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Mettre un terme à la violence envers les femmes

Mettre un terme à la violence envers les femmes

Mettre un terme à la violence envers les femmes


Publié le 6 décembre 2016
Publication @fr par l’hon. Lillian Eva Dyck (retraitée)

À notre époque, les femmes ont réalisé des gains importants en matière de droits civils et ont également surmonté des obstacles de taille. La preuve : une femme a même été première ministre du Canada. D’autres femmes se sont quant à elles distinguées à la Cour suprême et au Sénat, de même qu’en occupant des postes de direction dans le milieu des affaires.

Malgré ces gains considérables, des femmes sont toujours la cible de violence fondée sur le genre.

Le 6 décembre 1989, un jeune homme profondément troublé, qui avait une attitude violente à l’égard des femmes, a fait éclater ses sentiments perturbés en tuant 14 étudiantes en ingénierie à l’École Polytechnique de Montréal.

C’est la raison pour laquelle chaque année, à cette date, nous soulignons la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.

À la suite de ce massacre, nous avons appris que l’assassin, Marc Lépine, a grandi dans un milieu où la violence envers les femmes était courante.

Trop de femmes subissent encore ce type de violence à la maison en présence des membres de leur famille.

Bien que le nombre total de crimes violents soit en baisse au Canada, chaque année, plus de 170 000 femmes sont victimes de crimes violents. Dans 83 % des cas, ce sont des hommes qui commettent ces crimes et dans 45 % des cas, l’assaillant est le partenaire intime de la femme.

Hélas, la violence envers les femmes autochtones, elle, n’est pas en baisse. Les femmes et les filles autochtones sont de trois à quatre fois plus susceptibles d’être assassinées ou d’être victimes d’agression sexuelle que les autres femmes. Cette crise nationale a poussé le gouvernement à créer son Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Récemment, Statistique Canada a confirmé ce que bon nombre d’entre nous savaient intuitivement : chez les femmes, seul le fait d’être autochtone constitue un facteur de risque de subir de la violence, sans que ce ne soit le cas chez les hommes. Pour réduire ce risque, je marraine actuellement le projet de loi S-215 au Sénat qui imposerait des peines plus sévères aux personnes qui commettent des agressions violentes envers les femmes autochtones.

À lui seul, le renforcement des lois ne permet pas d’éliminer les agressions violentes contre les femmes, mais combiné à une campagne nationale d’éducation et de sensibilisation, il peut aider à améliorer la sécurité de toutes les femmes.

Nous devons également reconnaître la profonde influence qu’a l’environnement social d’une personne sur l’adoption de stéréotypes négatifs envers les femmes.  La perception que les femmes autochtones sont des cibles sexuelles faciles dont personne ne se préoccupe fait partie du triste héritage du colonialisme.

Les récentes élections au sud de la frontière nous ont montré à quelle vitesse la rhétorique sexiste peut s’immiscer dans les esprits pour finalement nous sembler normale.

Le Canada n’est pas à l’abri de telles vagues réactionnaires. Les gains que les femmes ont réalisés pour vaincre la misogynie et le racisme peuvent trop facilement être effacés.

En tant que sénatrice, je continuerai de défendre les initiatives qui aident les femmes, particulièrement celles qui sont vulnérables – comme les femmes autochtones – à atteindre leur plein potentiel dans la paix, la liberté et la sécurité.

Lillian Eva Dyck est sénatrice et membre de la Première Nation Gordon en Saskatchewan.  Elle est présidente du Comité sénatorial des peuples autochtones.