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Hommage pour l’honorable Lillian Eva Dyck

Hommage pour l’honorable Lillian Eva Dyck

Hommage pour l’honorable Lillian Eva Dyck


Publié le 2 décembre 2020
Hansard et déclarations par l’hon. Marty Klyne

L’honorable Marty Klyne : Honorables sénateurs, je prends la parole aujourd’hui pour rendre hommage à une parlementaire distinguée, une sénatrice dont le travail et l’approche adoptée pour s’acquitter de ses responsabilités et ses devoirs de sénatrice sont tenus en haute estime. Je parle de ma compatriote saskatchewanaise qui est notre collègue et qui est aussi une amie chère à beaucoup de gens au Parlement, l’honorable Lillian Dyck.

Lillian Eva Quan Dyck est née à North Battleford, à Saskatchewan, en 1945. Ayant atteint l’âge de la retraite obligatoire de 75 ans au Sénat, l’ancienne sénatrice Dyck a pris sa retraite l’été dernier le jour de son anniversaire, le lundi 24 août 2020, ce qui a mis fin à un mandat de 15 ans au Sénat du Canada pendant lequel elle a représenté fidèlement la Saskatchewan et a défendu les intérêts des Canadiens sans voix au Sénat.

Mme Dyck est une source d’inspiration et une pionnière. Oui, elle a été la première femme autochtone et la première Canadienne d’origine chinoise à être nommée au Sénat, mais ce n’est pas seulement pour cette raison qu’on la qualifie de pionnière. C’est plutôt son excellente éthique de travail qui l’a menée au Sénat.

Elle a passé sa jeunesse dans des petites villes de l’Alberta et de la Saskatchewan, où sa famille gérait un café chinois. Mme Dyck a quitté le restaurant familial pour poursuivre une carrière universitaire.

C’est là que commence sa vie de pionnière.

Après avoir obtenu un doctorat en biopsychiatrie à l’Université de la Saskatchewan, Mme Dyck a travaillé dans cette même université en tant que chercheuse et est devenue professeure titulaire de neuropsychiatrie et doyenne associée du College of Graduate Studies & Research.

En 2005, alors qu’elle travaillait à l’Université de la Saskatchewan, Lillian Dyck a reçu l’appel lui annonçant qu’elle serait nommée sénatrice par le premier ministre de l’époque, Paul Martin.

N’ayant pu établir le caucus néo-démocrate au Sénat, elle a siégé comme sénatrice indépendante jusqu’à ce qu’elle se joigne au caucus libéral, en 2009, et elle a quitté cette Chambre en tant que membre du Groupe progressiste du Sénat.

Signe de sa volonté de promouvoir la justice pour les femmes autochtones, l’ancienne sénatrice Dyck a présenté au Sénat le projet de loi S-215, qui visait à modifier le Code criminel pour que, lors de la détermination de la peine à l’égard de certains actes de violence, le fait que l’acte ait été commis contre une femme autochtone soit considéré comme une circonstance aggravante. Bien que le projet de loi ait été rejeté, la sénatrice Dyck a réussi à faire amender le projet de loi C-5 pour qu’il produise le même résultat que le projet de loi S-215.

Ses réalisations au Sénat sont nombreuses. Ardente militante pour les familles des femmes et filles autochtones assassinées ou portées disparues, elle a réclamé la tenue d’une enquête sur cette atrocité. La commission chargée de l’enquête nationale a publié son rapport en juin 2019.

Parmi ses travaux hautement reconnus et estimés, mentionnons le projet de loi S-3 du Sénat lors de la 42e législature, qui a éliminé une iniquité fondée sur le sexe dans la Loi sur les Indiens, une iniquité qui privait de leur statut, et donc de leurs droits issus de traités, les femmes des Premières Nations ayant épousé un homme non membre d’une Première Nation, de même que leurs enfants.

En août 2019, les dernières dispositions du projet de loi sont entrées en vigueur, corrigeant un tort historique et rétablissant les droits et l’identité des femmes des Premières Nations en tant que femmes ayant le statut d’Indien conformément à la Loi sur les Indiens.

Honorables sénateurs, on dit qu’une des aspirations fondatrices de la création du Sénat était d’avoir un organe parlementaire composé de personnes qui sont les meilleures parmi nous, afin de garantir que les voix des minorités soient entendues par le gouvernement dans l’étude et l’examen des projets de loi.

L’ancienne sénatrice Lillian Dyck est l’une de ces personnes et elle a servi le Canada avec dévouement pendant 15 ans. Consciencieuse dans son évaluation, humble dans son comportement, l’ancienne sénatrice Dyck a fait preuve d’un leadership discret et audacieux, digne des parlementaires modèles, en démontrant de l’objectivité sans succomber à l’ingérence politique.

Les Autochtones de la Saskatchewan et tous les Canadiens ont été bien servis par l’ancienne sénatrice Dyck au Sénat du Canada. Nous lui devons toute notre gratitude, même si elle ne nous le demanderait jamais.

La force de caractère de l’ancienne sénatrice Dyck est illustrée dans une anecdote de mon épouse, Charlene, qui, il y a environ un an, prenait l’avion de Regina à Ottawa en passant par Saskatoon. Elle m’a raconté que, lorsque l’avion s’est arrêté à Saskatoon pour prendre d’autres passagers, une dame est montée à bord et elle ressemblait à quelqu’un de la royauté. Mon épouse s’est dit que la dame était peut-être une sénatrice. J’ai acquiescé en disant : « Ce devait être la sénatrice Lillian Dyck. »

Merci, ancienne sénatrice Dyck. Votre travail et votre approche concernant les travaux du Sénat sont éloquents. Je vous souhaite une bonne continuation, de profiter de votre retraite et de passer du temps à la maison avec votre famille et vos amis. Je vous remercie.

 

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