi\u00a0C-18, qui vise \u00e0 renforcer l\u2019\u00e9quit\u00e9 sur le march\u00e9 des nouvelles et qui est parrain\u00e9 par le s\u00e9nateur Harder. Ce projet de loi est un outil n\u00e9cessaire afin d\u2019uniformiser les r\u00e8gles du jeu pour les \u00e9diteurs canadiens. 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